• L'histoire d'Halloween et la Bible

    La fête de Halloween, qui correspond à la veille de la Toussaint, est devenue de plus en plus populaire ces dernières décennies. D'une certaine manière, on peut dire qu'elle a le mérite de booster l'économie.
    Certains Français sont hostiles à cette fête, car nous vient des USA, et ne devrait pas avoir de place dans la culture française d'après eux, toutefois nous n'aborderons pas ce sujet ici. Ce que nous constatons, c'est que Halloween est d'une part un jour (ou plutôt une nuit) où les crimes redoublent (en particulier les incendies criminels, allez savoir pourquoi), d'autre part un jour-clé pour les satanistes, où l'activité occulte est à son summum.
    Les questions se posent donc : Comment et pourquoi cette fête a-t-elle vu le jour ? Comment les chrétiens doivent-ils la considérer en général ? Pour pouvoir répondre à ces questions, nous devons revenir aux sources de cette fête.

    Quand est-ce que Halloween sous sa forme moderne a débuté ?

    Au début du XXe siècle, les immigrés irlandais et écossais ont apporté leur tradition d'Halloween aux USA. Par la suite, la mondialisation aidant, Halloween a fait son chemin dans la culture moderne.

    La fête, cependant, a des racines qui plongent beaucoup plus loin dans le temps. Certains chercheurs affirment que la fête peut être retracée à environ 2 000 ans dans le passé, aux Celtes d'Europe, descendants de Gomer, fils de Japhet, qui ont occupé certaines parties de l'Irlande, du Royaume-Uni, et du nord de la Gaule1. C'était une fête païenne appelée « Samhain », qui était célébrée plus ou moins en l'honneur des morts et impliquait l'offre de grandes offrandes de produits de la récolte et d'animaux.

    Même si aucun compte-rendu écrit original de ce festival des anciens Celtes n'existe aujourd'hui, on en parle dans des documents romains datant de l'époque où les Romains ont conquis les terres celtiques vers l'an 43. Sous la domination romaine, le jour de Samhain a été influencé par des fêtes romaines de l'époque. La 1ère était "Pomone," une sorte de fête des moissons, et l'autre était "Feralia," le jour des morts de la religion romaine. Fait intéressant, Feralia et Samhain étaient tous les 2 des festivals de la mort, célébrés à la fin d'octobre.

    L'origine du nom

    Vers l'an 600, le pape Boniface IV a créé la Toussaint, et le pape Grégoire III a ensuite transféré cette fête au 1er novembre pour créer une alternative chrétienne à cette célébration païenne.

    Ainsi, les chrétiens qui ne voulaient pas célébrer une fête païenne pouvaient célébrer quelque chose de spirituellement positif, en l'occurrence en l'honneur des saints et des martyrs. Avec l'expansion écrasante du christianisme en Europe, la Toussaint est devenu une fête importante.
    Au passage, la définition et l'utilisation du mot saint dans l'Église catholique romaine moderne n'ont été adoptées qu'en 1588 par le pape Sixte V. À ce stade, les catholiques ont commencé leur stade de proclamation des saints en une procédure en trois étapes: vénérable, bienheureux, puis "Saint". Il n'y a aucune raison de supposer qu'avant cela, le mot "saint" était compris différemment que le font aujourd'hui les protestants, en accord avec l'enseignement de la Bible, à savoir que tout chrétien né de nouveau est un saint. Même Luther a utilisé ce mot correctement dans ses 95 thèses et n'a formulé aucune doléance envers son usage. Ce ne fut qu'après Luther que le mot a été redéfini, et que son usage a été corrompue.

    En fait, le nom actuel de "Halloween" provient de la veille de la Toussaint, qui a été appelée "All Hallow Evening" ; ce nom a été raccourci en "All Hallow Eve", voire en "All Hallow" Le nom a changé au fil du temps et est devenu "Halloween".

    Quelques siècles plus tard, l'Église catholique romaine a fait du 2 novembre le Jour des Morts pour honorer les morts. Cela pourrait bien avoir été influencé par la persistance continuelle du jour des morts chez les anciens Irlandais, Écossais, et autres Européens. Pour contrer cela, beaucoup de chrétiens protestants célèbrent le 31 Octobre comme étant la Fête de la Réforme en l'honneur des réformateurs tels que Martin Luther, Jean Calvin, et d'autres qui ont dirigé la Réforme au XVIe siècle. En effet, c'est un 31 Octobre que Luther a cloué ses 95 thèses à la porte de l'église de Wittemberg, initiant ainsi le début de ce mouvement de retour vers la saine doctrine.

    Le jour des morts dans d'autres cultures

    Jusqu'ici, je n'ai rien dit que même Wikipedia ne dise, mais ce qu'il faut savoir, c'est que bien que beaucoup affirment que Samhain est à l'origine du Halloween moderne, il est important de noter que beaucoup de cultures du monde célèbrent un "jour des morts" (souvent avec des sacrifices), ayant lieu à la fin de l'été et de l'automne. Il semble y avoir trop de parallèles pour qualifier des célébrations aussi semblables de coïncidences.

    Par exemple, dans les Amériques, il y a El Día de los Muertos, particulièrement connu pour sa forme mexicaine, et qui remonte à l'ancienne fête des morts qui était célébrée par les Aztèques et les Olmèques (qui sont plus anciens), entre le 9e et le 10e mois du calendrier solaire mexicain, correspondant aux mois de juillet et d'août, et était présidée par la déesse Mictecacihuatl, la Dame de la Mort, épouse du seigneur de la terre des morts, Mictlantecuhtli. C'est probablement de là que les Guatémaltèques ont obtenu leur jour des morts à eux.

    Les Brésiliens célèbrent également le Día de los Finados (jour des morts), de date variable mais toujours célébré en novembre. La Bolivie fête la Journée des Crânes (Día de los Ñatitas).

    En Asie, il y a des festivals similaires. Par exemple, les Chinois célébraient la fête des fantômes, qui était une journée pour rendre hommage aux ancêtres morts. Les Japonais ont célébré quelque chose de similaire, appelé "O-bon" ou simplement "Bon". Même le Vietnam a une variante du festival des fantômes appelée "Tet Trung Nguyen". En Corée, c'est "Chuseok" ou "Hankawi", où les ancêtres décédés sont célébrés. Au Népal, c'est le pèlerinage de la vache appelée "Gia Jatra" pour honorer les récemment décédés. Aux Philippines, il y a l'"Araw ng mga Patay", où les tombes sont nettoyées et repeintes. La liste est longue.
    En fait, en tant que Malgache, je suis même au courant d'un certain coin où on fête les ancêtres décédés en octobre (ce n'est pas un "famadihana"), la fête a lieu sur quelques jours, les ancêtres sont pleurés à un jour donné de la fête, des réjouissances et des sacrifices sont pratiqués à un autre.

    La fête juive annuelle du Jour du Grand Pardon (Yom Kippour) est célébrée à l'automne, le 10e jour du mois de Tishri du calendrier juif. Dans l'actuel calendrier grégorien, ça tombe en septembre ou octobre. Le calendrier juif a une année de 360 jours, avec un mois bissextile toutes les quelques années pour le ramener à environ 365 jours par an. C'est pour ça que cette date se balade sur le calendrier grégorien.
    Mais le but de Yom Kippour est nettement différent. Il n'est pas en l'honneur des morts. Il concerne plutôt la recherche spirituelle, la repentance, et est un moment de grands sacrifices pour les péchés du peuple (Lév. 23:27-28). Il y a donc un chassé-croisé, mais Dieu a bel et bien institué cette date.


    L'archevêque Jacques Ussher est l'historien du XVIIe siècle qui a compilé les annales de l'Ancien et du Nouveau Testaments, une histoire couvrant chaque événement majeur de la Création à l'an 70.

    Bien que l'origine de cette date, en particulier pour les Israélites, puisse être attribuée à Moïse, la journée elle-même pourrait bien avoir été choisie par Dieu par rapport à des événements précédents, comme l'archevêque Jacques Ussher, le célèbre chroniqueur biblique, l'a souligné (le jour approximatif où Adam et Ève ont péché, et où Dieu a recouvert leur nudité avec des peaux d'animaux, selon les calculs d'Ussher)1.

    Quelle est l'origine ultime d'Halloween ?

    Ce n'est vraisemblablement pas un hasard si toutes les cultures du monde, aujourd'hui et hier, ont eu un jour férié où le souvenir des morts est rappelé et où des animaux sont sacrifiés. Nous pouvons établir un argument assez solide selon lequel cette fête remonte à une époque où tous les peuples vivaient ensemble, et ont emporté dans leurs bagages culturels cette fête vers diverses parties du monde.

    Autrement, il semble curieux et difficile d'expliquer comment ces cultures si diverses ont développé des célébrations si semblables. On peut probablement pousser la véritable origine de Halloween et des autres "jours des morts" à l'époque d'avant la dispersion à Babel (Gen. 11:1-9), il y a plus de 4 200 ans, après quoi les différentes cultures primitives ont commencé à en modifier la pratique.

    Selon Ussher, le laps de temps entre ces événements était d'environ 106 années, avec le déluge se terminant en 2348 av. J.-C. et la dispersion s'est produite environ en 2242 av. J.-C.. Dans ce laps de temps, Noé et ses fils étaient encore vivants. Nous avons peu d'informations dans la Genèse sur les épouses de Noé ou de ses 3 fils, mais les brus de Noé étaient bien occupées à avoir des enfants après le Déluge, engendrant un total de 16 petits-fils pour Noé. Et puis leurs enfants ont eu des enfants, et ainsi de suite.

    Plusieurs raisons ont été proposées pour expliquer pourquoi tant de cultures ont un jour des morts. En voici quelques-unes :

    1. Ces jours furent-ils célébrés en l'honneur d'un ancêtre ou d'un groupe d'ancêtres après leur mort ? Peut-être que le jour devait être célébré au moment où un grand patriarche ou une grande matriarche d'un clan donné venant de Babel est finalement mort. La mort d'un grand ancêtre devait arriver dans chaque clan, tôt ou tard. Mais les chances que la plupart d'entre eux soient morts dans la période de la fin de l'été ou du début de l'automne est très faible ; par conséquent, il est bien difficile d'expliquer toutes ces fêtes de cette manière.
    2. Était-ce une festival de la moisson des céréales et des animaux, qui ont été préparés pour l'hiver, impliquant ainsi la mort ? Puis, plus tard, ce festival se serait-il transformé spirituellement en hommage aux morts ? Cela pourrait expliquer le sacrifice des animaux et pourquoi la fête a lieu en automne. Mais ça n'explique pas pourquoi chaque culture aurait changé la fête en une journée spirituelle pour les morts. En outre, cela n'a pas de sens pour les cultures qui sont dans l'hémisphère sud, où septembre et octobre sont au printemps, pas au moment de la récolte.
    3. La femme de Noé est-elle morte peu après le Déluge, et ce jour serait en son honneur ? Pendant la période où Cham a engendré Canaan, puis péché contre Noé (c'était avant la dispersion à Babel), la femme de Noé n'est pas mentionnée, et en fait elle est la grande absente ; ce fut à Japhet et Sem que revint la tâche de couvrir la nudité de leur père après qu'il se soit enivré (ce qui est compréhensible s'il était veuf) et déshabillé dans sa tente (Gen. 9:20-27). On pourrait penser que la femme de Noé aurait dû avoir cette responsabilité, mais elle n'est mentionnée nulle part. Si elle s'était éteinte assez tôt avant Babel, la mort de cette matriarche bien connue aurait été commémorée par chaque culture, après la dispersion à Babel. Mais il n'y a aucune mention ou référence à une femme célèbre (mais plutôt à une multitude d'ancêtres) dans les généalogies de la Genèse.
      La mort de Noé elle-même n'est sans doute pas l'explication des jours des morts puisque Noé a vécu environ 250 ans après l'événement à Babel, si les calculs d'Ussher sont exacts. Bien qu'il soit possible que la nouvelle de la mort de Noé se soit propagée à travers le monde , ça semble peu probable tant d'années après la dispersion de Babel...
    4. Est-ce que c'est Satan, celui qui ne vient que pour voler, égorger et détruire (Jn. 10:10), qui a poussé toutes les cultures païennes après la dispersion à Babel à développer ces jours des morts ? Bien que ce soit tout à fait possible, il faudrait pratiquement que Satan et ses anges aient quasiment l'omniprésence et l'omnipotence de Dieu pour pouvoir faire une telle chose. Et bien que Satan voudrait nous faire croire qu'il a les attributs de Dieu, il n'en est rien.
    5. Était-ce un jour pour commémorer ceux qui sont morts dans le Déluge et une continuation des sacrifices que Noé a faits après l'atterrissement de l'Arche ? Comme les jours des morts rappellent le souvenir des défunts et comportent des sacrifices, ils pourraient rappeler le grand sacrifice que Noé et Cie ont effectués après le Déluge. Cela expliquerait aussi pourquoi beaucoup d'autres cultures ont une variante de ce sacrifice régulier. Lorsque Noé et sa famille quittèrent l'arche, ils offrirent des sacrifices à Dieu (Gen. 8:18-9:1) ; bien sûr, les dévoiements dans l'exécution et le sens de ce sacrifice auraient varié au cours des âges. Si nous nous basons sur les indices dont nous disposons, ça semble être l'explication la plus probable.


    Rev. Alfred M. Rehwinkel (1887-1979)

    D'autres chrétiens dans le passé ont reconnu ce lien. Par exemple, Alfred Rehwinkel, professeur de théologie au Séminaire Concordia, avait réalisé que les nations à travers le monde avaient toutes des jours des morts similaires, et il a directement fait le lien avec le Déluge2. John Urquhart l'a souligné dès 1931, peu de temps après que la fête d'Halloween ait gagné en importance aux États-Unis3.

    Il est fortement probable que les différents jours des morts de par le monde soient une réminiscence du sacrifice de Noé. C'était un moment de sacrifice pour couvrir les péchés et un rappel de la raison pour laquelle la mort règne dans ce monde maudit par le péché. C'était un moment spirituel, un temps où les gens se souvenaient qu'une catastrophe soudaine, le Déluge, avait emporté pratiquement toute la population humaine à cause du péché. Noé a même perdu des frères et sœurs dans le Déluge (Gen. 5:30), la douleur a dû être écrasante pour lui. Les racines de Halloween pourraient facilement s'étendre à ce moment crucial de l'histoire de l'humanité, mais il ne s'agit pas d'être dogmatique sur ce que la parole de Dieu ne déclare pas clairement.

    Pourquoi des sacrifices ?

    Les sacrifices appropriées dans la Bible ont été associés avec le péché et la mort depuis le début. Cela remonte au 1er sacrifice en Gen. 3:21 lorsque les 2 1ers humains (Adam et Ève) ont péché contre Dieu. La création parfaite que Dieu avait faite était maintenant entachée par le péché, qui méritait la mort (Gen. 1:31 ; De. 32:4 ; Rom. 5:12).

    La Bible dit que le salaire du péché, c'est la mort (Rom. 6:23; Héb. 9:22). C'est pour cela que nous mourons tous (retour à la poussière) : nous péchons tous (Gen. 3:19 ; Rom. 3:23). En raison de leur péché, Adam et Ève ont pris honte de leur nudité. Dieu a donc fait des manteaux en peau de bête pour la couvrir. Dieu a sacrifié un animal ou des animaux pour couvrir ce péché.

    D'une manière similaire à Dieu, Abel a offert des sacrifices de ses bêtes (Gen. 4:4), et Noé a fait de même après le Déluge. Plus tard, les Israélites ont fait cela aussi, faisant des sacrifices d'expiation d'agneaux, de colombe, etc., comme Dieu l'avait ordonné. Mais le sang des animaux ne suffit pas à enlever le péché ; il est tout juste suffisant pour le couvrir temporairement (Héb. 10:4). Des animaux finis ne peuvent en aucun cas encaisser le châtiment infini d'un Dieu infiniment saint. Ces instances de sacrifices d'animaux présageaient Jésus Christ, l'Agneau de Dieu qui, en tant que sacrifice infini parfait sur la croix (Héb. 9:26, 10:12) a entièrement épuré la dette de nos péchés à la croix du Calvaire afin que quiconque croie en Lui soit sauvé et reçoive la vie éternelle (Jn. 3:16-18).

    Avec la plupart des célébrations des jours des morts, des sacrifices sont impliqués. Cela suggère que les différentes cultures du monde ont compris ce concept de sacrifier à Dieu pour couvrir les péchés - les empereurs chinois sacrifiaient à Shang-Di (Dieu) longtemps avant que les 1ers missionnaires jésuites n'arrivent. Ce n'est pas surprenant pour un chrétien biblique, puisque toutes les ethnies descendent des clans de Babel. Logiquement, quand les gens ont migré vers les différentes parties du monde après que Dieu ait confondu leur langage, ils ont donc embarqué le concept de sacrifice dans leurs bagages. Bien sûr, leurs méthodes et leur conception du sacrifice ont changé et varié au fil des ans, et la véritable intention a été perdue.

    Les chrétiens peuvent se servir de cela pour prêcher l'Évangile de Jésus-Christ, en montrant le vrai sens des sacrifices est que Jésus étant le sacrifice parfait et ultime pour notre péché, faire des sacrifices d'animaux n'est plus nécessaire. Le péché et la mort (dont les sacrifices étaient un rappel continuel depuis Adam) ont été conquis par le Fils de Dieu, et le don gratuit du salut est maintenant offert. Si les jours des morts ont vraiment leurs racines dans le sacrifice de Noé, considérez ceci : le Seigneur a même donné l'ordre aux chrétiens de faire une célébration en commémoration de ce sacrifice final, on appelle ça la Cène. Paul a dit : "Après avoir remercié Dieu, il l’a rompu et a dit : ['Prenez, mangez.] Ceci est mon corps qui est [rompu] pour vous. Faites ceci en souvenir de moi.' De même, après le repas, il a pris la coupe et a dit : 'Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. Faites ceci en souvenir de moi toutes les fois que vous en boirez."(1 Cor. 11:24-25)

    Les calamités de Halloween, qu'est-ce qu'un chrétien peut faire ?

    Il devrait être évident, si on adopte une perspective chrétienne, que de nombreuses pratiques modernes de Halloween et des jours des morts sont mauvaises (1 Cor. 10:20, par exemple). Il y a eu un paganisme considérable qui s'est associé à Halloween au fil des ans. Des actes comme le vandalisme, l'incendie criminel, les farces destructrices et glorifier son égo en feignant d'être ce qu'on n'est pas en se déguisant (et en particulier par la glorification de la mort et des démons beurk) sont en forte opposition aux fruits de l'Esprit (Gal. 5:19-23). Alors, un mot de prudence doit être donnée aux chrétiens qui font la promotion de certaines pratiques douteuses de Halloween.

    Déjà, une alternative en opposition à Halloween devrait être offerte par les chrétiens. Ps. 24:1 nous apprend que tout appartient au Seigneur. Par conséquent, il n'y a aucune raison de laisser Halloween à Satan. C'est pas son jour, à la base mad !

    Lorsque Satan a essayé de tenter Jésus, il a offert à Jésus quelque chose qu'il n'avait pas à offrir (Mat. 4:8-9, tous les royaumes du monde). Jésus n'a évidemment pas succombé parce que ce n'était pas à Satan de les donner, et qu'il n'exerçait aucune autorité sur Lui. Beaucoup de gens aujourd'hui croient que Halloween est le jour de Satan et recommandent de ne rien avoir à faire avec. Mais la reconnaissance d'une telle chose serait méconnaître que Satan ne possède rien et que tous les jours appartiennent à Dieu. Les chrétiens peuvent profiter de cette journée et en faire un meilleur usage, comme par la célébration de la Réforme, une fête de la moisson en éloge à un Dieu qui pourvoit, une journée supplémentaire de Cène pour commémorer le sacrifice du Christ ayant mis fin aux sacrifices d'animaux, et ainsi de suite (Col. 2:16-17) cool.

    Alors, comment allez-vous réagir à cet article ^^ ? N'hésitez pas à donner la réponse en commentaire si le cœur vous en dit. En tout cas, s'il vous plaît, encouragez vos pasteurs, prêtres et autres responsables d'église à contrer les pratiques modernes de Halloween. Bien sûr, l'une des seules belles choses que Halloween ait vraiment à offrir pourrait également être impliquée : les bonbons (avec modération, bien sûr winktongue) !

    Si une alternative chrétienne n'est pas possible où vous êtes, profitez de cette occasion pour partager avec les gens le message de l'Évangile, la manière dont Jésus-Christ a vaincu la mort et le pardon qui ne peut être trouvé qu'en Dieu, quand vous saluez des "trick-or-treaters".

    La mort est une réalité terrible pour nous tous, pas quelque chose à fêter ou à traiter comme un plaisir. La mort est la punition pour le péché. Depuis l'entrée de la mort dans le monde, nous sommes tous des pécheurs (Rom. 3:23), nous devons réaliser que la mort nous attend au bout. Mais Dieu est un Dieu de grâce et de miséricorde, et dans son amour, il a offert un moyen de salut à travers son Fils unique, Jésus Christ, qui a souffert et est mort de la mort ultime à notre place. Tous ceux qui se repentent et croient peuvent recevoir le pardon des péchés et la vie éternelle.
    "En effet, le salaire du péché, c'est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur.» (Rom. 6:23).

