• L'Évangile dans l'espace-temps

    L'Évangile dans l'espace-temps


    Photo de la galaxie d'Andromède par la NASA

    La Bible nous dit que l'Éternel habite dans l'éternité (Es. 57:15 version Martin), qu'il habite dans les cieux (par exemple, Dt. 26:15) (non pas l'espace, mais une autre dimension incomparablement plus élevée que la nôtre) et aussi dans la lumière (1 Tim. 6:16). Pour des raisons pratiques, nous résumerons cela en disant que Dieu habite dans la dimension céleste, ou les dimensions de l'éternité. En contraste, nous vivons dans un Univers avec 3 dimensions spatiales (longueur, largeur, hauteur) et 1 dimension du temps1.

    Bien que Dieu soit omniprésent, Il est aussi apparu dans notre monde de manière spécifique, à des moments spécifiques. Par exemple, l'Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux au 1er jour de la Création (Gen. 1:2), l'Éternel Dieu est apparu à Moïse dans le buisson ardent (Ex. 3:4-14), et Dieu le Fils a quitté les dimensions de l'éternité (Jn. 1:1-2, Ph. 2:5-7) et est entré dans notre monde d'une manière spéciale à l'Incarnation (Mt. 1:18, Lc. 1:35, Jn. 1:14). Après Sa résurrection, Jésus est apparu à Ses disciples à plusieurs reprises, notamment dans une chambre verrouillée, 2 fois (Jn. 20:19-31), et lors de Son ascension, Jésus a quitté notre monde et est retourné dans la dimension céleste (Jn. 20:17, Ac. 1:9).

    Le but de cet article est de comprendre un peu mieux ces phénomènes en se basant sur l'allégorie de Flatland2.

    Un hommage pour commencer


    Dr. Arthur Ernest Wilder-Smith (1915-1995)

    Les concepts de Flatland, d'horizon des évènements, d'autres dimensions, etc. tels que présentés ici viennent d'un livre datant de 1987 de feu Dr. A. E. Wilder-Smith  "The Scientific Alternative to Neo-Darwinian Evolutionary Theory".

    Wilder-Smith était un géant de la communauté scientifique, ayant obtenu 3 doctorats. Possédant 7 langues, il était aussi un penseur original et une des grandes figures de la science créationniste.

    Parmi ses plus grandes œuvres, on retrouve "Man’s Origin, Man’s Destiny", "He Who Thinks has to Believe", "The Creation of Life", et "The Natural Sciences Know Nothing of Evolution".

    En fait, la notion de Flatland sans ses applications chrétiennes remonte à un livre de 1884 d'Edwin Abbot, "Flatland: A Romance of Many Dimensions."

    Et maintenant, entrons dans le vif du sujet. Il nous faudra tout d'abord définir ce qu'on appelle un "horizon des évènements" (event horizon en anglais).

    Les trous noirs et les horizons des évènements


    Photo d'un trou noir par la NASA

    Quand les astronautes sont allés sur la Lune, leur vaisseau a dû atteindre une vitesse supérieure à 11,2 km/s (40 000 km/h), qui est ce qu'on appelle la vitesse d'échappement3 pour s'affranchir de l'attraction gravitationnelle de la Terre. Imaginons maintenant une étoile suffisamment massive, en fin de vie, qui s'effondre sous son poids faute d'énergie thermonucléaire. À un moment donné, sa gravité sera si forte que sa vitesse d'échappement sera de 300 000 km/s, soit la vitesse de la lumière.

    Dans la théorie de la relativité générale d'Einstein, la gravité est la déformation de l'espace causée par un objet, et plus l'objet sera massif, plus l'espace est déformé. C'est ainsi que l'objet peut attirer des objets beaucoup moins massifs s'ils ne vont pas suffisamment vite par rapport à lui. Pour prendre une analogie toute simple, imaginez que vous mettez une boule de pétanque sur un lit avec un matelas moelleux, puis que vous faites rouler le cochonnet à côté de la boule (oui, je sais, c'est le monde à l'envers he). Si vous ne faites pas rouler trop vite le cochonnet, il sera nécessairement pris dans la dépression causée par la boule, sa trajectoire déviera vers elle et elle le percutera.

