• Le délire de Darwin, épisode 2

    La Société Lunaire


    Il est intéressant de noter qu'Erasmus Darwin, dont il a été parlé dans l'épisode précédent, était un des maîtres de la loge maçonnique de Canongate Kilwinning à Edinbourgh, en Écosse1.  De plus, il semble qu'il ait eu des liens à un moment donné avec les Clubs Jacobins de France, ou avec les Illuminati, qui étaient connectés à certaines loges maçonniques de France et dont le devoir principal était de s'opposer à la religion2. On ne s'étonnera donc aucunement si les maçons, qui avaient adopté le naturalisme, voyaient leur plus grand représentant en Erasmus Darwin.
    J'ai mentionné aussi dans l'épisode précédent qu'Erasmus a transmis à Robert son irreligiosité. Il lui a aussi transmis, comme il fallait s'y attendre, sa maçonnerie, puisqu'il a fait de lui un membre des loges maçonniques3.
    Mais le plus significatif, à ce niveau, c'est le fait qu'il soit un co-fondateur de la Société Lunaire.



    Elle s'appelait comme ça parce que, comme les réverbères n'existaient pas encore à ce moment-là, les savants, les industriels et les philosophes naturels, bref les élites technocratiques de ce temps qui aspiraient à un nouvel ordre de choses, se réunissaient chaque pleine lune à Birmingham pour discuter des thèmes progressifs qu'ils voulaient promouvoir dans la société, de 1766 à 1800 environ, où elle fut incorporée à la Société Royale. On peut dire qu'elle a été le réservoir à intellectuels de la Révolution Industrielle, et qu'elle était la société philosphico-scientifique la plus célèbre de son temps après la Société Royale.

    Parmi ses membres, on pouvait compter :


    • Josiah Wedgwood, le célèbre entrepreneur en poterie, grand-père maternel de Charles Darwin... et de la femme de celui-ci, Emma Wedgwood. Il a développé de nouveaux procédés de productions et perfectionné l'organisation en usine, ce qui a grandement contribué à la Révolution Industrielle.





    • Joseph Priestley, pionnier de la chimie moderne, découvreur de l'oxygène, théologien et philosophe unitarien (qui nie la Trinité, comme les témoins de Jéhovah et les musulmans) de renom, qui croyait en un monde où les lois de la nature règnent en maîtresses, où tout a une cause physique et où les miracles n'ont pas de place. Il était grandement admiré par le précédent, au point qu'il a nommé un ministre du culte unitarien pour enseigner dans l'école d'une de ses usines, école où, comme par hasard, Robert Darwin a étudié wink2. Il était fou de la Révolution Française, au point qu'il organisa carrément une fête dans sa maison de campagne en Angleterre pour célébrer le 2anniversaire de la prise de la Bastille. Ça a mis en rogne les gens du coin, qui ont mis le feu à sa cambuse, et Priestley se trouva forcé d'émigrer aux USA.


    • James Watt, le célèbre inventeur de la machine à vapeur

       


    • William Murdoch, l'inventeur de l'éclairage au gaz.

       


    • Samuel John Galton, un industriel très riche.

     

    Cette société avait des liens avec certains artisans de la Révolution Américaine :

     


    • Ah, ça ira, ça ira, ça ira he !

      Benjamin Franklin, l'inventeur du paratonnerre, franc-maçon du 3e degré (minimum). Il faisait la navette entre les États-Unis et l'Angleterre pour que les relations entre les progressistes de ces 2 contrées ne soient pas interrompues.

       


    • Thomas Jefferson. Même les personnes les mieux informées n'ont jamais su s'il avait vraiment été un franc-maçon, mais une chose est sûre : c'était une des élites intellectuelles du siècle des Lumières (qu'on devrait plutôt appeler le siècle des Ténèbres), le genre à tout mesurer à l'aune de la raison humaine, même l'existence de Dieu. Soit dit en passant, ce raisonnement se tire une balle dans le pied, puisque c'est le fait que nous soyons créés à l'image d'un Dieu rationnel qui nous permet de faire usage de la raison wink2.