    La Bonne Nouvelle

    Cette histoire réelle commence par la mauvaise nouvelle de la rébellion du 1er homme, Adam, envers le commandement de Dieu, rébellion qui a apporté la mort, la souffrance et la séparation de Dieu en ce monde. Nous en voyons les résultats tout autour de nous. Tous les descendants d'Adam sont pécheurs dès la conception (Ps. 51:5) et sont entrés d'eux-mêmes dans cette rébellion (le péché). Ils ne peuvent donc pas vivre avec un Dieu saint, mais sont condamnés à la séparation d'avec Lui. La Bible dit que "tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu" (Rom. 3:23) et que tous sont donc voués à "une ruine éternelle, loin de la présence du Seigneur et de la gloire de sa force" (2 Th. 1:9).

    Mais la Bonne Nouvelle est que Dieu s'en est occupé : "en effet, Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle." (Jn. 3:16).

    Jésus-Christ, le Créateur, bien que totalement sans péché, a souffert, au nom de l'humanité, la peine du péché de l'humanité, qui est la mort et la séparation de Dieu. Il a fait cela pour satisfaire les justes exigences de la sainteté et de la justice de Dieu, Son Père. Jésus était le sacrifice parfait ; Il est mort sur une croix, mais, le 3e jour, Il a ressuscité et vaincu la mort, de sorte que tous ceux qui croient réellement en Lui, se repentent de leur péché, et Lui font confiance (plutôt qu'en leur propre mérite), sont en mesure de revenir à Dieu et de vivre pour l'éternité avec leur Créateur.

    Par conséquent : "Celui qui croit en lui n'est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu."(Jn. 3:18).

    Quel merveilleux Sauveur et quel merveilleux salut dans le Christ notre Créateur cool !

    1. Ussher, J., "The Annals of the World", p. 18. Revenir au texte.
    2. Rehwinkel, A., "The Flood: In the Light of the Bible, Geology and Archaeology", 17e édition, pp. 169–171. Revenir au texte.
    3. Urquhart, J., in "Bible League Quarterly", Octobre–Décembre 1931, pp. 181–183. Revenir au texte.

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  • Un peu de démystification

    Salut tout le monde ! Noël approche et nous espérons tous sincèrement que les jihadistes ne viendront pas y fourrer leur nez. Pour marquer le coup, je vais publier une courte série d'articles traitant de différents sujets en rapport avec Noël.

    Toutefois, avant même que de pouvoir passer un joyeux Noël, il va d'abord falloir s'assurer que c'est bien conforme à la volonté de Dieu. Aussi, ce 1er épisode consistera-t-il à réfuter les arguments des grinchs qui refusent de fêter Noël et veulent pousser les autres à faire de même (Rom. 14:12-13).

    Grinch ? Vous avez dit grinch ? Un mot sur la satire biblique

    Je suis tout à fait conscient que certaines personnes qui me lisent et qui me voient comparer certains chrétiens à des "grinchs" vont monter sur leurs grands chevaux en m'accusant de manquer d'amour et d'agir en mauvais chrétien. Leur intention est peut-être bonne, mais cette accusation complètement erronée.

    Je sais que le problème, quand on dénonce une fausse doctrine, est qu'on sape la crédibilité des personnes qui l'enseignent. On se retrouve à heurter inopinément les sentiments de la personne car des questions de réputation, de fierté et tout ça, sont en jeu. Toutefois, les personnes qui enseignent aux chrétiens à haïr la fête consacrée à la naissance du Sauveur n'ont aucun scrupule à le faire sur la scène publique (notamment YouTube), il faut donc bien que je publie ma réfutation sur la scène publique.

    Quoi qu'il en soit, mon utilisation du grinch est purement motivée par la fantaisie, dites-vous bien que je ne "clashe" pas pour le plaisir. D'autre part, il y a un précédent biblique qui légitime des critiques bien plus tranchantes encore que mes critiques les plus tranchantes.

    Jésus a souvent réprimandé ses adversaires. Mat. 23 est un exemple-type, et les Pharisiens ont dû en ressortir rouges comme des pivoines wink2.

    Ses Apôtres, élus par Ses soins, ont souvent réprimandé les enseignants de fausses doctrines, en fait, Paul a même réprimandé Pierre lorsque celui-ci a entraîné d'autres disciples dans son hypocrisie (Gal. 2:11-14), Paul a commandé a Timothée de reprendre ceux qui agissent mal (2 Tim. 4:2), et 2 Cor. 10:5 dit : "Nous renversons les raisonnements et tout obstacle qui s'élève avec orgueil contre la connaissance de Dieu, et nous faisons toute pensée prisonnière pour qu'elle obéisse à Christ."

    Les fausses croyances sont parfois carrément tournées en dérision dans la Bible, comme le fit Élie face aux prophètes de Baal (1 Ro. 18:27) happy, pour un plus grand bien : mettre à nu l'influence destructrice et néfaste des fausses doctrines.


    "Criez plus fort ! C’est un dieu. Il est occupé ! Il règle peut-être une affaire importante, ou bien il est en voyage, ou alors il dort, et il faut le réveiller !"

    Certains jeux de mots dans la Bible sont aussi des moqueries envers une certaine personne ou un certain système qui se dresse contre la révélation de Dieu. Ainsi, Gen. 11:9 dit : "C'est pourquoi on l'appela du nom de Babel, car c'est là que l'Éternel confondit le langage de toute la terre, et c'est de là que l'Éternel les dispersa sur la face de toute la terre." Certains sceptiques accusent la Bible de se tromper ici, car "Babili" veut dire "porte des dieux", alors que "confusion", c'est "balal", mais il n'y a pas d'erreur : le jeu de mots est intentionnel. Les humains ont cru prétentieusement qu'ils pouvaient faire leur petit truc sans que Dieu S'en mêle, et Celui-ci les a remis à leur place ; on ne se souviendrait de leur grand-œuvre que pour la confusion qui y serait associée cool.

    Les personnes dont je parlais plus haut ont tendance à essayer d'esquiver ces arguments en déclarant qu'Élie, Jésus et les Apôtres avaient une autorité que nous n'avons pas, mais cela prouve qu'elles méconnaissent le contexte historique. La culture occidentale moderne est une culture de victimisation où il est tabou d'offenser les catégories de victimes déterminées par l'élite libérale dirigeante, mais les anciens forums publics (ainsi que certains espaces d'expression publique moderne d'ailleurs) étaient régis par le paradigme du défi et de la riposte, et dans le milieu culturel du Nouveau Testament, c'était un phénomène central, qui devait se jouer en public. L'objectif de chaque partie était de saper l'honneur ou le statut social de l'autre dans un échange qui répond à égale mesure à l'adversaire (et qui donc le défie en retour)1. Ainsi, quelqu'un d'honorable, dans cette culture, plutôt que de simplement se défendre, contre-attaque.

    Nous avons de nombreux exemples, dans les Évangiles, où Jésus refuse de se défendre mais déplace le débat sur une contre-question, et va jusqu'à manquer de respect à l'adversaire si nécessaire. Par exemple, en Mt. 21:23-27, Mc. 11:27-33 et Lc. 20:1-8, Jésus entre dans le temple, et les chefs des prêtres et les scribes viennent pour essayer de le pièger en Lui demandant par quelle autorité Il agit. Jésus répond avec une contre-question au sujet de Jean-Baptiste. Ses adversaires refusant de Lui répondre, Il refuse aussi de leur répondre, ce qui est un manque de respect.

    Dans Mt. 22:15-22, Mc. 12:13-17 et Lc. 20:22-26, les Hérodiens et les Pharisiens font collusion pour essayer de piéger Jésus en lui demandant s'il fallait payer l'impôt à César : s'Il répondait "oui", Il était traître à la nation juive, s'Il répondait "non", Il était officiellement séditieux. Jésus pose donc une contre-question à propos du propriétaire de la pièce. Son fameux : "Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" est une dénonciation de l'hypocrisie et de la déloyauté de Ses adversaires.

    Un autre exemple est Mt. 12:5 : "Ou n'avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les prêtres violent le sabbat dans le temple sans se rendre coupables ?" Peu de gens remarquent que le "n'avez-vous pas lu" est un énorme manque de respect envers ces spécialistes de la Loi. Pour que vous compreniez bien, c'est pareil que si on demandait à Bernard Loiseau s'il y connaît quelque chose en cuisine ou si on demandait à David Douillet s'il a eu sa ceinture noire dans une pochette-surprise. Mais dans le paradigme du défi et de la riposte, c'est une réponse appropriée au défi d'honneur posé par les Pharisiens à Jésus au sujet du comportement de Ses disciples. Jésus leur répond du tac au tac en les attaquant sur le domaine qui faisait leur fierté.

    Il y a plein d'autres endroits où Jésus fait montre d'un talent considérable pour riposter, se révélant ainsi un prophète plein d'honneur et d'autorité.

    Et maintenant, entrons dans le vif du sujet en donnant la parole à notre invité, j'ai nommé, le grinch !

    Le grinch : "Ce n'est pas biblique de fêter l'anniversaire de Jésus ou qui que ce soit d'autre : à chaque fois qu'un anniversaire a été fêté dans la Bible, il y a eu un malheur !"

    Tu fais sans doute allusion à Gen. 40:20, l'anniversaire du Pharaon où celui-ci décapita son panetier, et à Mt. 14:6 et Mc. 6:21, l'anniversaire d'Hérode, où Jean-Baptiste fut décapité, grinch. Désolé d'avoir à te le dire, mais :

    • 2 exemples éloignés de 1 700 ans l'un de l'autre ne suffisent pas à établir une règle no,
    • les anniversaires n'étaient pas la cause des malheurs qui sont arrivés, mais uniquement les moments où ils sont arrivés,
    • et même si on suit ta logique, seuls les despotes et les tyrans ne devraient pas avoir le droit de fêter d'anniversaire smile.

    .

    De toute façon, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait aussi peu d'anniversaires dans la Bible : à cette époque, seuls des gens riches et puissants avaient la possibilité de suivre de manière précise l'écoulement des jours. C'est pour ça que les personnages de la Bible ne fêtaient pas d'anniversaire, pas parce que c'était illicite ou un péché. C'est pour ça aussi qu'on a peu de précisions sur la date de naissance de Jésus dans la Bible.

    Le grinch : "Pourquoi alors que certains Pères de l'Église ont déclaré que fêter des anniversaires, c'est mal ? Dans ta gueule !"

    Certains ? Es-tu seulement capable d'en citer un seul arf ?

    Non ? Et bien moi, si. Il n'y en a qu'un et un seul qui ait dit que les anniversaires sont mauvais : Origène, dans un commentaire sur le Lévitique, mais, bien que je respecte Origène en tant qu'intellectuel et théologien, il n'était pas parfait et à suivi exactement le même raisonnement illogique que le tien à ce moment-là.

    Le grinch : "C'est ça, fais bien ton malin, mais ce que tu sais pas, c'est que le 25 décembre a été choisi comme date pour l'anniversaire de Jésus parce que ça correspondait à la date de naissance de certains dieux païens. Eeet ouais, et tous ceux qui fêtent Noël sont des sorciers et des satanistes ! Là !"

    Bon, OK, je vois le genre, il y a du travail.

    James Patrick Holding a effectué des recherches extensives à ce sujet, recherches dont il publie d'ailleurs le résultat dans son livre "Shattering the Christ myth: did Jesus not exist?" Sa conclusion est qu'il n'y a aucun dieu païen dont l'anniversaire ait été célébré le 25 décembre. Il va même jusqu'à dire qu'il n'y a que les dingues pour croire ce genre de truc. Et si tu as l'intention de faire le malin avec les mystères mithraïques, sache qu'il n'y a aucune preuve qu'on en ait célébré le 25 décembre no.

    Le grinch : "OK, OK, admettons, mais quand même, Noël est correlé aux Saturnales, qui étaient un festival romain où les gens allaient de maison en maison tout nus en chantant, se goinfraient, mangeaient de la nourriture cuite en forme de gens, s'échangeaient des cadeaux paillards et où les hommes couchaient entre eux ! Il est aussi corrélé à Sol Invictus, la fête païenne du renouveau du Soleil, liée au solstice d'hiver ! Essaie un peu de répondre à ça pour voir trolololololololololololololol XDXDXDXDXDXDXDXDXDXDXDXDXDXDXDXDXDXD !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

    Avant de répondre à ça, je m'en vais t'apprendre un truc, grinch : corrélation n'est pas synonyme de relation de cause à effet ! C'est comme si tu me disais que parce que tu as mangé de la saucisse fumée la veille du tsunami de 2004, manger de la saucisse fumée provoque des tsunamis...

    D'abord et d'une, tu n'es pas sans savoir que le solstice d'hiver, c'est le 21 décembre. Les Saturnales, qui s'étendaient sur 7 jours autour du solstice, se fêtaient donc du 17 au 23 (ce qui est corroboré par Macrobe). Il n'y a donc pas de corrélation avec une fête qui se fête le 25. Et si tu as l'intention de te rabattre sur les Brumalia, comme certains, c'est peine perdue : ça se fêtait du 24 novembre au 17 décembre. Tu percutes ?

    La véritable raison pour laquelle les 1ers chrétiens ont choisi le 25 décembre pour date d'anniversaire du Christ est la tradition juive extra-biblique de l'année intégrale : la longévité d'un prophète était censée être un nombre rond d'années, aussi la date de sa mort devait-elle être celle de sa conception (le moment où la vie commence). La mort de Jésus a été estimée être le 25 mars par l'Église Occidentale et le 6 avril par l'Église Orientale. Ils ont donc estimé que Jésus fut conçu à la même date. Si t'ajoutes 9 mois au 25 mars, tu obtiens... le 25 décembre wink2. Idem, si t'ajoutes 9 mois au 6 avril, tu obtiens le 6 janvier, date de l'Épiphanie pour nous, mais date de l'anniversaire de Jésus pour l'Église Orthodoxe.

    Faut te rendre à l'évidence, grinch, ce sont les fêtes païennes qui ont pompé sur la fête chrétienne, et pas l'inverse. En fait, les Chrétiens observent cette fête au moins depuis l'an 202, (longtemps avant le concile de Nicée) puisque Hippolyte de Rome dit, dans son "Commentaire sur Daniel" :
    Pour le premier avènement de notre Seigneur dans la chair, quand il est né à Bethléem, huit jours avant les calendes de Janvier [25 décembre], le quatrième jour de la semaine [mercredi], tandis qu'Auguste était dans sa quarante-deuxième année, [2 ou 3 av. J.-C.], et qu'il s'était écoulé cinq mille cinq cents ans depuis Adam. Il a souffert dans la trente-troisième année, huit jours avant les calendes d'avril [25 mars], le jour de la préparation, la quinzième année de Tibère César [29 ou 30], tandis que Rufus et Roubellion et Gaius César, pour la quatrième fois, et Gaius Cestius Saturnin étaient consuls.
    Quant au Sol Invictus, il fut institué en 274 par Aurélien, qui voulait non seulement utiliser le solstice d'hiver pour s'affirmer politiquement, mais qui voulait sûrement donner une signification païenne à une date déjà importante pour les chrétiens romains. Par la suite, les chrétiens se sont réapproprié la "naissance du Soleil Invaincu" pour en faire la "naissance du Soleil de justice", à savoir Christ. Pour te donner une image, c'est exactement comme le débarquement allié : reconquérir le terrain conquis par l'ennemi.

    Le grinch : "Ah ? Euh... D'ac-o-d'ac, mais de toute façon, c'est pas possible que Jésus soit né un 25 décembre ! Tu vois vraiment les bergers paître leurs brebis par le froid de canard qu'il devait faire en Palestine au beau milieu de l'hiver ? Même Jacob y fait allusion en Gen. 31:38-40 ! Nananananèreuh !"

    Ce que tu omets, grinch, c'est que Paddan-Aram est en Mésopotamie, beaucoup plus au nord que Bethléem, la différence de température entre ces 2 lieux est au moins aussi grande que celle entre Anvers et Montpellier. La température minimum en décembre à Bethléem est d'en moyenne 6 °C. C'est supportable. En plus, il y a beaucoup plus de pluie à ce moment-là que dans le semestre précédent, donc plus d'herbe pour les moutons. Si on garde les moutons à l'intérieur par temps froid, ils ont plus de chance de choper une pneumonie à cause de l'accumulation d'ammoniac et d'humidité qui facilite la propagation des virus. Les moutons se portent bien mieux s'ils vivent à l'extérieur, il suffit qu'ils aient quelques arbres pour s'abriter du vent, d'autant plus que ça représenterait trop de travail sinon. Les moutons peuvent s'en sortir : leur laine les tient au chaud, même par temps neigeux (ce qui est de toute façon plutôt rare à Bethléem), et la lanoline de leur laine empêche l'humidité d'atteindre leur peau.

    Le grinch : "Attends un peu, j'ai lu quelque part sur le net un truc sur Zacharie, le père de Jean-Baptiste. Vu qu'il est de la classe d'Abia (Lc. 1:5), on peut savoir à quel moment il officiait. Élizabeth a conçu immédiatement après le retour de Zacharie de Jérusalem (elle devait être contente de le voir). Et on sait qu'elle en était à son 6e mois lors de l'Annonciation (Lc. 1:36). De là, on n'a plus qu'à faire le calcul."

    Bien essayé, grinch. Sincèrement, là, tu me surprends agréablement. Mais il y a plusieurs problèmes : primo, ton hypothèse de départ à propos de la conception d'Élizabeth est improuvable ; secundo, rien ne nous dit que le Saint Esprit a recouvert Marie tout de suite après sa visite à Élizabeth ; tertio, rien ne nous dit que la grossesse de Marie a duré 40 semaines pile poil. Et quarto, là, essaie de suivre parce que j'ai pas envie de rabâcher : tu peux bien me citer 1 Chr. 24:10, mais c'est beaucoup plus compliqué que ça : il y a eu 2 moments entre 1 Chr. 24 et la visite de Gabriel à Zacharie où le Temple ne fut pas utilisé : lors de la déportation à Babylone et lorsqu'Antiochus IV Épiphane le profana. De plus, les classes des prêtres sont répertoriées ailleurs dans la Bible, mais la classe d'Abia manque en Esd. 2:36-39 et elle est listée en 17e dans Ne. 10:2-8, 12e en Ne. 12:1-7 et 11e en Ne. 12:12-21. L'historien juif pharisien Flavius Josèphe dit qu'il y avait 24  classes de prêtres avant la destruction du Temple en 70, mais même en admettant que c'étaient les mêmes que celles d'1 Chr. 24, il y a beaucoup trop d'inconnues dans cette histoire pour déterminer une date précise.

    Le grinch : "Mais alors, si je te suis bien, tu veux dire que Jésus est bien né un 25 décembre ???"

    Non, pas du tout, ce que je veux dire, c'est que ça n'a rien d'hérétique de le croire et rien de satanique non plus de fêter notre Seigneur le 25 décembre à la base. Tout ce bigntz que font certains chrétiens comme toi contre Noël, c'est beaucoup de bruit pour rien ! Certains, au IIe siècle, ont supputé que Jésus est né un 20 mai, d'autres le 19 ou le 20 avril. Si tu veux fêter l'anniversaire de notre Seigneur à une de ces dates-là ou à n'importe quelle autre, il n'y a pas de problème !

    Pour nous les chrétiens, Noël est la fête où nous commémorons ce miracle mirobolant : le Dieu Créateur s'est rabaissé jusqu'à devenir un nourrisson, pour nous sauver de nos péchés et nous donner la vie éternelle ! Quoi de plus important ?

    Le grinch : "Tu oublies un truc : si Jésus nous a bel et bien demandé de commémorer Sa mort avec la Cène, la parole de Dieu ne nous demande nulle part de commémorer Sa naissance."

    Et pourtant, il y a un précédent biblique : les anges et les bergers ont loué Dieu pour avoir envoyé Son Fils dans le monde. Nous, les chrétiens, avons permission pleine et entière de le faire, et devrions en fait le faire chaque jour. Après tout, si tu ne veux pas faire un truc juste parce que la Bible ne nous le commande pas, qu'est-ce que tu fais là à la base puisque la Bible ne nous commande pas de surfer sur le net ? La commémoration a une importance bien réelle dans les Écritures : par exemple, tu as les 12 pierres en Jos. 4:5-7. De plus, Col. 2:16 et Rom. 14:5-6 nous font savoir que le chrétien est libre de choisir quel jour fêter. Les sapins de Noël, les guirlandes et les boules, les cadeaux, la buche, l'oie ou la dinde, s'échanger des cadeaux et des cartes de vœux, savourer un délicieux repas de Noël, tout cela, ce sont des plaisirs innocents et qui ne sont pas contre la Bible.

    Le grinch : "Attends, mais tu te f... de ma figure, j'espère ? Où est-ce que tu vois qu'on fête Noël avec révérence envers l'œuvre du Seigneur pour nous, toi, que ce soit ici en France ou ailleurs en Occident, à part peut-être dans foyers les plus chrétiens ? Noël n'est plus qu'un jour de marché effréné et de goinfrerie mondaine ! Les dessins animés et films de Noël ne mentionnent pratiquement jamais la naissance de notre Seigneur si ce n'est que pour la présenter comme un conte pour bébés ! Plus personne ne va à la messe ou au culte de Noël ! Les petits enfants n'attribuent plus leurs cadeaux au petit Jésus mais au petit papa Noël dont l'apparence a été décidée par Coca-Cola et qui en plus est censé être omniscient !!! C'est y pas de l'idolâtrie, oui ou crotte !?"