    Ainsi donc, la théorie de la relativité générale prédit que dans une telle région de l'espace, l'espace serait si déformé que rien, pas même la lumière ne pourrait pas y échapper. Une telle étoile serait donc invisible (et donc indétectable autrement que par les effets causés par sa gravité incommensurable). C'est ce qu'on appelle un trou noir4, défini par le génialissime Stephen Hawking comme étant "une région de l'espace d'où rien, pas même la lumière, ne peut s'échapper, tant la gravité y est forte."5


    Stephen William Hawking, le grand génie de notre temps

    Si un rayon de lumière est dirigé à côté d'un trou noir depuis l'extérieur, il sera dévié par l'attraction gravitationnelle du trou noir et, s'il a été dirigé assez près, il tournera en orbite autour du trou noir. C'est d'ailleurs comme ça qu'on arrive à les détecter. (Ceci dit, si on le dirige directement sur le trou noir, il sera purement et simplement absorbé.)

    La limite d'un trou noir, où la lumière qui vient de l'extérieur se met à orbiter, à l'intérieur de laquelle les photons ne peuvent s'échapper, est nommée horizon des évènements6, 7. Il représente le point de non-retour d'un trou noir. La raison de ce nom est qu'aucun évènement ne peut sortir de cette limite, et qu'il n'y a aucun moyen de communiquer l'occurrence d'un évènement quelconque derrière. De fait, aucun observateur extérieur ne sait ce qui se passe dans un trou noir, c'est un mystère de la science. Ce phénomène a été appelé "censure cosmique"8 winktongue.

    Flatland



    Imaginons un monde de toons à 2 dimensions, la longueur et la largeur, représenté par ABCD en Fig. 1. Les toons qui l'habitent sont des êtres intelligents, représentés par les triangles dans des cercles. Un beau jour, les toons se sont réveillés et se sont aperçus que quelqu'un a tracé la ligne EF. Leur monde s'est trouvé littéralement coupé en 2, car, sans la dimension de la hauteur, personne ne pouvait sauter par-dessus la ligne ni creuser dessous. De même, personne ne pouvait communiquer d'information à qui que ce soit de l'autre côté. La ligne EF était donc un horizon des évènements.

    Un jour, une forme, une empreinte de pied, apparut dans la zone ABFE (Fig. 2), apparemment spontanément et sans cause, pour autant que les toons de Flatland aient pu en juger. Puis la forme disparut. La fois suivante, pour l'empêcher de partir, les toons tracèrent un cercle autour de la forme. Ce cercle était un horizon des évènements : rien ne pouvait en sortir et rien ne pouvait y entrer. Et pourtant, plus tard, quand ils enlevèrent une partie du cercle pour vérifier, l'empreinte de pied avait de nouveau disparu. Les toons avaient donc 3 énigmes à résoudre :

    1. La forme apparaissait et disparaissait sans cause apparente.
    2. Aucun horizon des évènements ne semblait capable de limiter cette forme.
    3. Le même horizon des évènements, pourtant, bloquait totalement les toons de Flatland.


    La solution à ces problèmes fut donnée par un personnage capricieux du doux nom de Zweisteinus. Il a commencé par rappeler aux toons de Flatland qu'ils étaient matérialistes au niveau scientifique, c-à-d qu'ils croyaient que leurs dimensions de longueur et de largeur étaient les seules expressions de la réalité entière et qu'ils basaient leurs vies sur cette erreur. Ensuite, il stipula que Flatland n'était pas la seule réalité et que l'apparition et la disparition de l'empreinte de pied indique qu'il doit exister une autre dimension en plus de la longueur et la largeur. Il appela cette dimension "altitude" ou "profondeur" ou "hauteur".

    Il dit que l'être tridimensionnel qui créait l'empreinte de pied pouvait entrer et sortir à volonté de l'horizon des évènements circulaire rien qu'en marchant dessus, tout simplement, car un être tridimensionnel ne peut en aucun cas être bloqué par les limites qui bloquent les êtres bidimensionnels de Flatland. "2 dimensions ne peuvent prendre en otage quoi que ce soit de tridimensionnel. La dimension supplémentaire donne une totale liberté par rapport aux autres dimensions."2
    Un être tridimensionnel pourrait donc se manifester à volonté en Flatland, et pourrait observer intimement les toons sans qu'ils s'en aperçoivent. Il peut même observer à livre ouvert leur être interne, ç-à-d le triangle qui est dans le cercle, et qui est invisible pour les autres toons.

