• Noël, épisode 2

    De la Genèse...

    Lors de la période de Noël de 2014, la Ligue des droits de l'homme déposa une plainte contre la ville de Béziers : le maire avait fait installer une crèche de Noël à l'hôtel de ville. Sophie Mazas, l'avocate des plaignants, avait plaidé que "la crèche de la nativité est une atteinte à la laïcité car elle symbolise la naissance du Christ, un événement au cœur de la religion chrétienne", et que "cette crèche se pose comme une violation de la liberté de conscience et de la neutralité du service public, affirmées par la Constitution ainsi que par la loi du 9 décembre 1905 consacrant la séparation des Eglises et de l'Etat". La décision du maire [d'installer une crèche] viole la liberté de conscience des administrés et des requérants qui n'ont pas à voir s'imposer la religion du maire ou la religion censée avoir été dominante à Béziers", a-t-elle souligné.

    Sa requête fut rejetée par le tribunal administratif de Montpellier pour défaut d'urgence, d'autant plus que, d'après la juge Marianne Hardy, "la preuve de l'atteinte «aux principes de laïcité et de neutralité du service public» n'a pas été apportée à l'audience" cool. Ça donne toutefois à réfléchir : qu'est-ce que Noël a de si spécial, et pourquoi est-il attaqué de manière de plus en plus virulente au fur et à mesure de l'"évolution" de la société ? En effet, le fait divers que je viens de vous narrer est un signe des temps.
    Pour répondre à ces questions, je vais faire quelque chose que j'aime faire et qui m'a toujours réussi yes : remonter ab ovo, à savoir jusqu'à la Genèse. Vous saurez ainsi le rapport entre la Création et Noël, entre la Genèse et l'Évangile, et vous comprendrez comment agir en conséquence.

    Une histoire vraie de Noël

    Ce que je vais vous narrer là n'est pas un conte de Noël. Pour comprendre toute l'importance de la naissance de ce bébé dans la chambre basse d'une maison d'hôtes située dans un bled paumé d'un protectorat romain paumé du Ier siècle, nous devons bien comprendre l'enchaînement d'évènements qui y a conduit, et le seul document d'époque qui nous en donne une histoire détaillée, c'est la Bible.

    Celle-ci déclare plus de 3 000 fois être la parole de Dieu. Si c'est le cas, alors elle devrait nous expliquer le sens de l'Univers et de la vie... et ça tombe bien, c'est le cas cool. De plus, contrairement à l'idée reçue, la science observationnelle confirme les propos et enseignements de la Bible yes, c'est d'ailleurs un des thèmes principaux de ce blog.

    Que nous dit donc la Bible au sujet de Jésus Christ, le personnage historique dont la naissance est célébrée à Noël ? En fait, elle fait une déclaration fracassante : Jésus est Dieu, Fils de Dieu (Héb. 1:8) et Il En a les attributs (Col. 1-15-20 ; Ph. 2:5-11 - parfois appelé "carmen Christi, ou hymne au Christ - ; Héb. 1:3) oh ! Je n'ai pas l'intention de m'étendre ici sur la Trinité, mais pour que vous compreniez bien comment ça fonctionne, je vais vous en toucher un mot.

    La Trinité, condition sine qua non pour un Dieu d'amour.

    La doctrine de la Trinité affirme que, dans l'unité de la Divinité, il y a 3 Personnes éternelles et égales les Unes aux Autres : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, les mêmes en substance, mais distinctes en rôle, 3 Personnes (ou 3 centres de conscience) et un Être (voir le schéma ci-dessous). Les sens différents d'unicité et de "ternarité" ne signifient pas que la doctrine soit auto-contradictoire. Les 3 personnes ne sont pas des "parties" de Dieu. En effet, chaque Personne est Dieu à 100% (cf. Col. 2:9). Une bonne analogie est celle-ci : l'espace contient 3 dimensions, mais les dimensions ne sont pas des "parties" de l'espace, c'est plutôt que le concept de "l'espace" est vide de sens sans ces 3 dimensions.

    Pour approfondir, essayez avec ceci : imaginez un être en une dimension. Il aurait l'apparence d'une ligne et serait incapable d'imaginer quoi que ce soit de différent en apparence d'une ligne.
    Essayez ensuite d'imaginer un être en 2 dimensions, comme dans un vieux dessin animé. Il connaît une dimension de plus que l'être précédent, à savoir la largeur, mais il serait incapable d'imaginer un objet en 3 dimensions.
    Nous mêmes nous connaissons une dimension de plus que ce toon : la hauteur.