    Calme-toi, grinch. Je comprends tout à fait ton indignation. Et je suis de tout cœur avec toi, en fait. L'esprit de Noël, le vrai, celui qui consiste à rendre gloire à notre Sauveur, n'existe plus. Et c'est pour ça que c'est à toi et moi de répandre cet esprit de Noël, pas seulement en cette période mais toute l'année, comme dirait Frank Sinatra. Si nous en sommes là, c'est parce que l'Occident a rejeté ses racines chrétiennes. La plupart des Occidentaux n'y connaissent presque rien à la Bible désormais, c'est pour ça que le message de la croix est une folie pour eux (1 Cor. 1:18). C'est pour ça qu'il est si important de leur expliquer les fondements du message de l'Évangile, qui se trouvent dans la Genèse, quand nous prêchons.

    Nous devons expliquer aux gens que le message de l'Évangile est plus important que jamais en notre époque de suicides et d'anti-dépresseurs, pour que les chrétiens soient affermis comme jamais pour répandre ce message autour d'eux. Ramener nos pays à l'autorité de la parole de Dieu doit commencer par nous. Ce n'est qu'ensemble que nous y parviendrons, pas en nous disputant sur des broutilles comme l'arbre de Noël. Nous devons aussi réaliser que même si nous y arrivons, ce ne sera qu'une victoire temporaire si nous n'instaurons pas les commémorations nécessaires pour la génération suivante.

    Allez, qu'est-ce que tu dirais qu'on se retrouve pour déguster des chocolats de Noël, grinch ?

    Le grinch : "Vraiment ? Oh... c'est vraiment très gentil, surtout après que je t'en aie fait suer comme je l'ai fait... Tu m'as convaincu, je te souhaite joyeux Noël !"

    Et paix sur terre aux hommes de bonne volonté !

    1. Rohrbaugh, R. L. et Malina, B. J., "Social Science Commentary on the Synoptics", p. 42. Revenir au thème.

    2 commentaires
  • De la Genèse...

    Lors de la période de Noël de 2014, la Ligue des droits de l'homme déposa une plainte contre la ville de Béziers : le maire avait fait installer une crèche de Noël à l'hôtel de ville. Sophie Mazas, l'avocate des plaignants, avait plaidé que "la crèche de la nativité est une atteinte à la laïcité car elle symbolise la naissance du Christ, un événement au cœur de la religion chrétienne", et que "cette crèche se pose comme une violation de la liberté de conscience et de la neutralité du service public, affirmées par la Constitution ainsi que par la loi du 9 décembre 1905 consacrant la séparation des Eglises et de l'Etat". La décision du maire [d'installer une crèche] viole la liberté de conscience des administrés et des requérants qui n'ont pas à voir s'imposer la religion du maire ou la religion censée avoir été dominante à Béziers", a-t-elle souligné.

    Sa requête fut rejetée par le tribunal administratif de Montpellier pour défaut d'urgence, d'autant plus que, d'après la juge Marianne Hardy, "la preuve de l'atteinte «aux principes de laïcité et de neutralité du service public» n'a pas été apportée à l'audience" cool. Ça donne toutefois à réfléchir : qu'est-ce que Noël a de si spécial, et pourquoi est-il attaqué de manière de plus en plus virulente au fur et à mesure de l'"évolution" de la société ? En effet, le fait divers que je viens de vous narrer est un signe des temps.
    Pour répondre à ces questions, je vais faire quelque chose que j'aime faire et qui m'a toujours réussi yes : remonter ab ovo, à savoir jusqu'à la Genèse. Vous saurez ainsi le rapport entre la Création et Noël, entre la Genèse et l'Évangile, et vous comprendrez comment agir en conséquence.

    Une histoire vraie de Noël

    Ce que je vais vous narrer là n'est pas un conte de Noël. Pour comprendre toute l'importance de la naissance de ce bébé dans la chambre basse d'une maison d'hôtes située dans un bled paumé d'un protectorat romain paumé du Ier siècle, nous devons bien comprendre l'enchaînement d'évènements qui y a conduit, et le seul document d'époque qui nous en donne une histoire détaillée, c'est la Bible.

    Celle-ci déclare plus de 3 000 fois être la parole de Dieu. Si c'est le cas, alors elle devrait nous expliquer le sens de l'Univers et de la vie... et ça tombe bien, c'est le cas cool. De plus, contrairement à l'idée reçue, la science observationnelle confirme les propos et enseignements de la Bible yes, c'est d'ailleurs un des thèmes principaux de ce blog.

    Que nous dit donc la Bible au sujet de Jésus Christ, le personnage historique dont la naissance est célébrée à Noël ? En fait, elle fait une déclaration fracassante : Jésus est Dieu, Fils de Dieu (Héb. 1:8) et Il En a les attributs (Col. 1-15-20 ; Ph. 2:5-11 - parfois appelé "carmen Christi, ou hymne au Christ - ; Héb. 1:3) oh ! Je n'ai pas l'intention de m'étendre ici sur la Trinité, mais pour que vous compreniez bien comment ça fonctionne, je vais vous en toucher un mot.

    La Trinité, condition sine qua non pour un Dieu d'amour.

    La doctrine de la Trinité affirme que, dans l'unité de la Divinité, il y a 3 Personnes éternelles et égales les Unes aux Autres : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, les mêmes en substance, mais distinctes en rôle, 3 Personnes (ou 3 centres de conscience) et un Être (voir le schéma ci-dessous). Les sens différents d'unicité et de "ternarité" ne signifient pas que la doctrine soit auto-contradictoire. Les 3 personnes ne sont pas des "parties" de Dieu. En effet, chaque Personne est Dieu à 100% (cf. Col. 2:9). Une bonne analogie est celle-ci : l'espace contient 3 dimensions, mais les dimensions ne sont pas des "parties" de l'espace, c'est plutôt que le concept de "l'espace" est vide de sens sans ces 3 dimensions.

    Pour approfondir, essayez avec ceci : imaginez un être en une dimension. Il aurait l'apparence d'une ligne et serait incapable d'imaginer quoi que ce soit de différent en apparence d'une ligne.
    Essayez ensuite d'imaginer un être en 2 dimensions, comme dans un vieux dessin animé. Il connaît une dimension de plus que l'être précédent, à savoir la largeur, mais il serait incapable d'imaginer un objet en 3 dimensions.
    Nous mêmes nous connaissons une dimension de plus que ce toon : la hauteur.

    Vous voyez où je veux en venir ? Au fur et à mesure qu'on progresse dans les dimensions, on ne laisse pas les choses de la dimension précédente derrière nous mais elles se trouvent combinées de manières qui étaient impossibles avant. Et bien c'est pareil avec la Trinité. Le niveau humain est plutôt simple. Une personne est une personne et 2 personnes différentes sont des personnes distinctes. Mais au niveau de Dieu, les choses sont différentes. De la même manière qu'un cube est 6 carrés tout en restant un cube, Dieu est 3 Personnes tout en étant Un. Nous ne pouvons pas le concevoir, certes, mais le toon non plus ne peut pas concevoir un cube, il n'en reste pas moins que les cubes existent ; là, c'est pareil.

    Comme j'aime à le dire, tout dépend de la manière dont vous faites vos maths : il ne s'agit pas de 1+1+1=3 mais 1x1x1 (13) = 1 ^^

    Vous devez vous demander ce que l'amour vient faire dans cette histoire. Pour qu'il y ait amour, il faut au strict minimum 2 personnes. L'amour de soi n'est pas vraiment de l'amour à proprement parler. Dieu doit donc être au minimum 2 personnes. S'Il est unitaire, c.-à-d. qu'Il n'est qu'une personne, Il ne peut pas être amour.

    De plus, l'amour est encore plus grand quand l'amour entre 2 personnes n'est pas exclusif mais qu'il est combiné et dirigé vers une 3e personne. C'est ce qu'on devrait voir dans une famille : un homme et une femme qui s'aiment et qui combinent aussi leur amour vers leur enfant. Ainsi, pour incarner l'amour dans son sens le plus parfait, Dieu doit être 3 personnes, pour qu'il puisse y avoir et l'amour individuel et l'amour collectif en Son Être. Plus de 3 personnes n'est pas nécessaire, vu que ça changerait uniquement le nombre de personnes impliquées, pas la nature de l'amour.

    Allah, en tant que dieu unitaire, pourrait être capable d'amour, mais seulement après avoir créé une entité. Sa capacité à l'amour serait donc dépendante de l'existence d'autres entités créées (ce qui n'est pas terrible pour un Dieu omnipotent...), mais il n'est pas, quoi qu'il en soit, un Dieu d'amour. Cela suffit à prouver d'une part que le Dieu de la Bible est trinitaire, d'autre part qu'Allah n'est pas amour (qu'il n'est pas Dieu du tout en fait, puisque l'amour ne venant pas de nulle part, il doit être le fait d'un Être Suprême, et comme il ne peut pas venir d'Allah, celui-ci n'est pas un Être Suprême no).


    Schéma classique de la Trinité

    Jésus Christ : la Parole qui existait avant l'Univers

    Gen. 1 raconte la Création de l'Univers par Dieu, mais Jn. 1:1-18 va encore plus loin, avant l'Univers, avant le temps et l'espace, et nous dit que Jésus existait déjà à ce moment-là oh, ce qui était prophétisé par Es. 9:6 et Mic. 5:2 et que Jésus confirme d'ailleurs lui-même en Jn. 8:58 ("Jésus leur dit: «En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham soit né, je suis.»" Jésus fait ici une allusion directe au nom de Dieu qui fut révélé à Moïse en Ex. 3:14, à savoir "Je suis celui qui suis", אֶֽהְיֶ֖ה אֲשֶׁ֣ר אֶֽהְיֶ֖ה, ’ehyeh ‘asher ‘ehyeh, d'où la fureur subséquente des Pharisiens").

    Jean appelle Jésus la "Parole", logos en grec, par allusion au concept juif de la memra. D'après l'Encyclopédie Juive, la memra est la parole de Dieu, dans le sens de parole ou discours créatif ou impératir de Dieu manifestant Sa puissance dans un monde matériel ou intellectuel. On peut retrouver cette doctrine dans les targums, qui sont des paraphrases de l'Ancien Testament en araméen apparues quelques siècles av. J.-C. et qui furent couchés par écrits vers 500. Là où l'Ancien Testament dit que quelque chose fut fait par le Seigneur, les targums disent que ce fut fait par la memra de Dieu, là où le prédicat n'est pas conforme avec la dignité ou la spiritualité de la Divinité, pour éviter une expression anthropomorphique. Les rabbins n'ont jamais essayé d'expliquer ce paradoxe car l'Ancien Testament décrit parfois plusieurs personnages simultanément comme étant YHWH, qui est Un (par ex. Gen. 19:24, que même le targum Jonathan paraphrase par :"Et la Memra/parole de YHWH fit descendre sur les gens de Sodome et Gomorrhe du soufre et du feu de la part du YHWH au ciel", ou Es. 48:16), et en fait leur théologie mentionne très peu la memra en dehors des targums (comme par hasard wink2...). Ils enseignaient 6 choses à propos de la memra, et Jn. 1:1-18 identifie Jésus de Nazareth comme étant l'incarnation de ces 6 aspects de la memra :

    • la memra est parfois Dieu, parfois identique à Dieu (v. 1)
    • la memra est l'agent de la Création (v. 3).
    • la memra est l'agent du salut (v. 12).
    • la memra est l'agent de la révélation (v. 18)
    • c'est par la memra que Dieu se rend visible aux yeux des humains (théophanie ; v. 18)
    • c'est par la memra que Dieu fait Ses alliances (v. 17)


    Nicholas Thomas Wright

    Comme le fait remarquer le prêtre anglican spécialiste du Nouveau Testament N. T. Wright :
    "Dans ce contexte, il est vital pour nos fins que nous insistions sur un fait. Dans les plus farouchement monothéistes des milieux juifs tout au long de notre période - de la révolte maccabéenne [1] à Bar Kochba [2] -, il n'y a aucune suggestion que le "monothéisme" ou la récitation de la Shema ait eu quoi que ce soit à voir avec l'analyse numérique de l'Être intérieur du Dieu d'Israël lui-même. Ça avait tout à voir avec la lutte sur 2 fronts contre le paganisme et le dualisme. En effet, nous trouvons des preuves solides au cours de cette période de groupes juifs et d'individus qui, spéculant sur la signification de certains passages difficiles de l'Écriture (Daniel 7, par exemple, ou Genèse 1), ont suggéré que l'être divin pourrait englober une pluralité. Philon pouvait spéculer que le logos est, dans les faits, un deuxième être divin ; les Similitudes d'Enoch pouvaient dépeindre le Fils de l'homme/Messie comme étant un Être divin éternel ; mais aucun des deux ne montrent la moindre conscience d'avoir transgressé le monothéisme juif normal. Ce n'est d'ailleurs pas le cas. L'unicité du Dieu d'Israël, le Créateur, n'a jamais été une analyse de l'Être intérieur de ce Dieu, mais toujours une polémique contre le paganisme et le dualisme"3

    Le 1er Adam

    La Bible déclare qu'au 6e jour de la Création, Dieu créa le 1er homme, Adam, et la 1ère femme , Ève (Gen. 1:27). Gen. 2:7 nous donne plus de détails : "L'Eternel Dieu façonna l'homme avec la poussière de la terre. Il insuffla un souffle de vie dans ses narines et l'homme devint un être vivant". Nous apprenons plus loin, en Gen. 2:21-23 que Dieu a créé la femme, Ève, à partir de la côte d'Adam. Nous apprenons ailleurs dans la Bible que tous les êtres humains, sans exception, descendent d'Adam et Ève (Gen. 3:20, Ac. 17:26, etc.) et que nous sommes donc tous une seule grande famille.

    L'ordre de Dieu

    Quand Dieu a créé Adam et Ève, ils n'a pas fait d'eux des robots. Il leur a donné un libre-arbitre bien réel : ils étaient capables de choisir pour eux-mêmes et de faire des décisions de leur propre chef. Dieu, pour leur donner l'occasion de prouver qu'ils aimaient leur Créateur pour ce qu'Il est et non pas juste parce qu'Il leur prodiguait plein de bonnes choses, leur a donc donné un commandement : "L'Éternel Dieu prit l'homme et le plaça dans le jardin d'Éden pour qu’il le cultive et le garde. L'Éternel Dieu donna cet ordre à l'homme : 'Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin, mais tu ne mangeras pas le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras, c’est certain." (Gen. 2:15-17).

    La Chute

    Peu après que ce commandement ait été délivré à Adam et Ève, Satan, sous le déguisement d'un serpent, tenta Ève en l'invitant à manger le fruit défendu, et elle se laissa tenter. Elle poussa Adam à en manger aussi et il accepta, choisissant ainsi de désobéir à Dieu en mangeant du fruit dont Celui-Ci lui avait dit de ne pas manger (Gen. 3:16).

    Et comme Adam était le chef de l'humanité et que tous les humains descendent de lui, ce que fit Adam affecta l'humanité entière. Lorsqu'Adam désobéit à l'ordre de Dieu (ce qui le fit déchoir, ou "chuter", de son état de perfection), ce fut le 1er péché, qui entraîna sa mort exactement comme Dieu l'avait prédit : d'immortel qu'il était, Adam devint mortel, ainsi que tous ses descendants, vous et moi y compris : "C'est pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, de même la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché." (Rom. 5:12).

    Pourquoi pâtissons-nous du péché de notre ancêtre ? Le truc, c'est qu'en tant que chef de l'humanité, Adam représentait chacun de nous, et comme nous descendons tous d'Adam, nous avons hérité de sa nature pécheresse. Il a péché (désobéi à Dieu), c'est pour ça que nous péchons (désobéissons à Dieu). Quand un enfant entend cette histoire, il se dit qu'il n'aurait pas désobéi à Dieu à la place d'Adam, mais il se trompe : comme nous sommes de nature pécheresse, les dignes descendants d'Adam, nous aurions tous fait pareil si nous avions été à sa place.

    Et pourquoi la Création pâtit-elle du péché d'Adam ? Quand Dieu a créé Adam, il a fait de lui le roi de la Création (Gen. 1:28). Et quand un chef d'état fait une faute, c'est son pays entier qui en pâtit. Ainsi, lorsqu'Adam pécha, ce fut la Création entière que Dieu châtia (Rom. 8:20) en retirant une bonne partie de Son pouvoir sustentateur, ce qui permit la mort, la souffrance, la maladie et le versement de sang.

    Oh, la honte !...

    Après qu'Adam et Ève aient péché, la Bible nous dit : "Leurs yeux à tous les deux s'ouvrirent, et ils prirent conscience qu'ils étaient nus. Ils attachèrent des feuilles de figuier ensemble et s'en firent des ceintures." (Gen. 3:7).
    Ce faisant, ils ne reconnaissaient pas seulement qu'ils n'avaient pas de vêtements, mais surtout qu'ils étaient privés de toute justice. La gloire dont Dieu les avait revêtis en les créant s'en était allée, faisant de leur nudité une honte. Leur innocence était perdue. Ils avaient cessé d'être parfaits, ils étaient souillés dans leur chair et leur cœur. Ils étaient nus devant la justice de Dieu et les vêtements en feuille de figuier n'étaient qu'une tentative pitoyable de couvrir ce qu'ils avaient fait oops.

    Pitoyable car nul humain ne peut cacher sa propre nature pécheresse à la vue d'un Dieu omniscient et saint par ses propres actions. Dieu nous voit dans toute notre nudité et connaît nos cœurs impurs, pécheurs et rebelles oops.

    La Bible nous dit que nos tentatives de nous couvrir pour échapper à notre honte, en d'autres termes notre "justice", est comme un habit tâché de sang (Es. 64:6) oops. Aucune quantité de rites, de cérémonies ni de bonnes œuvres ne peut y remédier no. Nos œuvres ne peuvent pas ôter nos péchés car nos cœurs sont impurs (Jér. 17:9) oops. Nous ne pouvons pas nous rendre acceptables devant un Dieu infiniment pur et saint à cause de l'imperfection grossière de notre nature même, de la même manière que les vêtements en feuilles de figuier ne servaient à rien à nos ancêtres primordiaux oops.

    La question se pose donc : comment nous réconcilier avec un Dieu infiniment pur et saint ? C'est une question cruciale puisque nous avons été créés à l'image de Dieu (Gen. 1:27), le seul à être immortel par essence (1 Ti. 6:16), et de ce fait, bien que nos corps meurent à cause du péché, notre âme (le "vrai moi" qui habite notre corps) existe éternellement. En tant que pécheurs, nous ne pouvons pas vivre en la présence d'un Dieu saint et juste, et nous ne pouvons pas non plus nous gagner un ticket pour le paradis par nos propres œuvres, et nous serons séparés de Dieu, source de tout bien et tout bonheur, pour toujours, nous vivrons dans notre état pécheur, pourri et misérable pour l'éternité cry !!! Alors, comment échapper à un destin aussi innommable ? Comme dirait Paul : "Malheureux être humain que je suis! Qui me délivrera de ce corps de mort?" (Rom. 7:24).

    Le livre de vie

    La question à un gogolplex4 d'euros plus haut nous amène à parler d'un objet, le livre de vie, qui, comme Jésus, existait avant l'Univers. C'est l'Apocalypse qui nous révèle que ce livre contient les noms de tous les gens sauvés, et qu'il a été écrit depuis la fondation du monde (un exploit pas bien compliqué pour un Dieu omniscient). Ap. 17:8 dit : "Les habitants de la terre, ceux dont le nom n'a pas été inscrit dès la création du monde [apo katabolēs kosmou, ἀπὸ καταβολῆς κόσμου] dans le livre de vie, s'étonneront en voyant que la bête existait, qu’elle n'existe plus et qu’elle reparaîtra."

    Ap. 13:8 utilise la même expression et identifie le propriétaire de ce livre, à savoir le Logos : "et tous les habitants de la terre l'adoreront, tous ceux dont le nom n'a pas été inscrit dans le livre de vie de l'Agneau offert en sacrifice, et ce dès la création du monde [apo katabolēs kosmou, ἀπὸ καταβολῆς κόσμου]."

    Certaines traductions basées sur le texte reçu, comme la version Martin, traduisent par : "De sorte qu’elle sera adorée par tous ceux qui habitent sur la terre, desquels les noms ne sont point écrits au Livre de vie de l’Agneau, immolé dès la fondation du monde." En d'autres termes, apo katabolēs kosmou s'appliquerait à l'immolation de l'Agneau et pas à la rédaction du livre de vie. Mais l'ordre des mots en grec est assez malléable, et Jésus Christ ne fut crucifié que 4 000 ans après la Création du monde, aussi est-il préférable d'interpréter l'Écriture par l'Écriture yes (2 Pi. 1:20-21), et les autres passages soutiennent l'idée que ce soit la rédaction du livre qui ait été faite avant la Création.

    De plus, cela correspond à Éph. 1:4, où Paul déclare que l'élection a eu lieu avant l'Univers.

    Mais à ce moment, une énigme se pose : nous sommes tous pécheurs, alors comment se fait-il que certains d'entre nous soient inscrits dans ce livre oh ?

    Le protévangile, ou la promesse divine d'un "dernier Adam"

    En Gen. 3:15, Dieu dit à Ève : "Je mettrai l'hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance: celle-ci t'écrasera la tête et tu lui blesseras le talon." Une merveilleuse promesse se trouve derrière ces paroles en apparence sybillines : ce verset est la 1ère annonce de l'Évangile (la Bonne Nouvelle du salut, qui est la raison d'être même de Noël) dans la Bible cool (d'où le nom de Protévangile).