    Et maintenant, voyons voir comment ce concept (appelé la théorie des dimensions) se rapporte à certains évènements-clés relatés dans la Bible.

    La Création

    L'information nécessaire pour que la Création se produise existait dans l'esprit de Dieu, le Logos (Jn. 1:1, du grec Logos, "parole"), en dehors de l'espace et du temps, et avant que ceux-ci aient été créés. En d'autres termes, la création existait dans l'esprit de Dieu, "avant la fondation du monde" (Eph. 1:4, 1 Pi. 1:20), et donc dans les dimensions de l'éternité. Dieu a envoyé l'information (et l'énergie) nécessaires pour que la Création se produise à travers l'horizon des évènements qui sépare l'éternité de l'espace-temps, en quanta ou quantités séparées, pendant la durée des 6 jours de la Création décrits en Gen. 1.

    Quand Adam fut formé et jusqu'à ce qu'il péchasse, il était en quelque sorte un hybride dimensionnel (shocked). Dans le Jardin d'Éden, il marchait avec Dieu, qui habite l'éternité, et ainsi il a fait l'expérience des dimensions multiples de l'éternité, mais il existait aussi dans l'espace-temps. Lorsqu'il a désobéi à Dieu, Celui-Ci l'a expulsé d'Éden pour l'empêcher de manger du fruit de l'arbre de vie et de vivre pour toujours (Gen. 3:22, 24) dans sa condition pécheresse.

    Toutefois, l'homme était fait pour l'éternité. Dieu, dans Sa miséricorde, a donc fourni à l'humanité un moyen d'échapper à cette condition et d'être de nouveau unie à Lui. Alors que le péché d'Adam a fermé l'horizon des évènements qui sépare l'humanité des dimensions célestes, la grâce obtenue par le moyen de la foi en le Sauveur Jésus Christ, mort et ressuscité pour le pardon des péchés du grand nombre, le rouvre. Ceux qui en bénéficient de cette manière font l'expérience d'une relation intime avec le Dieu d'éternité en cette vie (Jn. 1:12, 17:23), d'une manière bien plus limitée qu'Adam en son temps, et seront réunis à Dieu après cette vie.

    Les apparitions de Jésus après Sa résurrection

    Lorsque le Seigneur Jésus Christ ressuscita d'entre les morts, son nouveau corps a quitté notre continuum spatio-temporel et est entré dans les dimensions de l'éternité, passant à travers ses bandelettes d'embaumement sans les déranger. C'est la vue du linge qui a été enroulé autour de la tête de Jésus "enroulé dans un endroit à part" (c-à-d encore enroulé et raidi par la mixture collante de myrrhe et d'aloès utilisée dans les embaumements) qui a conduit Jean a croire à la résurrection du Christ (Jn. 19:39-40, 20:7-8). Bien qu'il n'ait sans doute pas été au courant pour la théorie des dimensions smile (et ce malgré l'intelligence qu'il manifeste dans son Évangile ^^), il a compris que le Christ avait transcendé les dimensions du temps et de l'espace.

    Comme l'empreinte de pied en Flatland, Christ pouvait apparaître dans une chambre fermée à clé, ou apparaître et disparaître à la vue des disciples sur la route d'Emmaüs, sans être affecté par l'horizon des évènements qui nous empêche totalement d'exécuter les mêmes actions.

    À l'Ascension (Ac. 1:9), Jésus a franchi l'horizon des évènements entre le continuum espace-temps et le ciel. Maintenant, quand nous prions, nous envoyons, via le Saint Esprit qui réside en nous qui croyons par la foi (Jn. 14:16-17), nos prières au-delà de cet horizon des évènements pour atteindre le trône de Dieu et le Seigneur Jésus Christ Lui-Même.

    Les cieux, l'enfer et le jugement

    Quand une personne meurt, son esprit sort de notre continuum et franchit l'horizon des évènements de la mort, là où l'espace et le temps prennent fin et où l'éternité commence. Dans la Bible, Dieu nous dit qu'au-delà de la mort se trouvent le paradis, l'enfer... et le jugement (Heb. 9:27). C'est le dernier qui décide lequel des 2 1ers sera notre destination finale (rien à voir avec la série de films smile), selon qu'on ait cru ou pas au sacrifice expiatoire de Christ et en Sa résurrection dans cette vie.