    Vous voyez où je veux en venir ? Au fur et à mesure qu'on progresse dans les dimensions, on ne laisse pas les choses de la dimension précédente derrière nous mais elles se trouvent combinées de manières qui étaient impossibles avant. Et bien c'est pareil avec la Trinité. Le niveau humain est plutôt simple. Une personne est une personne et 2 personnes différentes sont des personnes distinctes. Mais au niveau de Dieu, les choses sont différentes. De la même manière qu'un cube est 6 carrés tout en restant un cube, Dieu est 3 Personnes tout en étant Un. Nous ne pouvons pas le concevoir, certes, mais le toon non plus ne peut pas concevoir un cube, il n'en reste pas moins que les cubes existent ; là, c'est pareil.

    Comme j'aime à le dire, tout dépend de la manière dont vous faites vos maths : il ne s'agit pas de 1+1+1=3 mais 1x1x1 (13) = 1 ^^

    Vous devez vous demander ce que l'amour vient faire dans cette histoire. Pour qu'il y ait amour, il faut au strict minimum 2 personnes. L'amour de soi n'est pas vraiment de l'amour à proprement parler. Dieu doit donc être au minimum 2 personnes. S'Il est unitaire, c.-à-d. qu'Il n'est qu'une personne, Il ne peut pas être amour.

    De plus, l'amour est encore plus grand quand l'amour entre 2 personnes n'est pas exclusif mais qu'il est combiné et dirigé vers une 3e personne. C'est ce qu'on devrait voir dans une famille : un homme et une femme qui s'aiment et qui combinent aussi leur amour vers leur enfant. Ainsi, pour incarner l'amour dans son sens le plus parfait, Dieu doit être 3 personnes, pour qu'il puisse y avoir et l'amour individuel et l'amour collectif en Son Être. Plus de 3 personnes n'est pas nécessaire, vu que ça changerait uniquement le nombre de personnes impliquées, pas la nature de l'amour.

    Allah, en tant que dieu unitaire, pourrait être capable d'amour, mais seulement après avoir créé une entité. Sa capacité à l'amour serait donc dépendante de l'existence d'autres entités créées (ce qui n'est pas terrible pour un Dieu omnipotent...), mais il n'est pas, quoi qu'il en soit, un Dieu d'amour. Cela suffit à prouver d'une part que le Dieu de la Bible est trinitaire, d'autre part qu'Allah n'est pas amour (qu'il n'est pas Dieu du tout en fait, puisque l'amour ne venant pas de nulle part, il doit être le fait d'un Être Suprême, et comme il ne peut pas venir d'Allah, celui-ci n'est pas un Être Suprême no).


    Schéma classique de la Trinité

    Jésus Christ : la Parole qui existait avant l'Univers

    Gen. 1 raconte la Création de l'Univers par Dieu, mais Jn. 1:1-18 va encore plus loin, avant l'Univers, avant le temps et l'espace, et nous dit que Jésus existait déjà à ce moment-là oh, ce qui était prophétisé par Es. 9:6 et Mic. 5:2 et que Jésus confirme d'ailleurs lui-même en Jn. 8:58 ("Jésus leur dit: «En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham soit né, je suis.»" Jésus fait ici une allusion directe au nom de Dieu qui fut révélé à Moïse en Ex. 3:14, à savoir "Je suis celui qui suis", אֶֽהְיֶ֖ה אֲשֶׁ֣ר אֶֽהְיֶ֖ה, ’ehyeh ‘asher ‘ehyeh, d'où la fureur subséquente des Pharisiens").