    Le but principal des membres de cette société était d'appliquer les idées socialistes des Lumières qui furent appliquées dans la Révolution Française à leur propre nation. Mais les fondements chrétiens de la Grande-Bretagne étaient un obstacle pour eux, aussi leur stratégie consista-t-elle à saboter le christianisme à travers l'éducation.

    La Révolution Industrielle venait à peine de commencer, et l'exode rural allait bon train. Les machines à vapeur fonctionnaient jour et nuit, consommant beaucoup de charbon, et les villes étaient affreusement sales et sombres. Cet état de choses était accentué par le fait qu'on était encore dans la "petite époque glaciaire", où les hivers étaient particulièrement froids. La science est devenue un loisir et les membres de la Société Lunaire donnaient des cours à prix modique aux ouvriers, si bien qu'on pouvait trouver des ouvriers qui maîtrisaient la classification linnéenne4 des organismes vivants, connaissant les noms latins de dizaines d'espèces.

    Bien entendu, ces bons messieurs en ont profité pour introduire leurs idées fondamentalement antichrétiennes dans leur enseignement, favorisant ainsi grandement l'effritement de la chrétienté en Grande-Bretagne, un pays pourtant de tradition chrétienne biblique. C'est de cette stratégie de sabotage du christianisme par l'éducation scientifique qu'ont directement hérité les humanistes d'aujourd'hui, sauf que c'est au monde entier qu'ils l'appliquent, et pas juste au Royaume-Uni.

    Le délire de Darwin, épisode 2
    John J. Dunphy


    Est-ce que, par le plus grand des hasards, vous croyez que j'établis des rapports logiques foireux ? Si c'est le cas, attendez d'avoir lu les mots de John J. Dunphy, membre de la British Humanist Association pour vous prononcer :
    "Je suis convaincu que la bataille pour le futur de l'humanité doit être livrée et gagnée dans les salles de classe par des enseignants qui perçoivent correctement leur rôle en tant que prédicateurs d'une nouvelle foi : une religion de l'humanité qui reconnaît et respecte ce que les théologiens appellent l'étincelle de la divinité dans tous les êtres humains. Ces enseignants doivent incarner la même dévotion désintéressée que les prêcheurs fondamentalistes les plus enragés, car ils seront des ministres du culte d'une autre sorte, qui utiliseront une salle de classe au lieu d'une chaire pour transmettre des valeurs humanistes dans tous les sujets qu'ils enseignent, quel que soit le niveau éducatif -crèche préscolaire ou grande université d'état. La salle de classe doit devenir et deviendra une arène de conflit entre l'ancien et le nouveau - le cadavre pourrissant du christianisme, avec tous les maux et la misère qui vont avec, et la nouvelle foi de l'humanisme...

    Ce sera sans aucun doute un lutte longue, ardue et douloureuse, parsemée de beaucoup de chagrin et de larmes, mais l'humanisme émergera triomphant. Il le faut, si nous voulons que la famille de l'humanité survive."5

    L'ironie du sort, c'est que c'est en France, ennemi historique de l'Angleterre, que cette stratégie a porté le plus de fruit. On peut difficilement en douter quand on voit le gouvernement, les merdias et autres élites intellectuelles maison proposer aux enfants des choses comme la théorie du genre, Tomboy ou le Baiser de la Lune, toutes choses en contradiction directe avec la morale chrétienne traditionnelle qui a plus ou moins prévalu jusqu'à mai 68...

    1. Sermattei della Genga, A., "Humanum Genus", Encyclique sur la franc-maçonnerie, propagé le 20 avril 1884. Revenir au texte.
    2. "Freemasonry Today", automne 1999, no. 9, p. 5. Revenir au texte.
    3. Morris, H. M., "The Long War Against God", p. 198. Revenir au texte.
    4. Je tiens à faire remarquer que Carl von Linné était un créationniste biblique wink2 . Revenir au texte.
    5. Dunphy, J. J., "A Religion for a New Age", The Humanist, Jan.–Fev. 1983, pp. 23, 26. Les emphases sont de moi. Revenir au texte.
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