    Martin Luther

    Le commentaire du grand Réformateur Martin Luther sur la Genèse nous sera d'un grand secours pour comprendre ce dont il s'agit :
    "La semence de la femme : La promesse et la menace [dans ce texte] sont à la fois claires et obscures. Il a laissé le serpent dans l'incertitude au sujet de la femme qui doit donner naissance à la semence de la femme, de sorte qu'il a dû penser que chaque femme pouvait [potentiellement] devenir la mère de la semence bénie [le Christ]. D'autre part, il a donné à nos premiers parents une grande foi de sorte qu'à ce moment même, ils attendaient le Sauveur. Quand Ève a eu son premier fils, elle croyait sûrement qu'elle Lui avait donné naissance. Ésaïe ajoute de la clarté à la promesse en disant : «Voici, la vierge sera enceinte." Cette prophétie a clairement indiqué que le Sauveur ne devait pas être le fruit de l'union d'un homme et la femme. Dans le Nouveau Testament, cela a été révélé encore plus clairement par l'ange (Lc. 1:26-28). Depuis, il fut promis à l'homme la délivrance de la loi, du péché et de la mort, grâce à la semence de la femme, et il lui a été donné un espoir clair et sûr de la résurrection et du renouveau dans la vie future, il est clair qu'il ne pouvait pas de son propre chef supprimer son péché et sa punition, ni échapper à la mort et faire amende honorable pour sa désobéissance. Par conséquent, le Fils de Dieu a dû se sacrifier et assurer tout cela pour l'humanité. Il a dû supprimer le péché, vaincre la mort, et restaurer ce qu'Adam avait perdu par sa désobéissance."5

    Luther n'est pas le seul a avoir interprété ce verset comme annonçant le Sauveur promis, à savoir le Messie (l'Élu de Dieu, le Sauveur). Il y a aussi, notamment, les targums juifs, d'où l'expression talmudique "les talons du Messie"6. On voit que ce verset fait référence à la naissance virginale du Christ, puisqu'il mentionne le Sauveur à venir comme étant la semence de la femme, quand normalement la Bible se réfère au père d'un enfant plutôt qu'à sa mère (cf. par exemple Gen. 5 ; 11:10-32 ; 1 Chr. 1-9). Cela est renforcé par Gen. 22:18 : "Toutes les nations de la terre seront bénies en ta descendance, parce que tu m’as obéi." Paul clarifie d'ailleurs cela en Gal. 3:16 : "Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa descendance. Il n'est pas dit: «et aux descendances», comme s'il s'agissait de plusieurs, mais c’est d’une seule qu’il s'agit: à ta descendance, c'est-à-dire à Christ.". On voit ici que les Écritures sont inspirées jusqu'au nombre de chaque nom commun puisque Paul joue là-dessus pour étayer son argument.

    Ève et l'homme-Dieu

    Il y a eu une suite très intéressante à cette histoire. Là encore, c'est Luther qui nous informera le mieux : pour la mise en bouche, bien que dans son commentaire, Luther traduise Gen. 4:1 par "J'ai eu un Homme du Seigneur", dans sa Bible, sa traduction est si osée que pratiquement aucune traduction connue ne l'a suivie : "J'ai eu un homme : YHWH" !!!
    "Les mots d'Ève, 'j'ai l'homme, le Seigneur', nous fournissent une autre raison pour laquelle elle n'a pas appelé Caïn fils. Dans sa grande joie et le respect qu'elle éprouvait, elle ne voulait pas appeler sa progéniture un fils, car elle croyait qu'il devait être beaucoup plus, l'homme qui écraserait la tête du serpent. Par conséquent, elle l'a appelé 'l'homme, le Seigneur.' Elle pensait qu'il était celui que le Seigneur avait voulu dire quand il a dit : 'ta postérité écrasera la tête du serpent'. Bien que l'espoir d'Ève ait été déçu, ses paroles montrent qu'elle était une femme pieuse qui croyait la promesse du salut à venir par le Sauveur béni. Par conséquent, elle ne l'a pas appelé fils, mais l'homme, le Seigneur, que Dieu a promis et a donné. Sa foi en la semence promise était louable. Par la foi en ce Sauveur promis, tous les saints [dans l'Ancien Testament] étaient justifiés et sauvés. Mais sa foi que Caïn était celui qui mettrait fin à la misère du péché était erronée, car elle y a cru sans un signe sûr ni une parole [de Dieu], mais par sa propre conviction. Juste parce qu'elle était si sûre de la promesse qu'elle considérait son premier fils comme celui qui accomplirait ce que le Seigneur avait promis. Son erreur était qu'elle ne savait pas que de la chair [pécheresse], rien ne pouvait naître si ce n'est la chair, et que le péché et la mort ne pouvait être vaincus par la chair."7

    Alors ça, c'est époustouflant oh ! Ève était une femme d'une grande foi, mais c'est sa théologie qui était à l'ouest ! On imagine facilement que Caïn a dû être gâté-pourri par ses parents, ce qui explique dans quel esprit il a fait son offrande à Dieu, et on devine aussi ce qui a poussé Caïn au meurtre.

    Arnold Genekowitsch Fruchtenbaum
    Arnold Genekowitsch Fruchtenbaum (26/9/1943-)

    Vous pensez qu'on ne devrait pas se fier à l'avis d'un seul homme, fut-ce Martin Luther himself ? Et bien il se trouve que le Dr Arnold Fruchtenbaum, savant hébreu chrétien fondateur d'Ariel Ministries, va dans le sens de Luther. Il fait remarquer qu'en Gen. 4:1, le mot YHWH est précédé de la particule accusative את (et), qui marque l'objet du verbe8. Comparez la structure de ce verset avec celle du verset suivant, qui mentionne la naissance d'Abel :
    "Elle dit : j'ai eu un homme : YHWH."
    וַתּאמֶר קָנִיתִי אִישׁ אֶת־יהוה׃
    Elle mit encore au monde le frère de Caïn : Abel.
    וַתּסֶף לָלֶדֶת אֶת־אָחִיו אֶת־הָבֶל

    Il n'y a aucun doute que le frère est Abel. Or, la même construction grammaticale hébraïque implique que l'homme est YHWH.

    De plus, la Midrash Rabbah cite aussi le rabbin Akiba, qui admet que la construction hébraïque semble impliquer qu'Ève pensait avoir engendré le Seigneur, ce qui créait des difficultés d'interprétation pour eux, difficultés nécessitant de traduire par "avec l'aide du Seigneur"8, comme le font la plupart des Bibles.

    Le targum de Jérusalem dit : "J'ai eu un homme, l'Ange du Seigneur", tandis que le targum pseudo-Jonathan dit : "J'ai donné la vie à l'Ange du Seigneur".8

    Sapés comme jamais... par Dieu

    Nous avons déjà à peu près élucidé qui devait sauver la race humaine et qui était destiné à le faire. Reste à savoir comment. Dieu a illustré ce qui devait être fait pour Adam et Ève par un acte particulier :
    "L'Eternel Dieu fit des habits en peau pour Adam et pour sa femme, et il les leur mit." (Gen. 3:21).

    Ce faisant, Dieu a dû tuer au moins un animal - le 1er sacrifice sanglant - pour fournir les vêtements qui devaient couvrir la nudité de nos ancêtres. C'était une préfiguration du sacrifice de Jésus, "l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde." (Jn. 1:29).

    Seuls les vêtements de justice que Dieu procure peuvent remplacer efficacement nos "habits tachés de sang" aux yeux de Dieu. La justice qui permet à un pécheur d'être juste aux yeux de Dieu ne peut être fournie que par Dieu. Aucun être humain ne peut s'habiller de son propre chef de la justice de Christ no, seul Dieu peut le faire (1 Cor. 1:30). Nous ne pouvons pas compter sur nos bonnes œuvres (nos "vêtements en feuilles de figuier") ou sur des sacrements (baptême, communion, confirmation, etc.) pour être justes aux yeux de Dieu. Seul ce que Dieu fait pour nous nous permet d'être purs devant Lui.

    C'est y pas une Bonne Nouvelle ? Notre salut ne dépend pas de nos efforts, il dépend uniquement d'un Être incapable de Se planter cool ! Il suffit d'y croire, d'y dire oui yes !

    Mais croire en quoi, et comment ? Cette question trouvera sa réponse au prochain numéro, qui, si Dieu le veut bien, sortira après-demain ou dans 3 jours. D'ici là, soyez bénis, et paix sur Terre aux hommes de bonne volonté !

    1. Il s'agit de la révolte (couronnée de succès) du Judas Maccabée et de ses frères contre le roi grec Antiochus IV (env. 215-163 av. J-C.), qui se faisait blasphématoirement appeler "Theos Epiphanes" (Dieu manifeste), a banni les rites religieux juifs et a souillé le Temple de Jérusalem en y sacrifiant à Zeus. La fête juive de Hanouka (la Dédicace de Jn. 10:22-39) en est la commémoration. Revenir au texte.
    2. Bar Kochba a mené une révolte contre les Romains en 132, sous Hadrien. Au début, les Juifs chrétiens, en bons patriotes, s'y sont joints. Mais lorsque le rabbin Akiba a déclaré que Bar Kochba était le Messie, ceux-ci ont quitté le mouvement, refusant de suivre un faux Messie. C'est depuis que les Juifs chrétiens et les Juifs rabbiniques sont séparés. La rébellion fut écrasée en 135, et Jérusalem fut rasée, renommée Ælia Capitolina, et les Juifs en furent exclus. Revenir au texte.
    3. Wright, N. T., "The New Testament and the People of God", p. 259, 1992. Revenir au texte.
    4. 10 puissance 10 puissance 100. Revenir au texte.
    5. Luther, M., "La Genèse", pp. 80-81. Revenir au texte.
    6. Fruchtenbaum, A. G., "Apologia" 2(3):54–58, 1993. Revenir au texte.
    7. Op. cit., p. 91. Revenir au texte.
    8. Fruchtenbaum, A. G., "Messianic Christology", pp. 15–16, 1998. Revenir au texte.

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  • ...à l'Évangile

    Dans l'épisode précédent, nous avions vu, selon la révélation de la parole de Dieu, comment notre espèce et notre monde furent déchus de leur état de perfection originelle après qu'Adam et Ève aient péché. Nous avons vu aussi que nous ne pouvons pas nous défaire tout seuls de la nature pécheresse que nous avons héritée d'eux, mais que seul le Sauveur promis par Dieu pouvait nous habiller des vêtements de la justice de Dieu. Nous avons aussi indiqué que le Sauveur promis n'était autre que Jésus de Nazareth. Il ne nous reste plus qu'à expliciter comment Il a fait pour que nous, pécheurs, ayons droit au salut et comment nous pouvons l'obtenir.

    L'Incarnation, solution au dilemme du péché

    Dieu nous a créé, nous sommes donc à Lui, et Il a le droit de faire les règles pour nous. Il a mis en place une norme morale parfaite à laquelle nous devons nous conformer, mais aucun de nous ne s'y conforme (Rom. 3:23). Il est parfaitement juste, et donc Il se doit de punir nos manquements moraux. De plus, comme c'est Sa sainteté infinie qui est offensée quand nous péchons ne serait-ce qu'une seule fois, nous méritons une peine infinie.

    Soit nous encaissons cette peine infinie, soit un substitut le fait à notre place (Es. 53). Ce substitut doit remplir 2 conditions :

    Athanase d'Alexandrie
    Athanase d'Alexandrie

    1. Ce substitut doit être humain à 100% pour représenter l'humanité. Héb. 2:14-17 nous dit que Jésus est mort pour l'humanité, précisément parce qu'Il est aussi humain que nous ; il n'est pas angélique par contre, d'où l'impossibilité pour les anges qui ont péché de se repentir. De plus, le prophète Ésaïe a prédit que le Sauveur à venir serait, au sens littéral, notre "Parent-Rédempteur", autrement dit, qu'Il serait parent de ceux qu'Il sauve (Es. 59:20, qui utilise le même mot hébreu, à savoir גּוֹאֵל (gôēl), que celui utilisé pour décrire Booz par rapport à Noémie en Ru. 2:20 ; 3:1-4:17). Cela est possible uniquement parce que Jésus est descendant d'Adam via Marie (Lc. 3:38), - Jésus est aussi appelé "le dernier Adam" (1 Cor. 15:45) - ce qui fait de lui le parent de tous les humains qui aient jamais existé, sans distinction de "races" ou d'ethnies. Il n'y absolument aucun début de commencement d'un indice, dans la généalogie de Jésus en Lc. 3:23-38, d'une césure en amont de laquelle se trouveraient les personnages mythologiques et en aval les personnages historiques. En fait, ils sont tous traités comme des personnages historiques, aucun n'est mythique. C'est d'ailleurs pour ça qu'évolution et christianisme ne peuvent pas aller ensemble : non seulement l'évolution sape la véracité d'un Adam littéral, mais en plus ça sape ce concept de Parent-Rédempteur. Si le récit de la Genèse n'a pas d'importance, on fait comment pour prêcher aux Aborigènes, qui sont censés avoir été là depuis 40 000 ans (selon la datation au 14C acceptée par les tenanciers d'un Univers vieux), et qui, selon cette logique, ne descendent donc pas d'Adam et ne sont donc pas apparentés au Christ ? En fait, Charles Kingsley, un homme d'église du temps de Darwin, disait que les Aborigènes n'avaient pas suffisamment évolué pour qu'on leur prêche l'Évangile...
    2. Il doit être divin à 100% pour encaisser la colère infinie de Dieu (Es. 53:10). De plus, YHWH Lui-Même a dit : "C'est moi, moi seul qui suis l'Eternel, et il n'y a aucun sauveur en dehors de moi." (Es. 43:10). Ainsi, si Jésus est Sauveur, alors Jésus est logiquement YHWH. Ce n'est pas pour rien qu'Athanase (env. 293-373), un des principaux élaborateurs de la doctrine de la Trinité, a dit : "Ceux qui soutiennent : «Il fut un temps où le Fils n'était pas » [c.-à-d. est un être créé] dépossèdent Dieu de sa Parole, comme des brigands."

    Cette double nature indispensable du Rédempteur cadre parfaitement avec 1 Tim. 2:5 : "en effet, il y a un seul Dieu et il y a aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes: un homme, Jésus-Christ"

    Un médiateur idéal doit être membre des 2 groupes entre lesquels il fait une médiation, c'est pour ça que Jésus est idéal dans notre cas.

    Et comme la Bible enseigne que le salaire du péché, c'est la mort (Rom. 6:23), ce substitut devait payer l'amende de nos péchés pour nous (ce qui, il faut bien le dire, n'est pas évident si le monde est âgé de je ne sais pas combien de millions d'années). Et pour qu'une personne divine puisse mourir, elle doit prendre une nature supplémentaire : la nature humaine.

    La kénose

    Il est crucial de comprendre que, contrairement à l'hérésie kénotique, Jésus n'a jamais cessé d'être divin. D'accord, Ph. 2:7 nous dit qu'"Il s'est dépouillé lui-même", mais c'est quoi la suite ? Et oui : "en prenant une forme de serviteur" ! Le mot grec traduit par "dépouillé" ici est ἴσος (isos), qui est la base étymologique de beaucoup de mots français commençant par le préfixe "iso-", voulant dire "égal" ou "identique". Autrement dit, Jésus n'a rien "ôté" de Lui-Même, comme par exemple Ses attributs divins, mais Il S'est dépouillé, en rajoutant la nature humaine à la Sienne. Il a soustrait en additionnant.

    Cette addition était bel et bien un dépouillement, puisqu'en tant qu'être humain, Jésus était sujet à toutes les limitations auxquelles les humains sont sujets : la faim, la fatigue, la tentation, etc. La seule différence est que non seulement Il était sans péché, Il était incapable de pécher. Et comme tous les humains, Il était susceptible de mourir. En fait, Il est venu précisément pour ça. D'ailleurs ça se voit même dans le symbolisme de certains évènements qui sont arrivés au moment de Sa naissance : Il a été emmailloté dans des vêtements qui, dans le contexte, devaient être des linceuls puisque les linceuls étaient rangés dans les crèches (on parle ici de mangeoire à bestiaux, n'est-ce pas, pas de garderie smile). 2 ans environ plus tard, lorsque les Mages sont venus, ils ont offert entre autres de la myrrhe, qui servait à embaumer à l'époque.

    Toutefois, comme Jésus avait conservé Sa nature divine, personne n'aurait pu le tuer s'Il n'avait donné Sa vie de Son propre mouvement. C'est pour ça qu'Il a penché la tête avant de rendre l'esprit sur la croix, alors que ça aurait dû être l'inverse en temps normal.

    La kénose, vous l'aurez sûrement compris, est l'abandon volontaire par Jésus de l'exercice de Ses pouvoirs divins en-dehors de l'autorité du Père. Cela explique, par exemple, pourquoi Jésus, dans Son humanité, ne connaissait pas la date de Son 2e avènement, car c'est la prérogative du Père. Toutefois, Il pouvait activer ces pouvoirs à volonté, pour connaître les pensées des gens par exemple.

    Mais Jésus n'a jamais abandonné des attributs divins absolus comme Sa grâce, Sa miséricorde et Sa bonté parfaites, etc. Encore une fois, c'est pour ça qu'Il était impeccable.

    Les instructions angéliques

    Lorsque le bon moment arriva (Gal. 4:4), Dieu envoya l'ange Gabriel à une jeune femme nommée Marie, qui vivait à Nazareth, pour lui dire qu'elle aurait un enfant et qu'elle l'appellerait Jésus (Lc. 1:26-33). Marie fut très surprise, car elle n'était pas encore mariée, et en fait elle était vierge. Mais Gabriel lui dit : "Le Saint-Esprit viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra sera appelé Fils de Dieu" (Lc. 1:35). Comme nous l'avons déjà vu, une des raisons pour cela est que quand Jésus est venu au monde, non seulement Il était humain, mais Il était aussi Dieu incarné.

    Le fiancé de Marie, Joseph, était bien embêté : personne ne croirait à l'histoire de Marie frown, et si sa grossesse s'ébruitait, c'était la lapidation assurée, alors comme Joseph était quelqu'un de bien, il avait envisagé de se séparer d'elle pour ne pas lui faire de tort. Mais Gabriel lui est apparu en songe et lui a dit : "Joseph, descendant de David, n’aie pas peur de prendre Marie pour femme, car l'enfant qu’elle porte vient du Saint-Esprit. Elle mettra au monde un fils et tu lui donneras le nom de Jésus car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés." (Mt. 1:20-22).

    Le nom "Jésus" est la forme francisée de Iesous (Ἰησοῦς), qui est la forme grecque du nom hébreu Yeshua, un diminutif de Yehoshua (יְהוֹשׁ֫וּעַ), qui est la combinaison du nom de Dieu YHWH (יהוה, Yahweh), et d'une forme du verbe hébreu yasha (ישע), qui veut dire "sauver", "délivrer" ou "secourir". Le nom de Jésus veut donc dire "Dieu Sauveur". Quant au mot Christ, ce n'est pas le nom de famille de Jésus mais son titre : il vient du grec Christos (Χριστός), qui est l'équivalent grec de l'hébreu Mashiach (משיח), qu'on traduit généralement par "Messie", et qui veut dire "oint" :dans l'Ancien Testament, quand une personne était consacrée pour une tâche précise, comme la royauté ou la prêtrise, elle était ointe ; on peut donc traduire "Christ" par "Élu" ou "Consacré". Jésus Christ est donc Jésus l'Oint, ou, pour être plus précis, Jésus l'Élu ou Jésus le Consacré.

    César Auguste a accompli une prophétie de l'Ancien Testament

    Jésus est né à Bethléem au moment voulu par Dieu, en accord avec la prophétie en Mic. 5:2. Cela est arrivé parce que l'empereur romain César Auguste voulait faire un recensement et tout le monde dans l'empire romain devait rejoindre sa ville d'origine pour y être recensé (Lc. 2:1-7). La structure du grec dans lequel ce passage fut écrit donne à penser que ce recensement a eu lieu avant celui sous le gouverneur Quirinius (Ac. 5:37). Nous voyons encore ici comment Dieu, dans Son omnipotence, se débrouille pour tout faire contribuer au bien de ceux qui L'aiment (Rom. 8:28) cool !

    Joseph a donc dû entreprendre le long voyage de Nazareth à Bethléem (110 km) en emmenant Marie (dont la grossesse ne devait pas encore être bien avancée) avec lui. C'est une fois là-bas que Marie accoucha de Jésus (Lc. 2:1-7).


    L'adoration des bergers, telle que représentée par le peintre de l'âge d'or hollandais Gerard van Honthorst en 1622.

    Les toutes 1ères personnes auxquelles Dieu annonça cet évènement furent des bergers du coin. Un ange vint leur dire que l'Élu de Dieu venait juste de naître. À ce moment, la gloire de Dieu éclata autour d'eux et une grande compagnie d'anges apparut pour louer Dieu (Lc. 2:8-14). Les bergers allèrent donc à l'endroit indiqué par les anges, y trouvèrent Marie qui venait d'accoucher et rendirent hommage au nourrisson, ce qui ne laissa pas d'impressionner Marie durablement (Lc. 2:19).