    Jean appelle Jésus la "Parole", logos en grec, par allusion au concept juif de la memra. D'après l'Encyclopédie Juive, la memra est la parole de Dieu, dans le sens de parole ou discours créatif ou impératir de Dieu manifestant Sa puissance dans un monde matériel ou intellectuel. On peut retrouver cette doctrine dans les targums, qui sont des paraphrases de l'Ancien Testament en araméen apparues quelques siècles av. J.-C. et qui furent couchés par écrits vers 500. Là où l'Ancien Testament dit que quelque chose fut fait par le Seigneur, les targums disent que ce fut fait par la memra de Dieu, là où le prédicat n'est pas conforme avec la dignité ou la spiritualité de la Divinité, pour éviter une expression anthropomorphique. Les rabbins n'ont jamais essayé d'expliquer ce paradoxe car l'Ancien Testament décrit parfois plusieurs personnages simultanément comme étant YHWH, qui est Un (par ex. Gen. 19:24, que même le targum Jonathan paraphrase par :"Et la Memra/parole de YHWH fit descendre sur les gens de Sodome et Gomorrhe du soufre et du feu de la part du YHWH au ciel", ou Es. 48:16), et en fait leur théologie mentionne très peu la memra en dehors des targums (comme par hasard wink2...). Ils enseignaient 6 choses à propos de la memra, et Jn. 1:1-18 identifie Jésus de Nazareth comme étant l'incarnation de ces 6 aspects de la memra :

    • la memra est parfois Dieu, parfois identique à Dieu (v. 1)
    • la memra est l'agent de la Création (v. 3).
    • la memra est l'agent du salut (v. 12).
    • la memra est l'agent de la révélation (v. 18)
    • c'est par la memra que Dieu se rend visible aux yeux des humains (théophanie ; v. 18)
    • c'est par la memra que Dieu fait Ses alliances (v. 17)


    Nicholas Thomas Wright

    Comme le fait remarquer le prêtre anglican spécialiste du Nouveau Testament N. T. Wright :
    "Dans ce contexte, il est vital pour nos fins que nous insistions sur un fait. Dans les plus farouchement monothéistes des milieux juifs tout au long de notre période - de la révolte maccabéenne [1] à Bar Kochba [2] -, il n'y a aucune suggestion que le "monothéisme" ou la récitation de la Shema ait eu quoi que ce soit à voir avec l'analyse numérique de l'Être intérieur du Dieu d'Israël lui-même. Ça avait tout à voir avec la lutte sur 2 fronts contre le paganisme et le dualisme. En effet, nous trouvons des preuves solides au cours de cette période de groupes juifs et d'individus qui, spéculant sur la signification de certains passages difficiles de l'Écriture (Daniel 7, par exemple, ou Genèse 1), ont suggéré que l'être divin pourrait englober une pluralité. Philon pouvait spéculer que le logos est, dans les faits, un deuxième être divin ; les Similitudes d'Enoch pouvaient dépeindre le Fils de l'homme/Messie comme étant un Être divin éternel ; mais aucun des deux ne montrent la moindre conscience d'avoir transgressé le monothéisme juif normal. Ce n'est d'ailleurs pas le cas. L'unicité du Dieu d'Israël, le Créateur, n'a jamais été une analyse de l'Être intérieur de ce Dieu, mais toujours une polémique contre le paganisme et le dualisme"3

    Le 1er Adam

    La Bible déclare qu'au 6e jour de la Création, Dieu créa le 1er homme, Adam, et la 1ère femme , Ève (Gen. 1:27). Gen. 2:7 nous donne plus de détails : "L'Eternel Dieu façonna l'homme avec la poussière de la terre. Il insuffla un souffle de vie dans ses narines et l'homme devint un être vivant". Nous apprenons plus loin, en Gen. 2:21-23 que Dieu a créé la femme, Ève, à partir de la côte d'Adam. Nous apprenons ailleurs dans la Bible que tous les êtres humains, sans exception, descendent d'Adam et Ève (Gen. 3:20, Ac. 17:26, etc.) et que nous sommes donc tous une seule grande famille.

    L'ordre de Dieu

    Quand Dieu a créé Adam et Ève, ils n'a pas fait d'eux des robots. Il leur a donné un libre-arbitre bien réel : ils étaient capables de choisir pour eux-mêmes et de faire des décisions de leur propre chef. Dieu, pour leur donner l'occasion de prouver qu'ils aimaient leur Créateur pour ce qu'Il est et non pas juste parce qu'Il leur prodiguait plein de bonnes choses, leur a donc donné un commandement : "L'Éternel Dieu prit l'homme et le plaça dans le jardin d'Éden pour qu’il le cultive et le garde. L'Éternel Dieu donna cet ordre à l'homme : 'Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin, mais tu ne mangeras pas le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras, c’est certain." (Gen. 2:15-17).