    Ces 3-là existent tous dans les dimensions de l'éternité. Ils ne pourront donc jamais être examinés par la science puisqu'ils sont occultés par un horizon des évènements9. Mais ça ne veut bien entendu pas dire qu'ils ne sont pas réels ;). Le concept est parfaitement scientifique, et en fait ils sont la réalité ultime. Nous voyons ainsi que le dogme scientifique des matérialistes genre Carl Sagan selon lequel la réalité ultime, c'est uniquement "ici et maintenant" dans notre propre continuum, est scientifiquement foireux. Les athées, agnostiques et autres sceptiques qui ignorent ce fait le font à leurs risques et périls.

    Un avertissement pour finir



    Le fait que la science n'ait pas de problème à concevoir des dimensions en plus de celles auxquelles nous sommes habitués nous permet d'avoir une perspective fascinante sur la manière dont nous pouvons rendre certains concepts de la parole de Dieu plus tangible. Mais il faudrait voir à ne pas aller trop loin en essayant de faire coïncider Dieu avec les opinions versatiles des humains. Ainsi, un "créationniste progressif" très connu (qui utilise aussi le concept de Flatland de Wilder-Smith) pousse les gens à croire que la science a prouvé qu'il existe exactement 10 dimensions en tout, et que cela prouve la Bible.

    Primo, il n'y a aucune doctrine biblique qui le suggère. Secundo, cette notion molle de la guibolle vient d'une branche très abstraite et controversée de la physique nommée théorie des cordes. Cette théorie a été abandonnée depuis en faveur de la théorie des supercordes, qui postule 11 dimensions. D'après ses partisans, la raison pour laquelle la plupart de ces hypothétiques dimensions sont invisibles est parce qu'elles sont enroulées dans des espaces incroyablement petits.

    N'oubliez pas, les chrétiens qui marient leur pensée aux théories scientifiques d'aujourd'hui (genre big bang, 10 ou 11 dimensions, etc.) seront veufs demain oops.

    1. Comme notre Univers spatio-temporel (parfois appelé le continuum espace-temps) a été créé par Dieu (Gen. 1:1), Il est donc au-delà de cet Univers et le transcende, c-à-d qu'Il n'est pas sujet à ses limitations. Revenir au texte.
    2. Cette allégorie est adaptée de Wilder-Smith, A. E. , "The Scientific Alternative to Neo-Darwinian Evolutionary Theory", Word for Today Publishers, pp. 159–191, 1987. Revenir au texte.
    3.  La vitesse d'échappement est la vitesse qu'un objet inerte doit atteindre pour échapper au champ gravitationnel d'une planète ou d'une étoile. Elle est donnée par la formule ve = √2GM/R, où G est la constante universelle de gravitation, M la masse de l'objet céleste et R son rayon. Revenir au texte.
    4. "Les trous noirs sont plus que de simples concepts théoriques. Primo, ce sont des prédictions directes de la relativité générale, qui sont soutenus par une grande quantité de preuves expérimentales." Humphreys, R., "Starlight and time", p. 22. Revenir au texte.
    5. Hawking S., "A Brief History of Time", p. 194, 1988. Revenir au texte.
    6. Ibid., p. 90. Revenir au texte.
    7. Le rayon d'un horizon des évènements est appelé rayon de Schwarzschild, et est donné par la formule Rs = 2GM/c², où c est la vitesse de la lumière dans le vide. Son nom vient de l'astronome allemand Karl Schwarzschild (1873-1916), qui, en 1916, a prédit l'existence de corps célestes effondrés qui n'émettraient aucune radiation. Si le Soleil devait devenir un trou noir (Dieu nous en garde :) ), son rayon de Schwarzschild ne ferait que 3 km. Revenir au texte.
    8. Op. cit., p. 93. Revenir au texte.
    9. Dieu, par contre, est omniprésent et connaît intimement tout ce que nous faisons et disons (c'est Lui que l'être tridimensionnel de notre analogie symbolise). Il est plus près de nous que notre respiration, il est plus proche de nous que nos membres (Ps. 139:7-14). Revenir au texte.
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