    Les mages

    Un an ou 2 plus tard, des "mages" (du grec μάγοι, magoi) d'un autre pays à l'est ont aperçu un nouveau point lumineux étrange dans le ciel. La tradition veut qu'ils aient été des rois et qu'ils aient précisément été 3 (parce qu'ils ont présenté 3 sortes de cadeaux à Jésus), mais il n'y a rien dans ce sens dans la Bible. En fait, ils devaient former une compagnie passablement nombreuse puisqu'ils étaient de toute évidence riches et ils venaient de loin. Ils devaient donc avoir avec eux des gens pour les protéger, porter leurs provisions, préparer leur repas et les servir d'une manière générale.
    De la même manière, certains s'offusquent de ce qu'on les ait appelé des mages, mais ce n'est là qu'un terme de l'époque pour désigner ce que l'on appelle communément aujourd'hui des savants.

    Ces mages devaient sans doute avoir hérité du savoir biblique que Daniel (qui était resté à Babylone après le retour de déportation des Juifs) avait légué. Ils ont compris que ce nouvel astre était un astre spécial qui annonçait l'avènement d'un nouveau roi, et ils ont donc entrepris le voyage pour aller lui rendre hommage. Une fois arrivés à Jérusalem, ils allèrent au palais du roi Hérode, pensant qu'un nouveau roi devrait logiquement se trouver là. Hérode fut pris au dépourvu. Il fit demander aux notables juifs l'endroit où le Christ devait naître, et ceux-ci lui répondirent que ça devait être à Bethléem (Mt. 2:1-6). Les mages se mirent donc en chemin.

    L'astre les mena à la maison de Bethléem où se trouvait le bébé. Des étoiles, une conjonction de planètes ou une comète ne bougent pas comme ça normalement, et à tous les coups n'illuminent pas une maison en particulier. Il est donc plus probable que cette lumière ait été la gloire de Dieu, parfois appelée Shekinah, une visitation de la présence de Dieu. Ça devait être cette gloire de Dieu même qui est apparue aux bergers.

    Lorsqu'ils trouvèrent l'enfant Jésus, ils L'adorèrent et Lui offrirent des cadeaux coûteux : de l'or, symbole de la royauté de Jésus, de l'encens, utilisé par les prêtres pour le culte rendu à Dieu et représentant un hommage à Jésus en tant que Dieu, et de la myrrhe, qui, comme on l'a vu dans l'épisode précédent, est une huile utilisée pour embaumer les morts avant l'enterrement, et qui était donc un symbole de la souffrance et de la mort à venir de Jésus.

    Par la suite, un ange de Dieu prévint en rêve les mages de ne pas revenir vers Hérode, et les mages prirent un autre chemin pour rentrer. Hérode, lorsqu'il se vit dupé, dans sa rage meurtrière, fit assassiner tous les enfants de 2 ans ou moins pour s'assurer de tuer ce nouveau rival qu'était Jésus. Heureusement, un ange de Dieu avait déjà prévenu Joseph en rêve de fuir en Égypte avec sa femme et Jésus (Mt. 2:7-12). L'or qu'ils ont reçu des mages devait être la manière dont Dieu a pourvu à leurs besoins et dépenses jusqu'à ce qu'ils puissent retourner à Nazareth après la mort d'Hérode cool.

    La "tête" et le "talon" de Gen. 3:15

    Je mettrai l'hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance: celle-ci t'écrasera la tête et tu lui blesseras le talon.

    C'est un mystère insondable pour nous, pauvres créatures pécheresses, que le Dieu Créateur (Col. 1:16) soit devenu chair (Jn. 1:14), pour que, en tant qu'Homme parfait, Il puisse devenir "péché pour nous" (2 Cor. 5:21) en mourant sur une croix pour souffrir à notre place la peine que nous méritions à cause de nos péchés oh. Mais, comme Jésus est le Créateur infini, Il a le pouvoir ultime, ce qui lui a permis de ressusciter, vainquant ainsi la Malédiction de la Chute.

    "Écraser la tête du serpent" consiste en le coup mortel que Satan a reçu lorsqu'il fut vaincu par Christ à la croix du Calvaire. Il est déjà vaincu yes. Ses agissements sont désormais comme ceux des groupes de nazis qui continuaient leurs exactions après le débarquement allié : ils pouvaient encore faire du dégat et tuer du monde, mais ils ne pouvaient plus gagner.

    Jésus est venu pour ôter le péché et conquérir le pouvoir de l'enfer, qui est la mort cool.

    Comment se saper comme jamais ?

    Nous en avons discuté dans l'épisode précédent : lorsqu'Adam et Ève ont péché, leur justice a disparu et il n'est plus resté que la honte de leur nudité. Seul Dieu pouvait les habiller correctement, et il en va de même pour nous leurs descendants : Dieu seul peut nous revêtir de justice. Alors, comment obtenir ces vêtements de justice ?

    "Si tu reconnais publiquement de ta bouche que Jésus est le Seigneur et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité, tu seras sauvé." (Rom. 10:9)

    Quand nous reconnaissons que nous sommes pécheurs devant Dieu, que nous nous repentons de nos péchés et que nous confessons le Seigneur Jésus, reconnaissant qu'Il est mort et ressuscité d'entre les morts, nous recevons le don gratuit du salut de notre Créateur et nous passerons l'éternité avec Lui cool.

    Les 2 Adam

    Il est intéressant de faire le parallèle entre eux.

    Le 1er Adam a transmis la vie physique à ses descendants. Le dernier Adam, Jésus Christ, transmet une vie spirituelle et une lumière destinée à tous les hommes (Jn. 1:4). Il donne la vie éternelle à ceux qui Le reçoivent - qui croient en Son nom -, leur donnant "le droit de devenir enfants de Dieu (Jn. 1:12)."

    Le 1er Adam a subi le jugement de Dieu. Il a fini par mourir et son corps est retourné à la poussière (Gen. 3:19). À cause de son péché, la mort est venue sur tous les hommes. "tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu" (Rom. 3:23).

    Le dernier Adam, Jésus Christ, a aussi subi le jugement de Dieu, pas pour Ses propres péchés (inexistants), mais pour les péchés de tous les humains : Il est mort sur la croix pour faire propitiation pour le péché (Es. 53:5 ; 1 Pi. 3:18 ; Héb. 2:8). Mais Il n'est pas resté mort, et Son corps n'a pas "connu la décomposition" (Ac. 2:27 ; 13:35-37). Le 3e jour, Il s'est relevé d'entre les morts, vainquant ainsi la puissance du diable et le pouvoir de la mort pour tous ceux qui veulent bien croire en Lui (Héb. 2:14), et amenant ainsi la résurrection (1 Cor. 15:22-23).

    Tel est le message du nourrisson de Bethléem. Il commence avec la Création d'un monde parfait, puis, à cause de notre péché en Adam, mène à notre besoin d'un Sauveur, qui est la raison pour laquelle Jésus est apparu dans l'histoire il y a quelque 2 000 ans.

    Qu'arrive-t-il à Noël ?

    Je ne parle pas ici du barouf interplanétaire qui à lieu tous les Noëls dans Doctor Who tongue, ni même des intentions des djihadistes de gâcher Noël. Je parle de la volonté de plus en plus de monde en Occident (pas seulement de l'élite) de supprimer Noël de notre culture, ce que j'ai d'ailleurs illustré au début de l'épisode précédent.

    Dans le monde entier, des générations de jeunes ont reçu une éducation basée sur une idée évolutionniste de nos origines, que ce soit à l'école, à l'université ou dans les médias.

    Malheureusement, ils sont endoctrinés dans l'idée que le récit de la Genèse sur le 1er Adam et l'entrée du péché dans le monde n'est pas vrai. Cela les pousse logiquement à rejeter la véracité du dernier Adam, Jésus Christ cry.

    Si le récit de la Genèse sur nos origines n'est pas vrai, et que de ce fait la naissance de Jésus n'ait aucune importance, pourquoi devrait-on permettre les crèches de Noël à l'école ou dans les lieux publics ? Ce n'est pas un hasard si, là où on chantait naguère "Minuit, chrétiens" en cette saison, on a plus tendance à chanter "All I want for Christmas is you" désormais beurk.

    L'effritement du christianisme dans notre société est directement liée à cette attaque envers la véracité de la Genèse et l'endoctrinement grandissant dans une fausse cosmogonie qui envahit tous les aspects de notre culture : comme quoi l'homme serait le produit de millions d'années de processus évolutionnistes aveugles, aléatoires, cruels et dispendieux beurk.

    À l'opposé, l'évènement que nous fêtons à Noël est un message d'espoir et de joie qui va bien au-delà de la saison de Noël : le message des 2 Adam, le sens de la vie entière yes. Mais si nous voulons que les gens comprennent ce message soit compris, nous devons nous assurer de montrer clairement que le récit de la Genèse est véridique, sinon ils ne comprendront pas et ne voudront pas comprendre le message du nourrisson de Bethléem.

    Récapitulons

    La rébellion de notre ancêtre primordial, Adam, envers le commandement de Dieu a amené la mort, la souffrance et la séparation d'avec Dieu dans ce monde. Nous en voyons les résultats chaque jour tout autour de nous. Tous les descendants d'Adam sont pécheurs depuis la conception (Ps. 51:5), et donc en état de rebellion permanente envers Dieu. Ils ne peuvent donc pas vivre avec un Dieu saint, mais sont condamnés à une séparation éternelle d'avec Dieu. "Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu" (Rom. 3:23), et tous sont voués à "une ruine éternelle, loin de la présence du Seigneur et de la gloire de sa force" (2 Th. 1:9).

    Mais gloire à Dieu : Celui-Ci n'a pas laissé les choses se passer comme ça : "En effet, Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle." (Jn. 3:16).

    Jésus Christ le Créateur, bien qu'entièrement impeccable, a souffert à la place des humains la peine que réclamaient les péchés des humains, pour satisfaire aux justes exigences de la sainteté et de la justice de Dieu le Père. Jésus était le sacrifice parfait ; il est mort crucifié, mais au 3e jour, Il ressuscita, conquérant ainsi la mort, pour que tous ceux qui croient sincèrement en Lui, se repentent et Lui font confiance pour leur salut (plutôt que de se fier à leurs seuls mérites) puissent revenir à Dieu et passer l'éternité avec leur Créateur bien-aimé.

    Et c'est ainsi que "Celui qui croit en lui n'est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu." (Jn. 3:18).

    Alors, n'est-Il pas un Sauveur merveilleux, le nourrisson de Bethléem yes ? N'est-il pas merveilleux, le salut qu'on peut obtenir en Christ cool ?


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  • De la Genèse à la Résurrection

    À Pâques, de nombreux chrétiens dans le monde, moi y compris, fêtent la Résurrection de "notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ" (https://biblia.com/books/lsg/Tt2.13 version Ostervald). Pour nous, c'est la plus importante date du calendrier chrétien. La doctrine de la mort du Christ sur la Croix du Calvaire et de Sa Résurrection triomphale est parmi les plus importantes du christianisme, sans elle, nous n'avons aucun espoir d'être sauvés de nos péchés (1 Cor. 15:12-18).

    La culture païenne du Ier siècle n'acceptait en aucun cas l'idée d'une résurrection physique, et les non-chhrétiens d'aujourd'hui sont tout aussi imperméables à l'idée, élaborant même des théories grotesques où, par exemple, Jésus n'aurait pas été réellement mort lorsqu'Il fut mis au tombeau, pour expliquer qu'on L'ait vu vivant 3 jours après. Ou alors ils prétendent que la Résurrection était "purement spirituelle", que c'était une hallucination ou une vision, mais à tous les coups, certainement pas une manifestation phyisque.

    Mais les anciens avaient un langage bien précis pour les esprits et les fantômes, et en fait ça serait beaucoup mieux passé dans la culture gréco-romaine. Mais quand les Apôtres disaient que Jésus était ressuscité, ils voulaient bien dire qu'Il était ressuscité avec un corps physique.

    Pour quelle raison, vous demandez-vous peut-être, fêtons-nous Pâques ? Pour la comprendre, il faut connaître le message de la Création : la grande fresque d'une Création trés bonne (Gen. 1:31) au départ, gâchée par la rébellion de l'humanité mais bientôt restaurée par le sacrifice consentant de notre grand Créateur et Sauveur.

    Le message de la Création

    Bien que beaucoup de chrétiens considèrent la Création comme une question secondaire, voire comme une question juste bonne pour les tarés no, quand on comprend vraiment le message chrétien, on comprend que la foi chrétienne gravite autour de la Création, qui en est un élément indispensable et fondamental, sans lequel le christianisme fait naufrage dans l'illogisme.

    Une bonne façon de faire consiste à considérer la Création comme étant la "grande fresque" qui répond aux questions les plus importantes : Qui nous a créés ? Qui est Dieu ? Qu'attend-Il de chacun de nous ? Qu'est-ce que le péché ? Quelle en est la rétribution ?

    Voici à quoi ressemble la "grande fresque" du christianisme : pour refléter Sa nature, le Dieu transcendent et omniscient Créateur de toutes choses a créé un Univers initialement "très bon", sans mort ni violence ni souffrance ni effusion de sang. Mais l'humanité, créée à l'image même de Dieu, rejeta Son autorité, et toute la Création, que Dieu avait assujetie à l'homme, dut en souffrir la peine. Désormais, toutes choses (l'humanité, les animaux, les végétaux) souffrent désespérément sous "la servitude de la corruption" (Ro. 8:21). "Le salaire du péché, c’est la mort" (Ro. 6:23).

    Et pourtant, le Créateur Lui-Même est entré gracieusement dans Sa propre Création sous les traits d'un Homme, le Christ Jésus, pour vivre une vie sans péché (et donc ne pas avoir de péché à expier), mourir d'une mort expiatoire, faisant complètement propitiation pour les péchés de l'humanité et satisfaisant ainsi à la justice de Dieu. Lorsqu'Il était sur la croix, au moment où notre dette fut payée entièrement, Il remit Son esprit à Dieu. Seul le Créateur pouvait accomplir une chose pareille oh !

    Après 3 jours dans la tombe, Jésus choisit de revenir dans Son corps sans vie, accomplissant ainsi Sa victoire sur la mort et le péché et nous offrant la vie éternelle si seulement nous voulons bien Lui faire confiance et croire que Sa mort et Sa Résurrection ont épuré la dette de notre péché.

    Le monde actuel, complètement décrépit à cause du péché, sera un jour remplacé par "de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera" (2 Pi. 3:13) yes. Le Créateur accomplira enfin ce qu'Il a planifié depuis avant même d'avoir créé le monde en réponse à la rébellion de l'humanité.
    Force est donc de constater que la vérité de la Création se retrouve en filigrane de tout le message de la foi chrétienne.

    Mais quid du message de la théorie de l'évolution, ainsi que de ses compagnons de chambrée (l'évolutionnisme théiste, le restitutionnisme, le créationnisme progressif, la Framework Hypothesis, etc.), qui, tous, prétendent que la mort a dominé le monde d'innombrables millions d'années avant l'époque des humains, elle ne peut donc pas être le résultat du péché de l'humanité. Cela signifierait donc que la mort du Christ sur la croix pour nous sauver de nos péchés n'a servi à rien.
    Il est bien sûr hors de question, dans la grande fresque biblique, que le nouvel Univers à venir (Ap. 21-22) inclue de nouveau le principe de la loi du plus fort et de la lutte pour la survie des plus adaptés (Es. 11:6-9) qui aurait prévalu pendant d'inconcevables éons selon les théories citées plus haut no. Tout point de vue qui place la mort et la souffrance avant Adam réduit la croix du Calvaire en copeaux.

    L'historicité de la Résurrection du Christ

    Comme je le dis toujours, il est important de définir les termes, et en l'occurrence, il s'agit de définir ce qu'on entend par "évènement historique" quand on qualifie la Résurrection de Jésus Christ d'évènement historique. En effet, les érudits incroyants aiment à trafiquer le sens du mot "historique" pour tâcher de faire de la Résurrection un évènement non-historique.

    La définition la plus simple qu'on puisse en donner est qu'un évènement historique est quelque chose qui est bel et bien arrivé, que ce soit important au niveau de l'histoire du monde ou pas, qu'il y en ait des traces écrites ou un témoin ou pas. Ce qui est sujet à dispute, c'est plutôt de savoir si la Résurrection est historique dans le sens d'être un évènement prouvable. Ceux qui ne croient pas en la Résurrection postulent parfois que tout ce dont nous disposons à ce sujet sont les Évangiles, qui furent écrits des décennies après, et en plus ils ne décrivent même pas le moment même de la Résurrection. D'après eux, la mythologie a pris le pas pendant ces décennies (alors là, ça a vraiment été rapide happy !) et la disparition du corps fut expliquée par une résurrection. Cette idée est bien entendue intenable, comme nous allons le voir.

    La plus ancienne preuve

    Quoique les récits de la Résurrection du Christ contenus dans les Évangiles en soient les preuves les plus connues, ce ne sont pas les plus anciennes. Cet honneur revient à 1 Thessaloniciens, une des 1ères Épîtres de Paul, qui fut écrite vers l'an 501. Cela prouve qu'une vingtaine d'années après la mort du Christ, il existait un groupe de personnes qui croyait fermement que Jésus Christ était ressuscité, et qui ont bâti une bonne partie de leur théologie sur ce fait. Une telle théologisation ne se fait pas en un clin d'œil.
    Or, les Évangiles, bien qu'ils aient été couchés par écrit des décennies après les évènements (qui datent d'entre 30 et 33), remontent à des traditions orales primitives et/ou des souvenirs personnels (cela n'exclut bien sûr pas l'inspiration par le Saint Esprit : Jn. 14:26 ; 2 Ti. 3:15-17 ; 2 Pi. 1:20-21). Et une grande partie de la théologisation qui compose les Épîtres de Paul est absente de cette tradition, ce qui nous permet d'affirmer qu'elle remonte à des sources très proches des évènements temporellement parlant et qui sont fidèles à ces-derniers2.

    Les Évangiles : contradictoires ?

    Les récits de la Résurrection de Jésus Christ dans les Évangiles canoniques (qui furent couchés par écrit entre 67 et 85)3 sont souvent critiqués pour être censément contradictoires (la composition du groupe de femmes qui est allé à la tombe de Jésus après le sabbat, le nombre d'anges présents, etc.), mais en fait, ces "contradictions" ne sont rien de plus que ce à quoi nous pouvons raisonnablement nous attendre de n'importe quel quatuor de récits racontant un évènement postérieur de plusieurs décennies. En fait, la plupart de ces choses ne sont même pas des contradictions puisqu'elles ne sont pas mutuellement exclusives (ces détracteurs ne sont visiblement pas très forts en logique happy...) : par exemple, un des récits n'a mentionné que l'ange qui a parlé alors qu'un autre mentionne les 2 anges. Si un récit avait mentionné qu'il n'y avait qu'un seul ange tandis qu'un autre en aurait mentionné 2, , il y aurait eu une contradiction.

    Il est tout à fait normal que les rédacteurs des Évangiles aient eu des détails différents, voire contradictoires en apparence, en mémoire au moment de la rédaction. Ce qui n'est pas normal, c'est de prétendre que parce que différentes femmes sont mentionnées dans les différents récits, la Résurrection est un canular...

    L'Église primitive

    Ce qui est sans doute la meilleure preuve de la Résurrection du Christ est indirect : la Résurrection est la seule explication possible d'évènements qui seraient incompréhensibles autrement. Primo, d'une bande de pauvres types se terrant dans une chambre haute comme des lapins dans leur trou, les disciples sont devenus après un peu plus d'un mois des prédicateurs de la Résurrection du Christ si hardis qu'ils ne se sont pas rétractés sous la menace de l'exécution. En vérité, 10 Apôtres sur les 12 sont morts en martyrs, d'une mort souvent atroce, seul Jean a eu le privilège insigne de mourir de vieillesse, et les 1ers chrétiens ont subi plusieurs périodes différentes de persécution, et au niveau local et au niveau national. On peut toujours prétendre qu'ils ont halluciné (encore qu'on n'hallucine pas sur les choses qu'on ne s'attend pas à voir se produire, et les disciples ne s'attendaient pas à ce que Jésus ressuscite) mais prétendre qu'ils sont morts pour ce qu'ils savaient être faux, c'est prendre les gens pour des cakes no...

    Secundo, une résurrection physique était sans doute une des manières les plus improbables qu'aurait eu un Juif du Ier siècle d'expliquer la disparition d'un corps d'une tombe. Certes, ils avaient différentes croyances sur la résurrection des morts ; certains y croyaient, d'autres pas (notamment les Saducéens, cf. Mat. 22:23), et d'autres encore croyaient que tout le monde ne serait pas ressuscité, seulement les justes, en tout cas ceux qui y croyaient pensaient que ça arriverait à toutes les personnes concernées à la fois, et seulement à la fin des temps (cf. Jn. 11:24). Toutefois, aucune branche du judaïsme ne postulait qu'une personne serait ressuscitée avant toutes les autres ; c'est sans doute pour ça que les disciples n'ont rien compris shocked quand Jésus leur a parlé de Sa Résurrection dans un futur proche.

    Implications de la Résurrection du Christ pour Ses fidèles

    Il y a des preuves que, dès le début du mouvement chrétien, la Résurrection du Christ a été utilisée pour expliquer ce qui arriverait à Ses fidèles à la résurrection des morts. En 1 Th. 4:13-18, Paul donne le plus ancien exemple de théologie de la résurrection : "nous croyons que Jésus est mort, puis ressuscité, nous croyons donc que Dieu amènera à Jésus ceux qui sont morts en croyant en Lui". Sa Résurrection est donc la base sur laquelle nous croyons en la résurrection de ceux qui croient en Lui à Son retour. Ph. 3:20-21 affirme clairement que nos corps ressuscités seront exactement semblables à celui de Jésus.