    La Chute

    Peu après que ce commandement ait été délivré à Adam et Ève, Satan, sous le déguisement d'un serpent, tenta Ève en l'invitant à manger le fruit défendu, et elle se laissa tenter. Elle poussa Adam à en manger aussi et il accepta, choisissant ainsi de désobéir à Dieu en mangeant du fruit dont Celui-Ci lui avait dit de ne pas manger (Gen. 3:16).

    Et comme Adam était le chef de l'humanité et que tous les humains descendent de lui, ce que fit Adam affecta l'humanité entière. Lorsqu'Adam désobéit à l'ordre de Dieu (ce qui le fit déchoir, ou "chuter", de son état de perfection), ce fut le 1er péché, qui entraîna sa mort exactement comme Dieu l'avait prédit : d'immortel qu'il était, Adam devint mortel, ainsi que tous ses descendants, vous et moi y compris : "C'est pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, de même la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché." (Rom. 5:12).

    Pourquoi pâtissons-nous du péché de notre ancêtre ? Le truc, c'est qu'en tant que chef de l'humanité, Adam représentait chacun de nous, et comme nous descendons tous d'Adam, nous avons hérité de sa nature pécheresse. Il a péché (désobéi à Dieu), c'est pour ça que nous péchons (désobéissons à Dieu). Quand un enfant entend cette histoire, il se dit qu'il n'aurait pas désobéi à Dieu à la place d'Adam, mais il se trompe : comme nous sommes de nature pécheresse, les dignes descendants d'Adam, nous aurions tous fait pareil si nous avions été à sa place.

    Et pourquoi la Création pâtit-elle du péché d'Adam ? Quand Dieu a créé Adam, il a fait de lui le roi de la Création (Gen. 1:28). Et quand un chef d'état fait une faute, c'est son pays entier qui en pâtit. Ainsi, lorsqu'Adam pécha, ce fut la Création entière que Dieu châtia (Rom. 8:20) en retirant une bonne partie de Son pouvoir sustentateur, ce qui permit la mort, la souffrance, la maladie et le versement de sang.

    Oh, la honte !...

    Après qu'Adam et Ève aient péché, la Bible nous dit : "Leurs yeux à tous les deux s'ouvrirent, et ils prirent conscience qu'ils étaient nus. Ils attachèrent des feuilles de figuier ensemble et s'en firent des ceintures." (Gen. 3:7).
    Ce faisant, ils ne reconnaissaient pas seulement qu'ils n'avaient pas de vêtements, mais surtout qu'ils étaient privés de toute justice. La gloire dont Dieu les avait revêtis en les créant s'en était allée, faisant de leur nudité une honte. Leur innocence était perdue. Ils avaient cessé d'être parfaits, ils étaient souillés dans leur chair et leur cœur. Ils étaient nus devant la justice de Dieu et les vêtements en feuille de figuier n'étaient qu'une tentative pitoyable de couvrir ce qu'ils avaient fait oops.

    Pitoyable car nul humain ne peut cacher sa propre nature pécheresse à la vue d'un Dieu omniscient et saint par ses propres actions. Dieu nous voit dans toute notre nudité et connaît nos cœurs impurs, pécheurs et rebelles oops.

    La Bible nous dit que nos tentatives de nous couvrir pour échapper à notre honte, en d'autres termes notre "justice", est comme un habit tâché de sang (Es. 64:6) oops. Aucune quantité de rites, de cérémonies ni de bonnes œuvres ne peut y remédier no. Nos œuvres ne peuvent pas ôter nos péchés car nos cœurs sont impurs (Jér. 17:9) oops. Nous ne pouvons pas nous rendre acceptables devant un Dieu infiniment pur et saint à cause de l'imperfection grossière de notre nature même, de la même manière que les vêtements en feuilles de figuier ne servaient à rien à nos ancêtres primordiaux oops.

    La question se pose donc : comment nous réconcilier avec un Dieu infiniment pur et saint ? C'est une question cruciale puisque nous avons été créés à l'image de Dieu (Gen. 1:27), le seul à être immortel par essence (1 Ti. 6:16), et de ce fait, bien que nos corps meurent à cause du péché, notre âme (le "vrai moi" qui habite notre corps) existe éternellement. En tant que pécheurs, nous ne pouvons pas vivre en la présence d'un Dieu saint et juste, et nous ne pouvons pas non plus nous gagner un ticket pour le paradis par nos propres œuvres, et nous serons séparés de Dieu, source de tout bien et tout bonheur, pour toujours, nous vivrons dans notre état pécheur, pourri et misérable pour l'éternité cry !!! Alors, comment échapper à un destin aussi innommable ? Comme dirait Paul : "Malheureux être humain que je suis! Qui me délivrera de ce corps de mort?" (Rom. 7:24).