    Christ est les prémisses de la résurrection des morts et le dernier Adam

    Les plus importants développements par Paul de sa théologie sur la résurrection des croyants sont en 1 Cor. 15 (écrit en 53-544) et Ro. 5:12-21 (écrit en 57-585). Dans le 1er, nous trouvons pour la 1ère fois la raison pour laquelle les chrétiens peuvent s'attendre raisonnablement à être ressuscités en vertu de la Résurrection de Jésus Christ ; Jésus est "les prémisses" de la résurrection des croyants, une garantie que ceux qui sont sous Lui seront aussi ressuscités à Son retour (1 Cor. 15:23).

    En gros, l'argument de Paul est qu'il y a deux "chefs" ultimes de l'humanité : Adam et Christ. Le péché d'Adam fait de nous des pécheurs de nature, mais le sacrifice de Jésus a fait en sorte que nos péchés soient mis sur Son compte (Es. 53:6), et Sa vie parfaite a fait en sorte que Sa justice soit mise sur le compte de tous ceux qui croient en Lui (2 Cor. 5:21). Tous les humains sont sous l'un d'eux, et les actions de leur "chef" déterminent leur statut devant Dieu. C'est très difficile à comprendre pour un Occidental moderne car la culture occidentale est très individualiste, mais à l'époque du Nouveau Testament, et aussi dans la plupart des cultures d'aujourd'hui (pas trop acculturées par l'"American way of life"), on pensait et pense en termes collectifs, et un lecteur du Ier siècle aurait facilement compris. En clair, les actions d'une personne affectent tout le groupe, surtout si la personne en question est le chef. Et si un châtiment conjoint est injuste (pour autant que ce mot veuille dire quoi que ce soit pour un athée...), alors une rédemption conjointe aussi.

    Douglas J. Moo
    Douglas Moo (1950-)

    "Paul insiste sur le fait que les humains ont bel et bien été "faits" pécheurs par l'acte de désobéissance d'Adam tout comme ils ont bel et bien été "rendus justes" par l'obéissance du Christ. ... Être juste ne signifie pas être moralement droit, mais être acquitté, dégagé de toutes les charges, par le jugement céleste. Par l'acte d'obéissance du Christ, les humains sont devenus vraiment justes ; mais le terme de "justice" lui-même est un terme juridique, et non pas moral, dans ce contexte."6

    Paul appelle Jésus "le dernier Adam", parce que la relation de l'humanité avec Adam est la seule qui ressemble un tant soit peu à la relation des chrétiens avec le Christ. Et encore, quand Paul parle d'eux, c'est pour mettre en évidence le contraste ; la seule similarité qu'il mentionne est qu'ils sont tous les 2 des "chefs" de l'humanité dont les actions sont lourdes de conséquences pour ceux qui sont sous eux7. C'est cette similarité qui sert de point de départ au contraste en question8.

    Il y a plusieurs points importants de contraste que Paul met en évidence dans les 2 passages-clés et sur lesquels il convient de mettre l'accent :

    1. Les effets du péché d'Adam sont universels ; l'obéissance et le sacrifice de Christ ne prennent effet que pour ceux qui croient en Lui (c.-à-d. "ceux qui reçoivent" (Ro. 5:17).
    2. L'action du Christ est infiniment meilleure que celle d'Adam. La désobéissance d'Adam a eu lieu alors que l'humanité était moralement "neutre" et l'a rendue moralement mauvaise, elle a résulté en la mort physique et en la séparation spirituelle d'avec Dieu de tous ses descendants, autrement dit tous les humains. Par contre, la vie d'obéissance et le sacrifice désintéressé du Christ ont eu lieu alors que l'humanité était moralement mauvaise et nous rend moralement "bons" (Ro. 5:16).
    3. Le Christ Lui-Même est infiniment meilleur que l'était Adam, même avant la Chute, car, si Adam a reçu la vie de Dieu, Christ a le pouvoir et l'autorité de faire venir Sa nouvelle humanité à l'existence (1 Cor. 15:45)9.

    Le 1er homme, Adam : une figure historique

    Cette comparaison est absolument essentielle à l'argumentation de Paul, et à sa théologie de la Résurrection en général. Pour qu'elle tienne, il faut bien qu'Adam et Christ soient tous les 2 des personnages historiques, et non mythiques. Plus précisément, il faut bien qu'Adam soit l'ancêtre de tous les humains pour de vrai, et que ce soit bel et bien son péché qui ait causé l'introduction de la mort dans le monde et l'aliénation de l'humanité d'avec Dieu, de la même manière que la vie d'obéissance à Dieu et la mort expiatoire du Christ nous a bel et bien réconcilié avec Dieu et payé la dette de notre péché de manière unique.

    Charles Kingsley Barrett
    C. K. Barrett (1917-2011)

    Certains prétendent que l'historicité d'Adam n'est pas indispensable à la foi chrétienne. Le théologien britannique C. K. Barrett est typique de ce point de vue :
    "Le péché et la mort, que Paul fait remonter à Adam, sont une description de l'humanité telle qu'elle est empiriquement. Pour cette raison, l'historicité d'Adam est sans importance. Il est impossible d'en tirer la conclusion parallèle que l'historicité du Christ est également sans importance. La signification du Christ est celle d'un empiètement sur une séquence historique de péché et de mort. Le péché et la mort (pour changer la métaphore) sont maîtres du terrain, et s'ils doivent en être chassés, ce doit être par l'arrivée de nouvelles forces qui font changer les mouches d'âne, c'est-à-dire, par un nouvel événement. Comme Paul le savait, cet événement était arrivé très récemment, et son caractère d'événement historique ne soulevait aucun doute ou problème dans son esprit. Cette observation ne vise pas à une défense des récits évangéliques en tant que documents historiques ; ils sont entièrement ouverts aux questionnements et se doivent d'être défendus pour eux-mêmes. Mais si mythologique que soit la figure du "second Adam" ou de l'homme céleste, le mythe a été historicisé par Paul, non seulement parce qu'il était conscient que Jésus était un personnage historique, mais parce qu'une personne historique était nécessaire pour l'argument théologique."10

    Le problème avec ce genre d'argument, c'est qu'il faudrait que la nature pécheresse et la mortalité soient l'état originel de l'humanité pour qu'il tienne debout. Or, ce n'est pas le cas : tout l'argument de Paul repose sur le fait que ces 2 entités sont des intruses qui sont arrivées sur le terrain au moment du péché d'Adam. C'est pour cela qu'il fallait la vie d'obéissance et le sacrifice expiatoire de Jésus Christ pour renverser la domination du péché et de la mort11. S'il faut que Jésus soit un personnage historique, alors il en va de même pour Adam. C'est parce que Jésus et Son sacrifice sont historiques que nous serons libérés complètement du pouvoir du péché et de la mort à la Résurrection. Mais si Adam, lui, n'est pas historique, pourquoi le monde est-il sous le pouvoir du péché et de la mort à la base ? Si la mort a toujours fait partie de l'ordre des choses, de ce que Dieu a qualifié de "très bon", il n'est pas possible que la mort puisse être appelée "le dernier ennemi" (1 Cor. 15:26). Même Barrett doit bien admettre que Paul traite Adam comme une figure historique12.

    Conclusion

    Si Adam n'est pas historique, l'Évangile est un château de cartes sans fondations. Oui, un chrétien peut être sauvé sans croire que les 1ers chapitres de la Genèse relatent des évènements historiques, ce fut mon cas pendant 3 ans après être venu à Christ. Toutefois, une telle position ne procure aucune fondation solide aux chrétiens attaqués et ridiculisés dans leur foi par les athées, les musulmans, les chrétiens du dimanche, voire les camarades d'université, les collègues, etc. En effet, ces chapitres préparent le terrain pour tout ce qui suit, jusqu'à Ap. 22:21). L'Évangile a ses fondations dans la Genèse, sans quoi nous n'avons aucune explication pour l'origine de tout ce de quoi le Seigneur est venu nous sauver. La Résurrection de Jésus Christ marque l'aube de ce qui est littéralement une "nouvelle humanité" sous Lui, mais si notre nature pécheresse ne vient pas d'un chef de l'humanité pécheur, à savoir le 1er Adam, alors nous ne pouvons pas être justifiés sous le dernier Adam, Jésus Christ. Ces 2-là sont inextricablement liés au niveau logique, comme Paul l'a réalisé.

    1. Bruce, F. F., "1 & 2 Thessalonians", Word Biblical Commentary, p. xxi, 1982. Revenir au texte.
    2. Wright, N. T., "Surprised by Hope: Rethinking Heaven, the Resurrection, and the Mission of the Church", p. 56, 2008. Revenir au texte.
    3. Cf. Guelich, R., "Mark 1–8:26", Word Biblical Commentary, p. xxxi, 1989, et Carson, D., "The Gospel According to John", The Pillar New Testament Commentary, p. 86, 1991. Revenir au texte.
    4. Witherington, B., "Conflict and Community in Corinth: A Socio-Rhetorical Commentary on 1 and 2 Corinthians", p. 73, 1995. Revenir au texte.
    5. Osborne, G., "Romans", p. 14, 2004. Revenir au texte.
    6. Moo, D., "The Epistle to the Romans", p. 345, New International Commentary on the New Testament (NICNT), 1996. Revenir au texte.
    7. Witherington, B., "Paul’s Letter to the Romans: A Socio-Rhetorical Commentary", pp. 146–147, 2004. Revenir au texte.
    8. Murray, J., "The Epistle to the Romans: The English Text with Introduction, Exposition, and Notes" 1:192, 1965. Revenir au texte.
    9. Anthony Thiselton, "The First Epistle to the Corinthians: A Commentary on the Greek Text", 1983. Revenir au texte.
    10. Barrett, C. K., "The First Epistle to the Corinthians", Black’s New Testament Commentary, p. 353. Revenir au texte.
    11. Fee, G., "The First Epistle to the Corinthians", p. 752. Revenir au texte.
    12. Barrett, C. K., "The First Epistle to the Corinthians", Black’s New Testament Commentary, p. 352. Revenir au texte.

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  • Remettons les cloches de Pâques à l'heure

    Beaucoup de personnes se font de fausses idées sur Pâques. La première est bien entendu que de prétendues contradictions au sujet de la chronologie de la Résurrection indiqueraient que celle-ci n'a pas eu lieu. La seconde est que la date de Pâques serait d'origine païenne. La troisième est qu'il ne faudrait pas fêter Pâques parce que les symboles qui lui sont traditionnellement associés sont d'origine païenne. Le but de ce long article sera d'examiner chacune de ces idées pour améliorer notre compréhension de ces questions et nous permettre de nous repentir de ce qui est erroné et accepter ce qui est correct.

    Quand la Cène a-t-elle eu lieu ?

    Plusieurs personnes ont attaqué la crédibilité des Évangiles en mettant en évidence plusieurs difficultés chronologiques où l'Évangile de Jean semble dire des choses différentes des Évangiles synoptiques. Beaucoup de gens ont tenté d'harmoniser les récits des 4 Évangiles depuis Tatien, théologien assyrien du IIe siècle, et son "Diatesseron" (le 1er ouvrage connu qui ait tenté de synthétiser les récits des Évangiles en un seul récit dans l'ordre chronologique). Un scientifique a déclaré en 2011 avoir déterminé la date exacte de la Cène sur la base de recherches historiques, astronomiques et bibliques. Selon lui, elle aurait eu lieu le mercredi 1er avril de l'an 33 (Jésus ne nous a pas fait de poisson d'avril happy), ce serait une preuve qu'il faudrait en fixer la fête le 1er dimanche d'avril. Encore selon lui, Matthieu, Marc et Luc suivaient un vieux calendrier adopté par les Juifs à l'époque de Moïse tandis que Jean suivait le calendrier lunaire officiel.

    Annie Jaubert
    Annie Jaubert

    Toutefois, cette interprétation est loin d'être nouvelle, elle a été promue en particulier par Annie Jaubert il y a environ un demi-siècle dans son livre intitulé "La date de la Cène", et adoptée par différents commentateurs au cours des ans. Mais cette explication est alambiquée et n'est supportée par aucune preuve. De plus, elle n'est pas nécessaire, car une lecture bien informée du texte suffit à faire s'envoler l'idée d'une contradiction chronologique sans avoir à recourir à d'hypothétiques différences de calendrier.

    Il y a 7 endroits dans le récit de la Cène et de la Passion où l'Évangile de Jean semble différer des synoptiques. Plusieurs spécialistes ont tenté avec plus ou moins de bonheur de les harmoniser. Mais si on lit en tenant compte du contexte du Ier siècle, on s'aperçoit qu'il n'est pas besoin d'avoir recours à des explications alambiquées pour ce faire.

    Les textes à "problèmes"

    Jn. 13:1 dit ; " Avant la fête de Pâque". C'est un problème si on le voit comme faisant référence à Jn. 13-17, mais le problème disparaît si on le considère comme faisant uniquement référence au lavage de pieds1 : il ne faisait pas encore nuit lorsqu'ils ont mis la table, puis Jésus leur a lavé les pieds avant de passer à table. La nuit est tombée entretemps, ce qui, dans la culture juive, était (et est toujours) synonyme de changement de jour : c'était le jour de la Pâque.

    Le verset suivant a une variante textuelle consistant en une simple lettre, mais qui suffit à modifier la manière dont le texte est traduit. Certains textes disent "ginomenou" (γινομένου, présent) et d'autres "genomenou" (γενομένου, aoriste). Ce sont 2 formes différentes du même mot, "ginomai" (γίνομαι, devenir), mais si c'est au présent ("deipnou ginomenou", δείπνου γινομένου), il faut traduire par "pendant le souper", comme la plupart des versions francophones, alors que si c'est à l'aoriste ("deipnou genomenou", δείπνου γενομένου), il faut traduire par "et après le souper", comme le fait la version Martin, toutefois, ça peut tout à fait être interprété comme un aoriste ingressif, auquel cas il faudrait lire "une fois le souper servi". Il convient de mentionner que si, sur la base de preuves textuelles solides2, la 1ère interprétation est la plus communément acceptée, une importante minorité est en faveur de la 2e sur la base du fait qu'elle est la lecture la plus "difficile" et il y a donc plus de chances qu'elle ait été modifiée par inadvertance par un copiste3. Quelle que soit la tradition textuelle qu'on choisisse (et il y a des savants honorables de chaque côté), il est tout à fait possible de lire ce verset comme indiquant que le lavage de pieds se déroule juste après que le repas ait été servi yes, comme indiqué plus haut.

    Donald Arthur Carson
    Don Carson (1946-)

    Plusieurs personnes voient en Jn. 13:27-29 la preuve que la Cène n'a pas pu avoir lieu pendant la Pâque : d'après eux, les disciples n'auraient pas pensé que Jésus ait envoyé Judas faire des emplettes ou des aumônes si c'était le cas, Jésus n'aurait vraisemblablement pas envoyé Judas dehors si tard, et de plus il n'y aurait plus eu de magasins ouverts de toute façon. Mais Carson écarte ces objections :
    "Ces objections sont loin d'être convaincantes. On peut se demander, si on suit ces prémisses, pourquoi Jésus enverrait Judas faire des emplettes pour une fête qui ne sera que dans vingt-quatre heures. Le lendemain lui aurait laissé suffisamment de temps. Il est préférable de le voir comme ayant lieu dans la nuit de la Pâque, le 15 Nisan. Judas a été envoyé (dans l'idée des disciples) acheter ce qui était nécessaire pour la fête, à savoir non pas la fête de la Pâque, mais la fête des Pains azymes (le Hagigah), qui avait commencé cette nuit et durerait sept jours. Le lendemain, toujours le vendredi 15 Nisan, serait un jour de grande fête ; le jour suivant était un sabbat. Il pouvait sembler préférable de faire les achats nécessaires (par ex. plus de pain sans levain) immédiatement. Des achats pendant ce jeudi soir étaient selon toute vraisemblance possibles, bien que peu pratiques. [...] De plus, il était de coutume de donner l'aumône aux pauvres la nuit de la Pâque, les portes du temple étant laissées ouvertes à partir de minuit, ce qui permettait aux mendiants de s'y rassembler [...] Pendant toute autre nuit que celle de la Pâque, il est difficile d'imaginer pourquoi les disciples auraient pu penser que Jésus aurait été envoyer Judas donner quelque chose aux pauvres : le lendemain aurait tout aussi bien fait l'affaire."4

    En Jn. 18:28, les chefs juifs ne veulent pas rentrer dans le prétoire parce qu'ils ne veulent pas se retrouver rituellement impurs et empêchés de participer à la Pâque. Mais cette impureté contractée au contact des Gentils pouvait être effacée en se baignant le soir de ce même jour, ce qui leur aurait permis de participer quand même à la Pâque, qui se tenait le lendemain, et commençait le soir même selon la culture juive. Certains commentateurs croient qu'ils voulaient éviter l'impureté rituelle venant des cadavres : à l'époque rabbinique, on croyait que les Gentils enterraient les fétus avortés - qui sont des cadavres - chez eux, ou qu'ils les jetaient dans leurs caniveaux ; ça leur aurait occasionné une impureté de 7 jours qui les aurait définitivement empêché de participer à la fête.

    Mais le vrai problème avec ce verset est que les synoptiques racontent bel et bien que Jésus a pris un repas de Pâque avec ces disciples la nuit d'avant. Si la Pâque était la nuit d'avant, comment se fait-il que les chefs juifs se faisaient du souci pour leur participation à la Pâque ?
    En fait, la Pâque peut désigner le repas lui-même ou ce même repas et les 7 jours des pains sans levain en plus. Dans cette 2e interprétation, les chefs juifs ne voulaient pas être exclus de la Pâque un seul jour5. L'ironie est bien sûr intentionnelle : du haut de leur légalisme, les Juifs ne veulent pas se contaminer pour pouvoir faire la Pâque, alors qu'ils conspirent pour faire tuer Celui Qui est la Réalité dont la Pâque est l'ombre, et Qui en est l'accomplissement no.

    D'après Jn. 19:14, Jésus fut crucifié pendant "la préparation de la Pâque". S'il s'agit de la veille de la Pâque, Jean serait en train de nous présenter Jésus exécuté au même moment où l'agneau de la Pâque est exécuté. Ça nous fait certes là une très jolie image théologique, mais les mêmes incohérences chronologiques que celles qui ont été énoncées plus haut.
    Mais "la Préparation" peut aussi se référer au Vendredi, autrement dit au jour de la préparation du sabbat. On peut donc lire ce verset comme parlant du "jour de la Préparation de la semaine de la Pâque" yes. Idem pour Jn. 19:31 et 42.

    D'autres problèmes avec une Pâque qui aurait eu lieu un mercredi

    Il n'y a aucune preuve que Jésus ait suivi un calendrier différent de celui des autres Juifs de Son époque. Si c'était le cas, on en aurait eu des indices à d'autres endroits des Évangiles. De plus, on s'attendrait raisonnablement à ce que tous Ses disciples suivent un calendrier identique, pourquoi Jean aurait-il fait exception arf ?

    De plus, les agneaux de la Pâque étaient sacrifiés le jeudi, et pas le mercredi. Si Jésus et Ses disciples avaient célébré la Pâque un mercredi, ils n'auraient pas pu le faire avec un agneau correctement sacrifié, car les prêtres n'auraient sans doute pas accepté de fantaisie dans l'observation de la Pâque no.

    Jésus fut-Il crucifié un vendredi ?

    Puisque nous sommes dans le registre des difficultés chronologiques, autant continuer sur notre lancée. Certains, partant du fait que Mt. 12:40, citant Jon. 1:17, déclare que le Christ serait "trois jours et trois nuits" dans la tombe, prétendent que Jésus fut crucifié un jeudi, voire un mercredi, parce que de vendredi à dimanche, ça ne fait pas 3 jours et 3 nuits. Ils utilisent une explication passablement alambiquée où les auteurs des Évangiles ne seraient apparemment pas fichus de faire la différence entre une fête et un sabbat du 7e jour arf.

    Toutefois, pour les Juifs, une partie d'un jour compte pour un jour entier (on appelle cette figure de style une synecdoque). Ainsi, pour eux, "trois jours et trois nuits" peuvent vouloir dire ce que ça veut dire en français, mais ce n'est là qu'une partie de la portée sémantique de cet idiome dans la pensée juive. L'Encyclopédie juive explique :
    "Dans la vie communautaire juive, une partie d'un jour compte parfois pour un jour entier ; par exemple, le jour des funérailles, même quand ce-dernier a lieu tard dans l'après-midi, compte comme le premier des sept jours de deuil ; un court moment du matin du septième jour compte comme le septième jour ; la circoncision a lieu le huitième jour, même s'il ne restait que quelques minutes de la première journée après la naissance de l'enfant, ceux-ci étant comptés comme un jour."6

    On en a des exemples dans la Bible : dans 1 Sam. 30:12, il est dit que l'esclave égyptien n'avait pas mangé pendant "trois jours et trois nuits", et pourtant au verset suivant, il dit que son maître l'a abandonné "il y a 3 jours" (version Martin, en hébreu : "hayyom shelosha", autrement dit, l'avant-veille, selon la conception juive de la chose). Il y a aussi 1 Ro. 20:29 : "Sept jours durant ils demeurèrent campés vis-à-vis les uns des autres ; mais le septième jour ils en vinrent aux mains ; et les enfants d’Israël frappèrent en un seul jour cent mille hommes de pied des Syriens." Un Occidental aurait dit : "6 jours durant ils demeurèrent campés..." Si on tient compte du fait que pour un Juif, le jour commençait après le coucher du soleil, Jésus est mort un vendredi après-midi et ressuscité un dimanche matin.
    On peut encore mentionner Est. 4:16, où Esther persuade Mardochée d'exhorter les Juifs à jeuner pour obtenir la faveur de Dieu en prévision de la tentative hautement périlleuse d'Esther de se présenter devant le roi sans y être invitée. "Jeûnez pour moi, sans manger ni boire pendant trois jours, ni la nuit ni le jour." Et pourtant, nous lisons en Est. 5:1 : " Le troisième jour, Esther mit ses vêtements royaux et se présenta dans la cour intérieure de la maison du roi, devant la maison du roi."