    Le livre de vie

    La question à un gogolplex4 d'euros plus haut nous amène à parler d'un objet, le livre de vie, qui, comme Jésus, existait avant l'Univers. C'est l'Apocalypse qui nous révèle que ce livre contient les noms de tous les gens sauvés, et qu'il a été écrit depuis la fondation du monde (un exploit pas bien compliqué pour un Dieu omniscient). Ap. 17:8 dit : "Les habitants de la terre, ceux dont le nom n'a pas été inscrit dès la création du monde [apo katabolēs kosmou, ἀπὸ καταβολῆς κόσμου] dans le livre de vie, s'étonneront en voyant que la bête existait, qu’elle n'existe plus et qu’elle reparaîtra."

    Ap. 13:8 utilise la même expression et identifie le propriétaire de ce livre, à savoir le Logos : "et tous les habitants de la terre l'adoreront, tous ceux dont le nom n'a pas été inscrit dans le livre de vie de l'Agneau offert en sacrifice, et ce dès la création du monde [apo katabolēs kosmou, ἀπὸ καταβολῆς κόσμου]."

    Certaines traductions basées sur le texte reçu, comme la version Martin, traduisent par : "De sorte qu’elle sera adorée par tous ceux qui habitent sur la terre, desquels les noms ne sont point écrits au Livre de vie de l’Agneau, immolé dès la fondation du monde." En d'autres termes, apo katabolēs kosmou s'appliquerait à l'immolation de l'Agneau et pas à la rédaction du livre de vie. Mais l'ordre des mots en grec est assez malléable, et Jésus Christ ne fut crucifié que 4 000 ans après la Création du monde, aussi est-il préférable d'interpréter l'Écriture par l'Écriture yes (2 Pi. 1:20-21), et les autres passages soutiennent l'idée que ce soit la rédaction du livre qui ait été faite avant la Création.

    De plus, cela correspond à Éph. 1:4, où Paul déclare que l'élection a eu lieu avant l'Univers.

    Mais à ce moment, une énigme se pose : nous sommes tous pécheurs, alors comment se fait-il que certains d'entre nous soient inscrits dans ce livre oh ?

    Le protévangile, ou la promesse divine d'un "dernier Adam"

    En Gen. 3:15, Dieu dit à Ève : "Je mettrai l'hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance: celle-ci t'écrasera la tête et tu lui blesseras le talon." Une merveilleuse promesse se trouve derrière ces paroles en apparence sybillines : ce verset est la 1ère annonce de l'Évangile (la Bonne Nouvelle du salut, qui est la raison d'être même de Noël) dans la Bible cool (d'où le nom de Protévangile).


    Martin Luther

    Le commentaire du grand Réformateur Martin Luther sur la Genèse nous sera d'un grand secours pour comprendre ce dont il s'agit :
    "La semence de la femme : La promesse et la menace [dans ce texte] sont à la fois claires et obscures. Il a laissé le serpent dans l'incertitude au sujet de la femme qui doit donner naissance à la semence de la femme, de sorte qu'il a dû penser que chaque femme pouvait [potentiellement] devenir la mère de la semence bénie [le Christ]. D'autre part, il a donné à nos premiers parents une grande foi de sorte qu'à ce moment même, ils attendaient le Sauveur. Quand Ève a eu son premier fils, elle croyait sûrement qu'elle Lui avait donné naissance. Ésaïe ajoute de la clarté à la promesse en disant : «Voici, la vierge sera enceinte." Cette prophétie a clairement indiqué que le Sauveur ne devait pas être le fruit de l'union d'un homme et la femme. Dans le Nouveau Testament, cela a été révélé encore plus clairement par l'ange (Lc. 1:26-28). Depuis, il fut promis à l'homme la délivrance de la loi, du péché et de la mort, grâce à la semence de la femme, et il lui a été donné un espoir clair et sûr de la résurrection et du renouveau dans la vie future, il est clair qu'il ne pouvait pas de son propre chef supprimer son péché et sa punition, ni échapper à la mort et faire amende honorable pour sa désobéissance. Par conséquent, le Fils de Dieu a dû se sacrifier et assurer tout cela pour l'humanité. Il a dû supprimer le péché, vaincre la mort, et restaurer ce qu'Adam avait perdu par sa désobéissance."5

    Luther n'est pas le seul a avoir interprété ce verset comme annonçant le Sauveur promis, à savoir le Messie (l'Élu de Dieu, le Sauveur). Il y a aussi, notamment, les targums juifs, d'où l'expression talmudique "les talons du Messie"6. On voit que ce verset fait référence à la naissance virginale du Christ, puisqu'il mentionne le Sauveur à venir comme étant la semence de la femme, quand normalement la Bible se réfère au père d'un enfant plutôt qu'à sa mère (cf. par exemple Gen. 5 ; 11:10-32 ; 1 Chr. 1-9). Cela est renforcé par Gen. 22:18 : "Toutes les nations de la terre seront bénies en ta descendance, parce que tu m’as obéi." Paul clarifie d'ailleurs cela en Gal. 3:16 : "Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa descendance. Il n'est pas dit: «et aux descendances», comme s'il s'agissait de plusieurs, mais c’est d’une seule qu’il s'agit: à ta descendance, c'est-à-dire à Christ.". On voit ici que les Écritures sont inspirées jusqu'au nombre de chaque nom commun puisque Paul joue là-dessus pour étayer son argument.

    Ève et l'homme-Dieu

    Il y a eu une suite très intéressante à cette histoire. Là encore, c'est Luther qui nous informera le mieux : pour la mise en bouche, bien que dans son commentaire, Luther traduise Gen. 4:1 par "J'ai eu un Homme du Seigneur", dans sa Bible, sa traduction est si osée que pratiquement aucune traduction connue ne l'a suivie : "J'ai eu un homme : YHWH" !!!
    "Les mots d'Ève, 'j'ai l'homme, le Seigneur', nous fournissent une autre raison pour laquelle elle n'a pas appelé Caïn fils. Dans sa grande joie et le respect qu'elle éprouvait, elle ne voulait pas appeler sa progéniture un fils, car elle croyait qu'il devait être beaucoup plus, l'homme qui écraserait la tête du serpent. Par conséquent, elle l'a appelé 'l'homme, le Seigneur.' Elle pensait qu'il était celui que le Seigneur avait voulu dire quand il a dit : 'ta postérité écrasera la tête du serpent'. Bien que l'espoir d'Ève ait été déçu, ses paroles montrent qu'elle était une femme pieuse qui croyait la promesse du salut à venir par le Sauveur béni. Par conséquent, elle ne l'a pas appelé fils, mais l'homme, le Seigneur, que Dieu a promis et a donné. Sa foi en la semence promise était louable. Par la foi en ce Sauveur promis, tous les saints [dans l'Ancien Testament] étaient justifiés et sauvés. Mais sa foi que Caïn était celui qui mettrait fin à la misère du péché était erronée, car elle y a cru sans un signe sûr ni une parole [de Dieu], mais par sa propre conviction. Juste parce qu'elle était si sûre de la promesse qu'elle considérait son premier fils comme celui qui accomplirait ce que le Seigneur avait promis. Son erreur était qu'elle ne savait pas que de la chair [pécheresse], rien ne pouvait naître si ce n'est la chair, et que le péché et la mort ne pouvait être vaincus par la chair."7

    Alors ça, c'est époustouflant oh ! Ève était une femme d'une grande foi, mais c'est sa théologie qui était à l'ouest ! On imagine facilement que Caïn a dû être gâté-pourri par ses parents, ce qui explique dans quel esprit il a fait son offrande à Dieu, et on devine aussi ce qui a poussé Caïn au meurtre.

    Arnold Genekowitsch Fruchtenbaum
    Arnold Genekowitsch Fruchtenbaum (26/9/1943-)

    Vous pensez qu'on ne devrait pas se fier à l'avis d'un seul homme, fut-ce Martin Luther himself ? Et bien il se trouve que le Dr Arnold Fruchtenbaum, savant hébreu chrétien fondateur d'Ariel Ministries, va dans le sens de Luther. Il fait remarquer qu'en Gen. 4:1, le mot YHWH est précédé de la particule accusative את (et), qui marque l'objet du verbe8. Comparez la structure de ce verset avec celle du verset suivant, qui mentionne la naissance d'Abel :
    "Elle dit : j'ai eu un homme : YHWH."
    וַתּאמֶר קָנִיתִי אִישׁ אֶת־יהוה׃
    Elle mit encore au monde le frère de Caïn : Abel.
    וַתּסֶף לָלֶדֶת אֶת־אָחִיו אֶת־הָבֶל

    Il n'y a aucun doute que le frère est Abel. Or, la même construction grammaticale hébraïque implique que l'homme est YHWH.