    Il est donc amplement prouvé que "n jours et n nuits", dans la Bible, ne veulent pas nécessairement dire "n périodes de 24 heures" yes. Comment donc comprendre ce que les Évangiles veulent dire par "3 jours et 3 nuits" ? La règle absolue de l'herméneutique (interprétation de la Bible) étant d'interpréter l'Écriture par l'Écriture, voyons ce que différents passages du Nouveau Testament disent du même évènement :

    Interchangeabilité des termes bibliques (données bibliques sur la Résurrection)
    Terme dans la Bible Temps passé par Jésus Christ dans la tombe
    "Jusqu’au troisième jour" Mt. 27:64 : " Ordonne donc que le sépulcre soit gardé jusqu’au troisième jour, afin que ses disciples ne viennent pas dérober le corps, et dire au peuple: Il est ressuscité des morts. Cette dernière imposture serait pire que la première."
    "En trois jours" Mt. 26:61 : "Celui-ci a dit : Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours."
    Mt. 27:40 : "en disant : Toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même ! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix !"
    Mc. 14:58 : "Nous l’avons entendu dire: Je détruirai ce temple fait de main d’homme, et en trois jours j’en bâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme."
    Mc. 15:29 : "Les passants l’injuriaient, et secouaient la tête, en disant : Hé ! toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours""
    Jn. 2:19-20 :"Jésus leur répondit: Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras !"
    "Le troisième jour" Mt. 16:21 : "Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour."
    Mt. 17:23 : "ils le feront mourir, et le troisième jour il ressuscitera. Ils furent profondément attristés."
    Mt. 20:19 : "et ils le livreront aux païens, pour qu’ils se moquent de lui, le battent de verges, et le crucifient ; et le troisième jour il ressuscitera."
    Lc. 9:22 : "Il ajouta qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup, qu’il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour."
    Lc. 18:33 : "et, après l’avoir battu de verges, on le fera mourir ; et le troisième jour il ressuscitera." Lc. 24:13 : "et qu’il disait : Il faut que le Fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour." Lc. 24:21 : "Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël ; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées." Lc. 24:46 : "Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour," Ac. 10:40 : "Dieu l’a ressuscité le troisième jour, et il a permis qu’il apparût"
    1 Co. 15:4 : "qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures "
    "Trois jours après" Mc. 9:31 : "Car il enseignait ses disciples, et il leur dit : Le Fils de l’homme sera livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et, trois jours après qu’il aura été mis à mort, il ressuscitera."
    Mc. 10:34 : "qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le battront de verges, et le feront mourir ; et, trois jours après, il ressuscitera."
    "Après trois jours" Mt. 27:63 : "et dirent : Seigneur, nous nous souvenons que cet imposteur a dit, quand il vivait encore : Après trois jours je ressusciterai."
    Mc. 8:31 : "Alors il commença à leur apprendre qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup, qu’il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât trois jours après."
    "Trois jours et trois nuits" Jon. 1:7 : "L’Eternel fit venir un grand poisson pour engloutir Jonas, et Jonas fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits."
    Mt. 12:40 : "Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre."

    Remarquez Mt. 27:63-64 : même les ennemis de Jésus ont compris qu'"Après trois jours" signifiait qu'il n'avaient qu'à faire garder la tombe que "jusqu'au troisième jour" wink2. S'il s'était agi de 72 h, ils auraient fait garder la tombe jusqu'au 4e jour. Pour les Juifs, les expressions référencées dans le tableau étaient donc synonymes.

    Ignace d'Antioche le Théophore
    Ignace d'Antioche le Théophore

    Ignace d'Antioche, disciple de Jean l'Évangéliste, corrobore cette conclusion :
    "Il est également revenu le troisième jour, le Père L'ayant ressuscité ; et après avoir passé quarante jours avec les apôtres, Il a été reçu du Père, et S'est «assis à sa droite, en attendant que ses ennemis soient placés sous ses pieds». Le jour de la préparation, donc, à la troisième heure , Il a reçu la sentence de Pilate, le Père permettant que cela se produise ; à la sixième heure, Il a été crucifié ; à la neuvième heure, Il rendit l'esprit ; et avant le coucher du soleil, Il a été enterré. Pendant le sabbat Il est resté sous terre, dans la tombe dans laquelle Joseph d'Arimathie lui avait posé. A l'aube du jour du Seigneur, il est ressuscité des morts, selon ce qu'Il avait dit lui-même ; "Comme Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, de même le Fils de l'homme sera également trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre". Le jour de la préparation comprend donc la Passion ; le sabbat embrasse l'enterrement ; le jour du Seigneur inclut la Résurrection."7

    Bref, Jésus a été enterré vendredi en fin d'après-midi (Lc. 23:54) et est ressuscité un dimanche matin yes. Pour un Juif du Ier siècle, ça correspond bel et bien à 3 jours et 3 nuits puisqu'une partie d'un jour, si brève qu'elle soit, compte pour un jour entier.

    La date de Pâques est-elle d'origine païenne ?

    Alexander Hislop
    Alexander Hislop (1807-1865)

    Vous avez sans doute déjà rencontré des chrétiens qui répondraient par l'affirmative à cette question. Pour eux, ce que nous appelons aujourd'hui Pâques se développa lorsque l'Église Catholique Romaine co-opta des festivals païens célébrés dans différentes régions en l'honneur de fausses divinités. Si on leur demande d'argumenter, ils étayeront leur déclaration par des citations de savants comme Alexander Hislop qui ont établi des liens entre les noms des festivals et des divinités, ainsi que le moment de la célébration, et les symboles utilisés.
    Il semble raisonnable et charitable de prendre ces savants au mot, mais est-il bien sage d'abandonner en masse la célébration d'une fête qui est au centre même de la foi et la communauté chrétiennes no ?

    L'importance primordiale de la crucifixion et la Résurrection de Jésus

    Aucune branche du christianisme digne de ce nom ne nie que les doctrines concernant la crucifixion et la Résurrection du Seigneur Jésus Christ ne soient fondamentales pour la foi chrétienne. Sans le sacrifice volontaire, expiatoire et propitiatoire de Celui-Ci, s'Il n'avait pas payé Lui-Même la dette que nous avions contracté par nos péchés devant le Père, nous n'aurions jamais pu obtenir le pardon de ceux-ci. S'Il n'était pas revenu de la tombe en nouveauté de vie, on n'aurait jamais pu dire qu'Il a vaincu la mort. L'Apôtre Paul le confirme :
    1 Cor.15:1-4, 16-17 : "Je vous rappelle, frères, l’Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain. Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures ; qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures [...] Car si les morts ne ressuscitent point, Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés"

    La mort et la résurrection du Christ sont non seulement des éléments indispensables de la foi chrétienne, mais ils sont en plus un grand sujet de joie qui devraient emplir le cœur de tous ceux qui ont reçu le pardon divin à travers Christ, et donc leur donner envie de fêter ça yes. La fête de l'Ancien Testament la plus intimement liée à la célébration de Pâques est... tadaa !... la Pâque. Ce terme fut utilisé depuis le début du christianisme pour désigner les célébrations et la commémoration en l'honneur de la Résurrection. Il n'y avait aucune controverse sur la légitimité de cette fête, mais il est vrai que les désaccords au sujet de sa date et sa méthode ont existé depuis au moins l'an 120.

    Philip Schaff
    Philip Schaff (1819-1893)

    Philip Schaff et son fils David ont étudié l'origine de la date et des coutumes de la célébration de la Résurrection, c'est un bon endroit pour commencer :
    "La Pâque chrétienne est naturellement née de la Pâque juive comme le jour du Seigneur est né du sabbat ; l'agneau pascal étant considéré comme un type prophétique du Christ, l'Agneau de Dieu immolé pour nos péchés (1 Cor 5:.7, 8), et la délivrance de l'esclavage de l'Egypte comme un type de la rédemption du péché. Il est certainement le festival annuel le plus ancien et le plus important de l'église, et remonte au premier siècle, ou tout au moins jusqu'au milieu de la deuxième, quand il a été universellement observé, bien qu'il y ait eu une différence quant à la journée, et l'étendue du jeûne qui s'y rattache."8

    Les pratiques de l'Église primitive

    Si on regarde aux plus anciens écrits des Pères de l'Église, on s'aperçoit que la Résurrection était fêtée presque universellement par l'Église. Il y avait toutefois des différences dans les dates et les manières de célébrer. La célébration et le jeûne étaient des constantes, mais quand arrêter le jeûne et commencer la célébration était sujet à controverse. 2 alternatives sont ressorties : fallait-il fixer le jour de la fête l'anniversaire de la Résurrection ou le jour de la Pâque juive ?

    En Asie Mineure, un groupe d'églises soutenait que les Apôtres Jean et Philippe avaient désigné le 14 Nisan comme étant la date de la fête. Ce groupe fut connu sous le nom de quartodécimain (ou quartodéciman, ou quatuordécimain, du latin voulant dire "14"), ils estimaient que la célébration devait coïncider avec le jour où les disciples ont mangé le repas de la Pâque dans la chambre haute (Lc. 22:1-38). Ils mettaient fin à leur jeûne à ce moment-là et commençait les réjouissances et la célébration de la Résurrection.

    La date du 14 Nisan a été prescrite parce que c'est la date à laquelle Dieu a institué le repas de la Pâque juive et la fête des Pains Sans Levain après l'exode hors d'Égypte (Ex. 12:12-20 ; Nb. 28:16-25). C'était le 1er mois du calendrier hébreu. Il commençait à la nouvelle lune, le 14e jour de ce mois était donc un jour de pleine lune. Contrairement à notre calendrier grégorien, qui commence au début de l'hiver, ce calendrier commençait au début du printemps et était précédemment appelé Abib, ou mois des épis (Ex. 13:4).

    Irénée de Lyon
    Irénée de Lyon

    Irénée a transmis un récit sur son mentor Polycarpe, évêque de Smyrne et disciple de Jean, où Polycarpe visite Rome et discute de la question avec Anicet, évêque de Rome :
    "Car la controverse concerne non seulement la journée, mais concerne aussi la forme même du jeûne. Car certains se considèrent obligés de jeûner un jour, d'autres deux jours, d'autres encore plus, tandis que d'autres, quarante : et les heures diurnes, et les heures nocturnes, ils les comptent comme un jour. Et cette variété parmi les observateurs n'avait pas son origine dans notre époque, mais bien avant, dans celle de nos prédécesseurs. [...] Et pourtant, ils vivaient tous en paix les uns avec les autres, et nous aussi sommes en paix les uns avec les autres. [...] Car Anicet ne pouvait persuader Polycarpe de renoncer à sa façon de l'observer, dans la mesure où ces choses ont toujours été observées par Jean, le disciple de notre Seigneur, et par d'autres apôtres avec lesquels il avait été en contact ; et Polycarpe non plus ne pouvait réussir à persuader Anicet de l'observer à sa façon, car il a soutenu qu'il était tenu de se conformer à l'usage des prêtres qui l'ont précédé. Et dans cet état de choses, ils ont gardé leur communion les uns avec les autres."9

    Polycarpe a compris, selon l'enseignement de son mentor Jean, que la fête devait se tenir à la date du 14 Nisan, tandis que la tradition de l'Église Occidentale était de la célébrer le dimanche après la Pâque. Il est intéressant de noter que leurs divergences d'opinion ne les a pas poussés à briser leur communion, au contraire, ils se sont honorés et à continuer avec leurs pratiques respectives dans leurs régions respectives. Une belle leçon de communion fraternelle yes dont nous autres chrétiens modernes ferions bien de prendre de la graine...
    D'autres Pères de l'Église étaient d'accord avec Polycarpe là-dessus, dont Eusèbe, Justin Martyr, Irénée et Tertullien. À coup sûr, dès l'épiscopat de Sixte de Rome (env. 114-128), il y avait des divergences sur la date de célébration9.

    La tradition de l'Église Occidentale, dès 150 selon le récit cité plus haut, était de mettre fin au jeûne le dimanche d'après la Pâque juive puisque c'était le jour où Christ a ressuscité. C'était l'opinion prépondérante dans l'Église à ce moment-là, une opinion étayée par le fait que la fête était tenue pour observer la Résurrection. Le Christ ayant ressuscité un dimanche (Lc. 24:1), le jeûne était mis à terme et la fête célébrée un dimanche. Les divergences d'opinion sur la date de la fête se tenaient en gros entre un petit groupe à l'Est et la majorité à l'Ouest. Ce ne fut toutefois pas considéré comme un problème d'orthodoxie, jusqu'à ce que Victor Ier menace les quartodécimains d'excommunication vers 195 (et retire sa menace selon le conseil de plusieurs synodes).

    Le concile de Nicée

    Flavius Valerius Aurelius Constantinus
    Constantin Ier le Grand (272-337)

    Aaaah, le concile de Nicée... L'"argument-massue" des christophobes et autres apostats à la Dan Brown (l'auteur du "Code Da Vinci") pour casser du chrétien biblique. Pour eux, le christianisme primitif aurait été complètement dénaturé par l'empereur romain Constantin au concile de Nicée (et personne n'a rien dit...) Quoique ce n'est pas l'endroit pour réfuter toutes les âneries qu'on a pu élaborer à ce sujet, il n'en reste pas moins que les adeptes de l'idée que c'est pour s'accommoder avec des rites païens que Constantin a choisi la date de Pâques doivent la concilier avec le récit d'Irénée ci-dessus.
    Il est toutefois vrai que la question fut réglée par l'Église entière au moment de ce concile. Même avant ce concile, les églises désiraient unir le corps entier de Christ autour de ce jour si important qu'est la Résurrection du Seigneur de Gloire, et la date établie n'avait rien à voir avec une quelconque conformité à des fêtes païennes.

    Bien qu'aucune minute de ce débat ne soit arrivée jusqu'à nous, il existe encore des copies de lettres envoyées aux évêques absents : apparemment, un des principaux points de dispute était un vilain tour causé par la difficulté qu'il y a de passer d'un calendrier solaire comme le calendrier juif à un calendrier solaire comme le calendrier romain : la période de la célébration de la fête avait reculé jusqu'à une date antérieure à l'équinoxe de printemps... Des ajustements ont bien sûr été faits pour que les mois de printemps du calendrier juif (commençant par Nisan) ne se situent plus avant l'équinoxe de printemps. D'autre part, pour s'assurer que la date ne continue pas à reculer dans le temps et qu'on ne se retrouve pas à fêter Pâques au beau milieu de l'hiver, il fut décidé de fixer une date postérieure à l'équinoxe, en l'occurrence le 1er dimanche après la pleine lune après l'équinoxe de printemps. Tout le monde fut d'accord et même la minorité orientale qui fêtait Pâques le 14 Nisan adopta cette date en remplacement.

    Une lettre fut notamment distribuée aux synodes de l'Église d'Alexandrie affirmant :
    "Nous proclamons aussi pour vous les bonnes nouvelles de l'accord concernant la sainte Pâque, que cela en particulier a aussi été réglé à juste titre par vos prières ; de sorte que tous nos frères d'Orient qui ont autrefois suivi la coutume des Juifs célèbreront désormais cette fête très sacrée de Pâques en même temps que les Romains et vous-mêmes et tous ceux qui ont observé Pâques depuis le début"10

    Nous voyons donc ici que cette date n'a pas été décidée pour être en conformité avec des fêtes païennes, mais avec la date juive de la Pâque, sans pour autant qu'elle y soit directement attachée. Le mois de Nisan étant un mois de printemps, il devait nécessairement tomber après l'équinoxe de printemps. Sachant que le cycle de la lune est de 28 jours, et que les mois du calendrier juifs commencent par la nouvelle lune, le quatorzième jour du mois de Nisan devait être une pleine lune. Le dimanche suivant la pleine lune après l'équinoxe de printemps était donc une bonne approximation de l'anniversaire de la naissance du Christ, qui est le point culminant de cette célébration. C'est pour ça que la date de Pâques est mouvante et qu'elle tombe toujours entre le 22 mars et le 25 avril de notre calendrier grégorien.

    Mais tant qu'à faire, pourquoi nous priver d'aller plus loin dans notre démonstration ? Constantin a donné une raison à son désir de fixer une date tombant le dimanche et qui soit commune à tous les chrétiens. Et qu'importe à quel point cette raison soit soit discutable, il est clair que c'était pour créer l'unité et pour distinguer les pratiques chrétiennes des pratiques juives :
    "Lorsque la question relative à la fête sacrée de Pâques a surgi, on a universellement pensé qu'il serait commode que tous observent cette fête un même jour ; car qu'est-ce qui pourrait être plus beau et plus désirable que de voir ce festival, à travers laquelle nous recevons l'espoir de l'immortalité, célébré par tous d'un même accord, et de la même manière ? Il a été déclaré que ce serait particulièrement indigne que cela, le plus saint de tous les festivals, suive la coutume des Juifs, qui ont souillé leurs mains du plus terrible des crimes, et dont les esprits ont été aveuglés. [...] Nous ne devons pas, par conséquent, avoir quoi que ce soit en commun avec les Juifs, car le Sauveur nous a montré un autre chemin. [...] Comme, d'une part, il est de notre devoir de ne pas avoir quoi que ce soit en commun avec les meurtriers de notre Seigneur."11

    Petite précision sans doute nécessaire : je ne suis pas antisémite, que ça soit bien clair mad ! Et je ne suis pas adepte de la théorie foireuse comme quoi les Juifs seraient seuls responsables de la mort du Christ mad ! Et les Juifs et les Gentils sont responsables de Sa mort (Mt. 20:17-19 ; Ac. 2:14-39). À la limite, c'est de la faute à tous les humains si le Christ est mort à la croix du Calvaire, puisque tous les humains sont pécheur (Rom. 3:23). Mel Gibson a bien cerné ce fait dans son film, "La Passion du Christ" où il joue lui-même le légionnaire romain qui cloue Jésus à la croix. Il est déplorable et stupide que certains aient prétexté que les Juifs seraient les 1ers responsables de la mort du Fils de Dieu pour les persécuter beurk : ce sont bien par des clous romains que le Christ a été cloué sur une croix elle aussi romaine, mais je n'ai jamais vu personne persécuter les Italiens sous ce prétexte no...
    Notre but en tant que chrétiens est de partager l'identité du Messie avec tous les peuples, les Juifs inclus, pour qu'ils puissent mettre leur foi en Lui et obtenir le pardon qu'Il nous a obtenus à tous à la croix.

    Même après l'effort d'unification du concile de Nicée, la date de Pâques a varié. Il y a eu des débats sur le cycle astronomique à utiliser et la date de l'équinoxe : les Romains s'en tenaient au 21 mars, comme nous aujourd'hui, et les Alexandriens au 18 mars. De plus, certaines églises n'ont pas voulu fêter la Résurrection le dimanche après la pleine lune. Bien qu'il y ait encore eu des débats mineurs, les dates de Pâques de l'Église Romaine furent inscrites dans des tables suivies par la majorité des Églises.

    Une autre incohérence émergea lorsque le cycle luni-solaire de 84 ans utilisé pour le calcul de la date fut changé par un cycle de 19 ans et le calendrier julien remplacé par le calendrier grégorien en 1582. L'Église Orientale a continué à utiliser le calendrier julien, ce qui est encore le cas aujourd'hui. C'est pour ça que la date occidentale diffère souvent de la date orientale.
    Et si vous vous posez la question, la ligne qui distingue les églises orientales (byzantines) et occidentales (romaines) est assez floue aujourd'hui, mais historiquement, la distinction s'est faite par la division de l'empire romain en 2. Aujourd'hui, les églises orthodoxes, coptes, assyriennes, coptes,... peuvent être considérées comme des églises orientales.

    Les symboles et traditions de Pâques sont-ils tous d'origine païenne ?

    Si Pâques est censée être la célébration de la Résurrection du Seigneur Jésus Christ, comment se fait-il que tous ces trucs annexes aient été rajoutés au jeûne et à la fête que tenait l'Église primitive ? Les réponses sont complexes et impliquent bien entendu des influences régionales. Je n'ai pas l'intention, dans cette partie, de m'attarder sur chaque tradition, mais sur certains des symboles les plus populaires pour les examiner d'un point de vue biblique. Au final, chaque personne doit considérer ces pratiques à la lumière des Écritures et de ses propres convictions au sujet de l'adoration du Sauveur et de la célébration de Sa Résurrection.

    Si je demandais au Français lambda quels sont les symboles, coutumes et traditions associés à Pâques, il me citerait le repas de famille, les cloches, et les œufs de Pâques (en chocolat). Certaines personnes un peu mieux informées mentionneraient aussi les croix, les rameaux, les chandelles, mais dans la culture traditionnelle catholique française, ce qui ressort le plus sont encore les cloches magiques qui s'en vont à Rome en pondant des œufs au passage.

    Il est clair, en tout cas, que la majorité de ces pratiques trouvent leurs origines dans des coutumes païennes. Elles ont été assimilées dans les pratiques chrétiennes au cours des 1ers siècles de l'Église. Alexander Hislop et Ralph Woodrow12 ont chroniqué l'insertion de ces pratiques dans la vie de l'Église, notamment celles qui apparaissent dans les rituels modernes de l'Église Catholique Romaine et d'autres églises aux liturgies similaires (il convient de faire remarquer que Woodrow s'est rétracté de plusieurs arguments qu'il soutenait sur la base de l'œuvre de Hislop). Bien qu'il y ait plusieurs problèmes dans les raisonnements de ces 2-là, plusieurs de leurs arguments sur les symboles attachés à la célébration catholique de Pâques sont confirmés par l'Encyclopédie Catholique elle-même (à l'article sur Pâques) :
    "L'[usage des œufs de Pâques] pourrait avoir ses origines dans le paganisme, car de très nombreuses coutumes païennes, célébrant le retour du printemps, gravitaient autour de Pâques. L'œuf était l'emblême de l'éclosion de la vie au début du printemps."13

    Il semblerait qu'à mesure que l'Église se soit étendue en Asie, en Afrique et en Europe, certaines coutumes et fêtes païennes en rapport avec les saisons aient été co-optées et incorporées dans les pratiques chrétiennes. Comme il n'est pas facile d'identifier la date exacte de l'origine de l'Église Catholique Romaine, il pourrait être exagéré de dire que ces pratiques sont attachées à cette église en particulier. La Réforme causa la dissociation de certaines de ces pratiques de la fête de Pâques, mais plusieurs d'entre elles subsistent dans différentes cultures. Nous allons examiner quelques-unes des plus connues de ces pratiques en France.

    Le Carême

    C'est la période de jeûne de 40 jours qui précède Pâques. D'après Hislop, cette tradition vient du jeûne qui suivait le culte babylonien de Thamuz, qui était honoré par une période de lamentations13. Il cite l'historien ecclésiastique Socrate de Constantinople, qui suggérait que les coutumes étaient toutes régionales, sans origine apostolique, ainsi que Cassien, qui écrivait au Ve siècle, et qui déclarait que le Carême n'était pas pratiqué dans l'Église primitive. Il en a ainsi conclu que l'origine en est babylonienne et a donné des exemples modernes, mais sans établir un lien temporel avec la pratique dans la communauté chrétienne. Il n'a pas démontré l'origine de la coutume, juste une coïncidence des coutumes.
    D'ailleurs, des preuves historiques contredisent l'idée de Hislop selon laquelle le Carême n'aurait été introduit qu'au Ve siècle. Nous avons vu plus haut le récit qu'a fait Irénée de la visite de Polycarpe à Anicet, évêque de Rome, concernant la question de la date de Pâques, vers 150. Nous y avons vu que la durée du jeûne précédant Pâques variait largement, de quelques jours, apparemment en référence à la période entre la Crucifixion et la Résurrection du Christ, à 40, apparemment en référence au jeûne et à la tentation dans le désert après Son baptême (Lc. 4:1-13). Bien qu'on y ait ajouté plein de choses extra-bibliques depuis, il n'y a rien d'anti-biblique en soi de se réserver une période de dévotion, éventuellement accompagné d'un jeûne volontaire, pour honorer le Christ. Le danger est quand on y rajoute des exigences légalistes sans aucun lien avec la Bible, comme un jeûne imposé.

    Les cloches pondeuses

    La tradition des cloches pondeuses n'a pas une origine païenne. En fait, les cloches des églises sont silencieuses en signe de deuil pendant le triduum pascal. Cela a donné naissance à une tradition comme quoi les cloches s'envolent vers Rome à ce moment-là et n'en reviennent qu'à Pâques pour y apporter des œufs colorés et des œufs et des lapins en chocolat.

    Les œufs, par contre, sont un symbole prééminent des cultes païens de la fertilité dans le monde entier. Colorer les œufs en question fait aussi partie de beaucoup de ces rituels. De nombreux chrétiens de par le monde ont inclus la chasse aux œufs en chocolat dans leur célébration de Pâques, sans pour autant que la Bible ne le commande en quoi que ce soit. Les œufs étaient un symbole de la renaissance de la terre à chaque printemps dans le paganisme, les chrétiens en ont fait un symbole de la Résurrection : de l'œuf mort en apparence, une nouvelle vie en sort sous la forme d'un poussin. Du coup, une question intéressante et cruciale se pose : si un objet ou une action est utilisé dans un culte païen, peut-on l'utiliser pour adorer Dieu ?

    Le lapin et le lièvre ont aussi été un symbole de fertilité dans beaucoup de cultures à travers l'histoire (vous connaissez l'expression : "b... comme des lapins"). Dans les célébrations occidentales, le lapin (ou le lièvre) symbolise la Résurrection du Sauveur du monde. On ne sait pas comment ce lien s'est établi, mais ses origines sont clairement extra-bibliques.

    En ce qui concerne les œufs de Pâques, le problème réside dans la promesse d'offrir aux enfants qui ont été sages. Au lieu de se réveiller avec la perspective de fêter la victoire de Christ sur la mort et l'assurance du salut que nous avons en Lui (1 Co. 15:13-17), ils se réveillent avec la perspective de trouver égoïstement des friandises (et souvent dans un esprit de compétition cherchant à trouver plus d'œufs que l'autre). Je vous engage à réfléchir sur la question de savoir si c'est une sage pratique pour votre famille (et de ne pas être trop prompts à juger ceux qui choisissent de s'y adonner autour de vous - Rom. 14). Chaque chrétien devrait se demander si ce genre d'activité glorifie le Christ en tant que Seigneur et Sauveur, et de faire de ce but leur critère de décision par rapport à la participation à la chasse aux œufs.

    Un chrétien peut-il fêter la Résurrection avec des symboles païens ?

    Comme la Bible ne répond pas directement à cette question, nous devons appliquer des principes pris à la grande fresque des Saintes Écritures. Pour examiner cette question, nous devons mettre de côté nos idées reçues sur le soi-disant avec des cultes païens et examiner les idées individuellement, ainsi que les motifs de ceux qui prennent part aux pratiques "discutables".

    Dieu a tout créé, et tout ce qu'il a créé était très bon au départ (Gen. 1:1, 31), toute utilisation d'un objet de la nature des païens dans leur culte est donc un dévoiement de ce que Dieu a créé. Les chrétiens peuvent très bien utiliser un œuf pour communiquer l'idée de la Résurrection du Christ sans pour autant adorer l'œuf, attendre de lui une fertilité (agraire ou sexuelle) accrue, ni l'associer avec un dieu païen. En fait, nous pouvons saisir l'opportunité pour expliquer comment Satan a perverti la vérité de Dieu et de Sa Création pour égarer les gens à travers ce genre de pratiques.

    Beaucoup de gens utilisent De. 12:1-32 pour suggérer qu'il ne faut pas intégrer de pratiques culturelles dans le culte de Dieu. D'accord, dans certains cas, les rituels des cultes païens du printemps ont été purement et simplement adoptés tels quels par les chrétiens. Toutefois, les chrétiens modernes qui utilisent des œufs dans leur célébration ne le font pas en l'honneur d'Ishtar, déesse de la fertilité, ni même avec l'impression qu'ils adorent la Divinité qui serait dans l'œuf.

    Le passage du Deutéronome en question doit être pris dans son contexte. Les commandements de ce passage concernent la conquête de Canaan. En De. 12:1-4, Dieu commande aussi aux Israélites de détruire toutes les idoles et tous les autels qu'ils rencontrent. Ce commandement est réitéré en De. 12:29-32. Il n'y a aucun commandement de la sorte dans le Nouveau Testament, et les chrétiens n'ont rien fait de tel au fur et à mesure de l'expansion primitive du christianisme. Paul n'a pas renversé les statues de dieux païens quand il était à Athènes. Il s'en est au contraire servi pour accrocher son auditoire et lui enseigner le vrai Dieu qui a créé l'Univers et s'est relevé d'entre les morts.

    D'une manière générale, les chrétiens ont utilisé les symboles "païens" pour symboliser la nouvelle vie que nous avons en Christ. L'herbe, les feuilles et les fleurs en sont une splendide analogie. Nous devrions aussi toujours garder à l'esprit le rôle actif de Dieu dans la sustentation du monde dans lequel nous vivons. Germinal est l'occasion pour nous de nous rappeler que c'est Dieu Qui "couvre les cieux de nuages", Qui "prépare la pluie pour la terre"  et Qui "fait germer l’herbe sur les montagnes." (Ps. 147:8), tout comme Il amène à une nouvelle naissance ceux qui se tournent vers le Seigneur Jésus par la repentance et la foi (1 Pi. 1:3-5). Nous devrions réaliser cette merveilleuse vérité tous les jours, pas seulement à Pâques, et louer Dieu pour Sa bonté, Sa puissance et Sa miséricorde.

    Conclusion

    Le Vendredi saint, nous célébrons le sacrifice de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, qui a payé la dette de nos péchés. Les disputes au sujet de la chronologie ne devraient pas nous en empêcher ni nous en détourner. Il est certes tentant de ne pas vouloir s'engager dans ce genre de débat du tout, car "Qu'est-ce que ça peut bien faire, le moment où ça s'est passé ? L'essentiel est que ça se soit passé." Mais quand quelqu'un attaque la crédibilité du récit historique de la Bible, c'est un général un prétexte pour dire que nous ne pouvons nous fier à rien de ce qu'elle dit, et cela mérite une réponse (1 Pi. 3:15 ; 2 Co. 10:5).
    En l'occurrence, quand nous étudions des parties difficiles de la Bible, il ne faut pas le faire comme si on lisait le Nouvel Obs. Il faut non seulement laisser l'Écriture interpréter l'Écriture, mais en plus la prendre selon la compréhension qu'on en aurait eu à l'époque de la rédaction. Nos préjugés sur "ce que ça devrait être" doivent être écartés de l'équation.

    Dieu a donné les astres pour signes et saisons pour marquer les fêtes (Gen. 1:14-19). Les 1ers chrétiens voulaient honorer le glorieux Christ Sauveur ressuscité en célébrant Sa Résurrection par des jeûnes et des célébrations. Bien que l'Écriture ne le leur ait pas commandé spécifiquement, plusieurs traditions sont apparues pour Le célébrer. Ils ne se sont jamais posés la question de savoir s'il fallait tenir cette fête, le débat se tenait uniquement au sujet de la date et la manière de la célébrer. Ils désiraient une unité à ce sujet mais les Pères de l'Église y accordaient une libertée bien réelle.
    La date à laquelle nous célébrons actuellement Pâques est une raisonnable approximation de l'anniversaire de la Résurrection du Christ, sans le moindre lien avec des fêtes païennes.

    Et en réfléchissant à la meilleure manière de la fêter, prenez le temps de réfléchir à la meilleure manière de donner gloire et honneur au Christ ce faisant. Les chrétiens devraient prendre garde à se séparer de l'influence du monde et à vivre comme des gens appelés hors du monde par Dieu. Certains diront que la Bible ne commande pas de fêter Pâques, et qu'il faudrait donc éviter de la fêter (encore que s'il fallait suivre la même logique, il faut aussi éviter de se faire une carte bleue...). D'autres diront qu'il n'y a aucun commandement qui ne l'interdise ni aucune honte à participer à des activités culturelles non-pécheresses (1 Co. 8 ; Rom. 14). D'autres encore soutiendront que nous devons garder les fêtes qui furent données aux Israélites et seulement celles-là, et que toute addition serait une forme de culte pervertie.

    Quelle que soit votre position à ce sujet, et nonobstant sa pertinence, n'oubliez pas que ces frères et sœurs en Christ qui n'ont pas la même opinion que vous ont aussi été rachetés par Son sang et ont Son Esprit en eux. Quand vous partagez votre connaissance des Écritures, faites-le avec amour, en gardant à l'esprit que c'est le rôle du Saint Esprit de convaincre de péché. Si vos propres convictions vous poussent à proscrire certaines coutumes courantes, allez-y à fond, et ne faites pas violence à votre conscience en la matière.

    Quoi qu'il en soit, en cette période de fête sacrée, mais aussi tout le reste de l'année, n'oublions pas que le point central de Pâques est Jésus Christ et Son œuvre expiatoire et propitiatoire accomplie attestée par Sa Résurrection, gardons à l'esprit qu'Il est le chef et le consommateur de notre foi. Aspirons à l'unité dans les limites de la liberté que nous accorde la parole de Dieu comme le firent les 1ers chrétiens.

    Éphésiens 4:1-6 : "Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous."

    Romains 14:1-13 : "Faites accueil à celui qui est faible dans la foi, et ne discutez pas sur les opinions. Tel croit pouvoir manger de tout : tel autre, qui est faible, ne mange que des légumes. Que celui qui mange ne méprise point celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge point celui qui mange, car Dieu l’a accueilli. Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d’autrui ? S’il se tient debout, ou s’il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir. Tel fait une distinction entre les jours ; tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son esprit une pleine conviction. Celui qui distingue entre les jours agit ainsi pour le Seigneur. Celui qui mange, c’est pour le Seigneur qu’il mange, car il rend grâces à Dieu ; celui qui ne mange pas, c’est pour le Seigneur qu’il ne mange pas, et il rend grâces à Dieu. En effet, nul de nous ne vit pour lui-même, et nul ne meurt pour lui-même. Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur. Car Christ est mort et il a vécu, afin de dominer sur les morts et sur les vivants. Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? ou toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? puisque nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu. Car il est écrit : Je suis vivant, dit le Seigneur, Tout genou fléchira devant moi, Et toute langue donnera gloire à Dieu. Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même. Ne nous jugeons donc plus les uns les autres ; mais pensez plutôt à ne rien faire qui soit pour votre frère une pierre d’achoppement ou une occasion de chute."

    1. Carson, D.A., "The Gospel According to John", p. 460. Revenir au texte.
    2. Le Codex Sinaiticus, le Codex Vaticanus et d'autres. Cf. See Metzger, B., et UBS, "A Textual Commentary on the Greek New Testament", p. 203. Revenir au texte.
    3. Cf. aussi Carson, D.A., "The Gospel According to John", p. 469. Revenir au texte.
    4. Carson, D.A., "The Gospel According to John", p. 589-590. Revenir au texte.
    5. Köstenberger, A. J., "John", p. 537. Revenir au texte.
    6. Telle que citée par James Patrick Holding ici :http://www.tektonics.org/af/bucknerj01.html. Revenir au texte.
    7. "Épître d'Ignace aux Tralliens", Chapitre 9 : Référence à l'histoire du Christ. Version longue. Revenir au texte.
    8. Schaff, P., et Schaff, D. S., "History of the Christian Church", 1997. Revenir au texte.
    9. Irénée de Lyon, lettre à Victor, évêque de Rome. Revenir au texte.
    10. “La lettre synodale”, in "Nicene and Post-Nicene Fathers", vol. 4, p. 53–54, 1994. Revenir au texte.
    11. “De l'observation de Pâques”, in "Nicene and Post-Nicene Fathers", vol. 4, p. 54, 1994. Revenir au texte.
    12. Hislop, A., "Les Deux Babylones", 1959 ; Woodrow, R., "Babylon Mystery Religion: Ancient and Modern", 1966). Revenir au texte.
    13. Hislop, A., "Les Deux Babylones", p. 104-107, 1959. Revenir au texte.

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  • La chronologie de la Résurrection


    Oui, je sais, j'abuse des images de tombeaux juifs ouverts, mais que voulez-vous ? La réalité du tombeau vide est si merveilleuse !

    Peut-être avez-vous du mal à concilier les différents récits que les 4 Évangiles nous offrent de la Résurrection de Jésus Christ (cet évènement que nous fêtons aujourd'hui même). Cela peut vous sembler d'autant plus frustrant que les incroyants ne manquent jamais de ridiculiser les chrétiens à ce sujet no.
    Ne vous en faites pas, je suis là pour ça, et je vous livre ici une chronologie de ces évènements parfaitement cohérente, qui prouve pour le moins que les christophobes n'ont pas à crier à la prétendue contradiction parce qu'ils n'arrivent pas, eux non plus, à établir une chronologie des faits cohérente, puisqu'il est possible d'harmoniser les 4 récits. Mais trève de prolégomènes.

    Le dimanche de la Résurrection

    Les 4 Évangiles mentionnent tous que les femmes, chargés d'aromates pour l'embaumement, sont les 1ères à être arrivées et à avoir trouvé la tombe vide.
    Marie Madeleine a dû se séparer des autres femmes pour courir prévenir Pierre et Jean que la tombe était vide. Apparemment, les autres disciples n'étaient pas avec eux ce jour-là et ce sont les autres femmes qui les ont prévenu par la suite.
    L'autre Marie, Salomé, Jeanne et au moins 2 autres femmes arrivèrent au tombeau, virent la pierre roulée et un ange à droite. Elles réalisèrent soudain qu'il y avait 2 anges (comme le mentionne Luc). Matthieu et Marc n'en mentionnent qu'un (Mt. 28:5-7, Mc. 16:5-7), ils se concentrent sur celui qui parle aux femmes (là encore, c'est une de ces fausses contradictions qui excitent les christophobes comme des puces smile). Il leur dit d'aller annoncer aux disciples et à Pierre (il a dû se séparer des autres après son reniement) que Jésus est ressuscité.
    Après qu'elles fussent parties et que Marie Madeleine ait prévenu Pierre et Jean, elle resta à pleurer cry (d'où l'expression "pleurer comme une madeleine" wink2). De leur côté, Pierre et Jean sont arrivés (les femmes les ont raté) et ont vu la tombe vide.
    C'est là que Marie Madeleine voit des anges, puis le Seigneur Lui-même, et sur Son ordre, elle va prévenir les autres disciples qu'Il est vivant (Jn. 20:17-18). Elle fut la 1ère à qui Il est apparu mais les disciples ne l'ont pas cru. Il est vrai que Jésus avait chassé 7 démons d'elle (Lc. 8:2), elle devait donc avoir une réputation de toquée avant ça clown, et les disciples ont dû se dire qu'elle faisait une rechute no.

    Jésus est ensuite apparu aux femmes qui couraient vers la ville, pour affirmer la commission qu'Il leur donnait d'aller avertir leurs frères qu'ils Le retrouveraient en Galilée. Peut-être est-ce parce qu'elles avaient la frousse d'en parler à quiconque (Mc. 16:8) aww qu'Il leur est apparu. En tout cas, la peur des femmes était justifiée puisqu'on ne les a pas cru mais on a cru qu'elles déliraient (Lc. 24:9-11). Il faut dire qu'à l'époque, le témoignage d'une femme valait que pouic no...

    Apparemment, il est apparu une 1ère fois à Simon Pierre après ça (Lc. 24:34, 1 Cor. 15:5).

    Il est ensuite apparu à Clopas et son ami, sur la route d'Emmaüs (Lc. 24:13-35).

    Il est ensuite apparu aux disciples dans la chambre haute verrouillée (Lc. 24:36-43, Jn. 20:19-25). Thomas n'était pas là à ce moment.

    8 jours après

    Jésus est de nouveau apparu aux disciples, au complet cette fois, dans la chambre haute verrouillée, pour remonter les bretelles à Thomas l'incrédule (Jn. 20:26-29).

    Les semaines d'après

    Jésus est apparu à 7 disciples, dont Pierre et Jean, sur les bords du lac de Tibériade (Jn. 21). Ils s'étaient laissé aller et étaient plus ou moins revenu aux manières de faire du monde. C'est là qu'Il fait déclarer par 3 fois à Pierre qu'il L'aime, et qu'Il lui annonce son futur martyr. Jn. 21:14 mentionne clairement que c'est la 3e fois qu'il apparaît à Ses disciples.

    Plus tard, les disciples sont allés en Galilée, selon le commandement que les femmes leur ont transmis. C'est là que Jésus leur apparut de nouveau (Mt. 28:16-17). C'est sans doute à ce moment que Jésus est apparu à des centaines de disciples à la fois (1 Cor. 15:6) : le mot avait été passé dans le cercle plus large des autres disciples que Jésus allait y apparaître. Ceux qui doutaient encore (d'après Mt. 28:17) oh devaient sans doute être des disciples qui n'avaient pas encore vu Jésus ressuscité puisque les Apôtres L'avaient vu par 3 fois déjà.

    Jésus est ensuite apparu à son demi-frère Jacques (1 Cor. 15:7). Ça devait sans doute être en Galilée puisque c'est là qu'ils ont grandi et que c'est là qu'on retrouve Jacques dans les Évangiles (Mt. 12:46-50, cf. Mt. 13:55). Quoi qu'il en soit, c'a dû être un tournant pour Jacques, car il était incroyant avant (Jn. 7:5), mais après cette rencontre Il a sûrement été convaincu que son demi-frère était Dieu yes.

    Jésus est apparu aux disciples une dernière fois, le 40e jour après Sa résurrection, juste avant de monter au ciel (Ac. 1:3-11, cf. Mt. 28:18-20, Lc. 24:44-53). Jésus a amené Ses disciples jusqu'à Béthanie, sur le versant est du mont des Oliviers, près de Jérusalem, et c'est là qu'Il leur donna Ses dernières instructions avant de monter au ciel.

    Enfin, Il est apparu à Saul de Tarse, alors que celui-ci était en chemin vers Damas pour y casser du chrétien (Ac. 9:1-9, 1 Cor. 15:7).


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