    De plus, la Midrash Rabbah cite aussi le rabbin Akiba, qui admet que la construction hébraïque semble impliquer qu'Ève pensait avoir engendré le Seigneur, ce qui créait des difficultés d'interprétation pour eux, difficultés nécessitant de traduire par "avec l'aide du Seigneur"8, comme le font la plupart des Bibles.

    Le targum de Jérusalem dit : "J'ai eu un homme, l'Ange du Seigneur", tandis que le targum pseudo-Jonathan dit : "J'ai donné la vie à l'Ange du Seigneur".8

    Sapés comme jamais... par Dieu

    Nous avons déjà à peu près élucidé qui devait sauver la race humaine et qui était destiné à le faire. Reste à savoir comment. Dieu a illustré ce qui devait être fait pour Adam et Ève par un acte particulier :
    "L'Eternel Dieu fit des habits en peau pour Adam et pour sa femme, et il les leur mit." (Gen. 3:21).

    Ce faisant, Dieu a dû tuer au moins un animal - le 1er sacrifice sanglant - pour fournir les vêtements qui devaient couvrir la nudité de nos ancêtres. C'était une préfiguration du sacrifice de Jésus, "l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde." (Jn. 1:29).

    Seuls les vêtements de justice que Dieu procure peuvent remplacer efficacement nos "habits tachés de sang" aux yeux de Dieu. La justice qui permet à un pécheur d'être juste aux yeux de Dieu ne peut être fournie que par Dieu. Aucun être humain ne peut s'habiller de son propre chef de la justice de Christ no, seul Dieu peut le faire (1 Cor. 1:30). Nous ne pouvons pas compter sur nos bonnes œuvres (nos "vêtements en feuilles de figuier") ou sur des sacrements (baptême, communion, confirmation, etc.) pour être justes aux yeux de Dieu. Seul ce que Dieu fait pour nous nous permet d'être purs devant Lui.

    C'est y pas une Bonne Nouvelle ? Notre salut ne dépend pas de nos efforts, il dépend uniquement d'un Être incapable de Se planter cool ! Il suffit d'y croire, d'y dire oui yes !

    Mais croire en quoi, et comment ? Cette question trouvera sa réponse au prochain numéro, qui, si Dieu le veut bien, sortira après-demain ou dans 3 jours. D'ici là, soyez bénis, et paix sur Terre aux hommes de bonne volonté !

    1. Il s'agit de la révolte (couronnée de succès) du Judas Maccabée et de ses frères contre le roi grec Antiochus IV (env. 215-163 av. J-C.), qui se faisait blasphématoirement appeler "Theos Epiphanes" (Dieu manifeste), a banni les rites religieux juifs et a souillé le Temple de Jérusalem en y sacrifiant à Zeus. La fête juive de Hanouka (la Dédicace de Jn. 10:22-39) en est la commémoration. Revenir au texte.
    2. Bar Kochba a mené une révolte contre les Romains en 132, sous Hadrien. Au début, les Juifs chrétiens, en bons patriotes, s'y sont joints. Mais lorsque le rabbin Akiba a déclaré que Bar Kochba était le Messie, ceux-ci ont quitté le mouvement, refusant de suivre un faux Messie. C'est depuis que les Juifs chrétiens et les Juifs rabbiniques sont séparés. La rébellion fut écrasée en 135, et Jérusalem fut rasée, renommée Ælia Capitolina, et les Juifs en furent exclus. Revenir au texte.
    3. Wright, N. T., "The New Testament and the People of God", p. 259, 1992. Revenir au texte.
    4. 10 puissance 10 puissance 100. Revenir au texte.
    5. Luther, M., "La Genèse", pp. 80-81. Revenir au texte.
    6. Fruchtenbaum, A. G., "Apologia" 2(3):54–58, 1993. Revenir au texte.
    7. Op. cit., p. 91. Revenir au texte.
    8. Fruchtenbaum, A. G., "Messianic Christology", pp. 15–16, 1998. Revenir au texte.
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